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Des ONG s’inquiètent de l’arrivée de la liberté d’expression sur Twitter

par Adélaïde Motte

Depuis le rachat de Twitter par Elon Musk, une partie des utilisateurs érige des autels à la gloire du milliardaire et l’autre s’inquiète de la désinformation qui suivrait inévitablement la libéralisation de la parole sur ce réseau. Une coalition menée par Media Matters for America, Accountable Tech et UltraViolet, organisations qui luttent notamment contre le sexisme et la désinformation, appelle les annonceurs publicitaires à fuir la plateforme si les contenus publiés n’y sont plus suffisamment modérés. Cette coalition compte actuellement vingt-six organisations.

Selon elles, les marques risquent d’être associées à une plateforme “qui amplifie la haine, l’extrémisme, la désinformation sur la santé et les théories du complot.” Une position finalement très logique : déjà, des militants qui se nomment eux-mêmes “Sleeping Giants” interpellent les marques dont ils aperçoivent les publicités sur Valeurs Actuelles, CNews ou d’autres médias qui, pour n’être pas assez à gauche, sont considérés comme véhiculant la haine. Ces mêmes militants commencent également à repérer les marques dont les publicités apparaissent sur des chaînes comme BFM TV pendant l’interview de personnalités qu’ils considèrent d’extrême-droite.

“Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux”, fait-on dire à Benjamin Franklin. La liberté d’expression, comme toutes les autres libertés, demande d’accepter les errements de quelques-uns pour permettre l’enrichissement, en l’occurrence intellectuel, du plus grand nombre. C’est vrai, une faible modération des contenus permet à des informations fausses ou peu philanthropiques de circuler. Cependant, la modération de Twitter n’a pas empêché les menaces de mort destinées à Mila, la jeune fille sous protection policière pour avoir insulté Allah et Mahomet. Une politique de censure basée sur les idées floues que sont la haine et l’extrémisme risque fortement de déboucher sur une censure idéologique, qui muselle ceux qui n’ont pas les bonnes idées pour laisser parler les autres, indépendamment de la haine véhiculée par leur propos. La liberté d’expression donne à chacun l’accès à l’information la plus variée et le laisse responsable de ce qu’il croit ou non. C’est ce à quoi devrait tendre tout canal d’information digne de ce nom.

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1 commenter

Obeguyx 5 mai 2022 - 10:00

Que les ONG s’inquiètent, ça ne m’étonne pas. Personnellement, je ne suis pas inquiet. Encore un excellent article, Adélaïde, merci.

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