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L’âge de la retraite : qu’importe ?

Article extrait du Journal des libertés n°17 (été 2022)

par Jacques Garello
J’observe avec désespoir que l’âge de la retraite, déjà au cœur de la campagne des présidentielles, s’annonce aujourd’hui comme le champ de bataille entre la majorité présidentielle et ses opposants.

En effet une réforme des retraites (que le Président entendait « boucler à l’été 2023 ») ne saurait consister à avancer ou retarder l’âge de la retraite. Il y a à cela deux raisons : l’une, bien évoquée dans l’article de Nicolas Marques, c’est que discuter de l’âge de la retraite c’est s’enfermer stupidement dans le système de répartition, en voie d’explosion quoi qu’on fasse, l’autre c’est qu’on néglige la voie du salut, choisie depuis longtemps par la plupart des pays de l’OCDE : amorcer le plus vite possible la transition de la répartition à la capitalisation.

L’individu ou l’État ?

Il nous paraît normal que la gestion des retraites soit en France, pour l’essentiel, confiée à une administration appelée Sécurité Sociale. Mais la gestion des retraites est-elle par nature un service public ?

Je vais faire un court rappel historique.  Il faut se rappeler que c’est le gouvernement de Vichy qui en mars 1941 a créé le système de la retraite des vieux travailleurs. Le ministre René Belin, ancien dirigeant de la CGT, va réaliser ce que le Front Populaire n’avait pu faire : substituer les assurances « sociales » aux assurances privées auxquelles on reprochait d’avoir ruiné les assurés (en fait c’est l’inflation galopante qui a détruit toutes les positions créditrices entre 1932 et 1940)[1].

Tout le monde oublie ce détail historique, on croit, comme Xavier Bertrand l’a dit, que « la répartition est un acquis social chèrement obtenu par les luttes syndicales », et on se réfère au Conseil National de la Résistance, alors que cet organisme dominé par les communistes n’a fait que rependre le système créé par Vichy.

Ce rappel historique est nécessaire pour comprendre que la gestion de la retraite n’est entrée dans le droit public français que par hasard, et ne correspond à aucune nécessité économique, financière, sociale. Je soutiens au contraire que la gestion des retraites par une administration publique qui, de plus, s’enferme dans le système par répartition, est la plus inefficace et la plus injuste qui soit.

C’est ce qu’ont compris nombre de pays étrangers dont les uns ignorent purement et simplement la répartition et dont les autres sont passés progressivement à la capitalisation. Le sens du progrès ne fait pas de doute : Il faut réduire au minimum la part de la répartition dans l’ensemble du système (ce qu’on appelle en général le « premier pilier ») pour renforcer un deuxième pilier, celui des retraites collectives par capitalisation, et pour mettre en place un troisième pilier, celui des retraites individuelles par capitalisation.

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5 commentaires

orilou 23 août 2022 - 7:50

La retraite mixte existe déjà : Sécurité Sociale + Caisses complémentaires + assurances privées. Le problème ne résiderait-il pas plutôt dans l’existence de « régimes spéciaux » à la fois coûteux pour les contribuables et/ou travailleurs Français et injuste ?
Est-il normal de parler d’âge de la retraite quand certaines catégories de travailleurs (en général fonctionnaires ou assimilés) partent beaucoup plus tôt que le « commun des mortels » ?
Ne serait-il pas plus normal et plus juste de baser le calcul sur de NOMBRES DE TRIMESTRES, d’ANNUITES ?

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PhB 23 août 2022 - 10:42

Bonjour monsieur Garello.
Je voulais apporter un rectificatif à vos propos contre le système de retraite « généralisé ou plutôt « imposé » que vous dénoncez.
Chez nous en Alsace et Moselle, nous bénéficions d’un système très ancien datant de l’époque où nous étions allemands (avant 1918).
Ce système avait été mis en place en 1986 par Bismarck après la mise ne place d’un système de protection d’assurance maladie en 1883.
Le système repose sur les trois piliers bien connus, car recopié en partie par la plupart des autres pays par la suite:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_retraite_en_Allemagne#:~:text=Le%20syst%C3%A8me%20d'assurances%20sociales,l'assurance%20invalidit%C3%A9%20et%20retraite.
Notre système « maladie » est encore basé sur ce principe est devrait être adopté pour l’ensemble des Français car il est rarement en déficit! Eh ! OUI!!!
Remboursés sur la base de 90%, la pression sur les mutuelles est ainsi bien moindre.
A noter que le taux d’absentéisme en Alsace est particulièrement bas montrant que ce système n’encourage pas les profiteurs.
Ce n’est pas le système qu’il faut changer mais la MENTALITE des gens.
Faut remettre les gens au BOULOT!
PhB

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Obeguyx 23 août 2022 - 1:07

Le système de retraite français est le plus inégalitaire qui soit. Il est pourtant simple de garantir une retraite minimum (et égale pour tous) à tout un chacun en fonction des années de cotisations obligatoires et versée à partir d’un âge déterminé. Ceux qui veulent une retraite plus importante doivent s’assumer en cotisant à des organismes privés ou investir (on le faisait dans le privé) comme ils l’entendent. Le reste est du raisonnement de caniveaux et de « glandus ». Créer un « foutoir » inexplicable (on a entendu des élus et on possède les enregistrements) ne mènera à rien. Je rappelle un ratio fort simple : une baguette de pain dans ma boulangerie est à 1 € pour tous les retraités, de même que le prix de la viande chez mon boucher est le même pour tous les retraités. Un retraité est un INACTIF et sa retraite se doit d’être EGALITAIRE. Celui qui veut du surplus, il se le compose et ce surplus (qui a constitué un effort et un investissement) doit être non imposable tant sur le revenu qu’au niveau successoral (je pense notamment à notre monde rural).

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Oncpicsou 28 août 2022 - 7:43

Et si on commerçait par appeler la répartition par son nom?
Arrêter de travailler à 60 ans (ou moins!) pour se faire rémunérer par les cotisations prélevées sur le travail des jeunes s’appelle « devenir rentier de jeunes esclaves » (je croyais qu’on avait supprimé l’esclavage!). On ne devrait parler de retraite qu’a partir de 70 ans!
Le miracle de la répartitions? capter les droits de ceux qui ont cotisé toute leur vie et sont décédés avant d’en avoir le retour (spoliation de leurs descendance?).
Réfléchissons: répartition = Ponzi ! (les premiers ont « touché » sans avoir cotisé, les derniers auront cotisé toute leur vie … et ne toucheront rien! d’où la fuite en avant…)

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Oncpicsou 28 août 2022 - 8:10

…. Pour ne pas traumatiser le modérateur, je ne qualifierait pas le système par répartition. J’attirerai simplement l’attention sur le fait que les systèmes par capitalisation étrangers (fonds de pension anglosaxons par ex) prennent le contrôle de nos entreprises et leur demandent du dividende. Donc nos travailleurs financent non seulement nos rentiers de moins de 70 ans par la répartition mais doivent aussi financer les retraités américains! (avec en prime la perte du contrôle de nos entreprises)
Résumons: Répartition = Ponzi, Esclavage, Spoliation, Braderie.

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