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Pourquoi il faut bouter Poutine dehors et préserver les Russes

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Certains s’inquiètent encore que l’Occident pousse Poutine à bout. Henri Guaino réitère (l’Express du 7 septembre) ses craintes d’un « jusqu’au-boutisme » ukrainien et européen. Certes, humilié, Poutine pourrait être tenté d’utiliser l’arme nucléaire avec toutes les conséquences insondables susceptibles d’en découler. Il est la réplique sismique du stalinisme qu’il admire. Dès 2005, il avait déclaré que la chute de l’URSS avait été « la plus grande catastrophe géopolitique » du XXe siècle. Les tyrans perdent facilement la raison. Quand ils sont empreints d’une idéologie dominatrice, ils sont prêts à tout y sacrifier, y compris la vie des peuples.

Il est donc raisonnable en l’état d’éviter d’entrer officiellement dans cette guerre que la Russie n’a jamais déclarée. A cet égard, et pour le moment, l’effort du président français et du chancelier allemand pour garder un brin de conversation avec Poutine n’est pas critiquable. Pas plus que le refus des Etats-Unis de livrer à l’Ukraine des missiles à longue portée. Du moins, il n’est pas encore temps. C’est aussi une tentative de conserver un espoir de renouer un jour avec le peuple russe qui est encore marqué par des décennies de totalitarisme rouge. C’est peut-être aussi le moyen d’éviter que Poutine soit renversé par de pires extrémistes plutôt que par les libéraux.

Mais les tyrans sont toujours des géants aux pieds d’argile, entourés de gens serviles, repus et corrompus de leurs propres mensonges. Il ne faut pas en avoir peur : ils trompent le monde en se trompant eux-mêmes. Déjà les alliés supposés de Poutine l’abandonnent, la Chine ne veut pas s’en mêler et au sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai ces 15 et 16 septembre, Modi a fait savoir au président russe que l’heure n’était « pas à la guerre ».

Le temps de la détermination

Il est donc heureux que le temps ne soit plus aux hésitations, s’il l’a jamais été. Après beaucoup d’atermoiements, le Chancelier Scholz a demandé le 13 septembre au président russe le retrait de tous les territoires occupés. Après avoir espéré la négociation, quitte à demander à l’Ukraine d’abandonner des territoires, Emmanuel Macron exhorte désormais la communauté internationale à ne faire montre d’« aucune faiblesse, aucun esprit de compromission » (mardi 23 août) face à la Russie. Les Etats-Unis ont consacré les plus gros efforts financiers et militaires dans le soutien à l’Ukraine, mais l’Europe n’a pas été de reste avec 19 Md€ débloqués à ce jour pour l’Ukraine en guerre hors aides militaires. Dans son discours à Strasbourg du 14 septembre Madame von der Leyen a appelé les Européens à « faire preuve de détermination et pas d’apaisement ». Il faut continuer à soutenir l’Ukraine.

La Russie est l’envahisseur. Et les armées russes se comportent comme des barbares ainsi que le prouvent les charniers et les salles de torture découverts lors de la reprise des territoires ukrainiens qu’ils ont occupés, et encore ces derniers jours à Kharkiv. Il ne faut jamais accepter une telle vilenie, une telle inhumanité. Et s’y opposer mollement serait plus qu’une acceptation, un encouragement tacite, comme Daladier et Chamberlain face à Hitler.

Bien sûr, l’Europe souffrira de l’embargo imposé à la Russie. Mais celui-ci fait déjà ses preuves. La Russie manque de pièces détachées et de composants électroniques pour réparer et construire ses matériels militaires, pour faire voler ses avions, pour faire tourner ses usines. Ses finances sont sous assistance respiratoire. Elle est en défaut sur le paiement de ses obligations souveraines. La chute des recettes de l’Etat russe s’accélère avec la baisse des exportations d’hydrocarbures. Ses réserves d’armement semblent s’épuiser. La Russie est, plus profondément, faible de son assujettissement qui ignore la morale, détruit l’esprit d’initiative et anémie les peuples.

Préserver la population russe

La population russe semble elle-même commencer à exposer ses réticences face à la guerre. Les échecs successifs de l’armée russe devant Kiev puis maintenant dans le Donbass ont dévoilé le mensonge que couvrait la désignation d’ « opération spéciale » dont Poutine affublait son invasion. Malgré la répression, la terreur et la censure totale, des voix russes courageuses s’élèvent contre cette guerre jusque parmi des élus de Saint Petersbourg. Il ne faut pas les abandonner.

Les Ukrainiens eux-mêmes ont fait preuve d’une grande capacité à s’amender dans l’adversité. Ils étaient, tout autant que les Russes, minés par des pouvoirs pervertis à la botte d’oligarques prédateurs. Volodymyr Zelensky, qui avait lui-même succombé aux pratiques occultes de l’économie ukrainienne, s’est ressaisi et désormais sa politique vise à rétablir la transparence et la probité à tous les niveaux de la société. En témoigne l’entrée en vigueur en juin 2022 de sa « loi sur la déoligarchisation » de septembre 2021, sa nomination d’un nouveau procureur anti-corruption, et les sanctions engagées contre son parrain en politique, Ihor Kolomoïsky, le propriétaire de la chaîne qui a lancé sa série Le Serviteur du peuple. Ce que les Ukrainiens sont en train de faire dans la guerre, les Russes doivent pouvoir le faire dans la libération de leur pays.

Les dirigeants russes se conduisent en barbares, mais la Russie n’est pas barbare. Les hordes asiatiques qui l’ont envahie il y a de nombreux siècles y sont arrivées plus tard qu’en Europe de l’Ouest, mais l’Orthodoxie y a fait prospérer une culture différente et complémentaire qui n’a rien à envier à celle du vieil Occident romain. L’esprit slave, cette « énigmatique âme russe », est sans doute plus mystique que celui des Latins et des Anglo-Saxons. Mais leurs racines chrétiennes les réunissent. L’Europe s’enrichirait de retrouver ses anciennes alliances avec la Russie : celle-ci tempèrerait le matérialisme européen aux sources de la transcendance orthodoxe tandis que l’Europe pourrait réduire la tentation impériale de confusion des pouvoirs civils et spirituels qu’ont conservé les successeurs de Byzance. Ne faut-il pas réfléchir dès à présent aux moyens de renouer le fil entre les héritiers de Jérusalem, Athènes, Rome et Constantinople ? Ce qui suppose aussi tout à la fois que Poutine ne soit plus là et que le peuple russe comprenne que nous voulons le libérer plutôt que le soumettre.

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11 commentaires

Jjf 21 septembre 2022 - 6:39

Article de pure propagande et déconnecté des réalités. Poutine n’est pas un dictateur et je puis en témoigner puisque j’ai vécu plusieurs années en Russie. Ceux qui ont choisi le camp de l’Ukraine ont clairement choisi la doctrine nazie et, là encore, je peux en témoigner pour, hélas, avoir interagit avec elle. Ces gens-là soutiennent des régimes criminels. Enfin, le renseignement américain a publié des vidéos de convois militaires chinois entrant en Ukraine. Il y a la vision occidentale des discussions de Samarkande et la réalité.
Jamais ni la Chine ni la Russie ne laisseront l’Occident prendre la partie russe de l’Ukraine! Et les referendum qui vont être organisés cette semaine montreront que ces populations ne veulent pas être ukrainiennes, mais veulent être russes. Rappelons enfin que c’est la France qui a inventé le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, que la LNR et DNR ont depuis 2014 déjà organisé des référendums qui ont massivement voté pour le rattachement à la Russie. Et la France, pendant ce temps-là trahit allègrement son histoire et les fondements du droit international.

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COURTOUX bruno 21 septembre 2022 - 6:44

Voila un bel exemple de partialité. M. Delsol vous chaussez les grosses bottes de la propagande officielle sans prendre la précaution de faire ce que fait souvent l’IREF c’est à dire prendre le recul historique nécessaire pour expliquer les situations. Votre article n’est que la resucée de ce qu’on lit dans la presse servile et dans les communiqué de l’OTAN. Il y a même les vrais faux charniers, c’est bien recopié!!
Essayez d’aller plus loin dans l’analyse de ce qui s’est passé et de ce qui se passe vous serez alors au niveau de cette excellent lettre des libertés.

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Montenay 21 septembre 2022 - 8:48

Bien d’accord et bravo ! Un point d’histoire oublié (du moins en France) : le sac de Constantinople par les croisés a creusé le fossé entre orthodoxes et catholiques, encore aggravé par des réactions identitaires face aux Turcs. Pour ceux qui aiment l’histoire longue : https://www.yvesmontenay.fr/2022/09/07/les-croisades-du-roman-national-aux-islamistes/

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Jonathan Rien 21 septembre 2022 - 1:39

Tiens, maintenant ce sont les Croisés qui sont les traitres. On a oublié le Sac de Rome en 846. Je ne sais pas ce qui se passe, mais depuis deux jours, on dirait que l’IREF d’habitude excellent est de devenir un canon qui tire à l’envers. Je ne comprends plus.

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Denis Gaumond 21 septembre 2022 - 11:06

Je n’arrive pas à comprendre ce parti pris en faveur du pire criminel de l’humanité encore vivant sur terre. Nous sommes en 2022 nom d’une pipe. Existe t-il réellement un problème que l’on ne peut pas régler par des discussions honnêtes et objectives sous observation officielle entre deux pays? La loi du plus fort ne peut plus être appliquée. Il faut appliquer la loi de la justice et de l’honnêteté par des organismes et procédures neutres et objectives appuyés par le reste de l’humanité. Surtout avec des monstres criminels et voleurs de d’élection fraudant la démocratie. Quand on est le plus fort, il est si facile de trouver toutes sortes de raisons pour écraser les plus faibles. Ce comportement animal est indigne de l’humanité moderne. Voilà ce que fait ce Poutine hitlérien et stalinien. Il faut l’arrêter et trouver une solution pacifique au conflit en cause aux frontières russo-ukrainienne. Ça presse. Il y a trop d’humains, russes comme ukrainiens et autres, qui souffrent ou meurent dans ce conflit injustifié. Trop, c’est assez !!!

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Jonathan Rien 21 septembre 2022 - 12:44

POURQUOI IL FAUT BOUTER POUTINE DEHORS ET PRÉSERVER LES RUSSES?
Monsieur Delsol,
D’abord, le texte ne répond pas vraiment à la question qu’il pose en titre.
Ensuite, le texte fait part d’une Russie et de Russes fantasmés. Les Russes ne sont pas ce que vous décrivez. La majorité reste derrière son président en soutien à sa politique.
Nous venons de voir que Poutine est en train de mobiliser une partie de sa population. Ceci risque de le rendre impopulaire. En effet, la population russe qui a consenti à tellement souffrir pendant tant d’années n’est plus prête à se faire massacrer. En tout cas, celle qui connait une certain confort. Mais cela ne change rien au fait que pour la majorité des Russes, ce serait si bien si l’Ukraine pouvait être annexée à la patrie. Et puis, faire la nique à l’Occident, c’est super-cool, non ?
Vous évoquez l’âme russe, selon vous, tellement insondable, énigmatique et si brillamment mystique. L’âme soi-disant russe, c’est le néant intégral. Elle est en réalité fondée sur des croyances irrationnelles. Vous entendrez souvent les Russes en situation de désespoir dire « a vdroug » (et si tout à coup) ou bien « môget byt » (peut-être) ou encore « ouvîdim » (on verra). Ce sont des understatements auxquels ils finissent par croire. Ah si soudain la mort n’existait pas… Peut-être qu’elle n’existe pas…On verra bien…rien n’est certain.
C’est ainsi qu’après le communisme qui devait leur apporter des merveilles, il y a maintenant cette soi-disant renaissance de la foi orthodoxe. Mais ce n’est que manipulation et superstition. Les gens là-bas adorent le Père Noël et tout ce qui y ressemble. « Vsio ou nas boudiet kharacho » (tout ira bien pour nous – tout finira par s’arranger). Ben oui, y qu’à demander. Ils adorent l’Etat comme aucun autre peuple. Le tsar, c’était le Père Nourricier, comme Staline était le Père des Peuples. Le Russe a besoin du knout, c’est à dire du fouet à travers un homme fort ou perçu comme tel. Staline, c’était l’homme d’acier (« stal » en russe signifie « steel » c’est à dire « acier »). Les tsars, c’était des césars tels des empereurs romains invincibles dont Moscou prenait le relais en tant que 3ème Rome.
Ces « pauvres Russes » ont été occupés par les Tataro-Mongols. Pas de bol. S’ils ne l’avaient pas été, tout aurait donc été différent. C’est comme dire : Tiens, s’il n’y avait pas eu de Deuxième Guerre Mondiale, on n’aurait pas eu Pétain, ni le Vel d’Hiv. Et si je gagnais le gros lot au loto, je serais riche. Tout serait différent.
Selon vous, il faut préserver la population russe. Oui, mais pour faire quoi ? Ce ne sont pas nos amis. Et la soi-disant opposition russe veut la même chose que Poutine mais avec des moyens différents. L’objectif final qui est de neutraliser l’Occident à son profit reste le même. Ils sont toujours dans la guerre froide et il y aura d’autres Poutine.
Vous avez évoqué Macron. Celui-ci se comporte depuis le début comme un Chamberlain, la jaquette qui flotte en plus tel un costume trop grand pour lui, mais le chapeau buse en moins. Quelle honte !
Ensuite vient ceci : « L’Europe s’enrichirait de retrouver ses anciennes alliances avec la Russie : celle-ci tempèrerait le matérialisme européen aux sources de la transcendance orthodoxe » Ca, c’est l’airelle (klioukva) sur le lait d’oiseau (ptîtché malako). Il est vrai que ces Russes qui se sont enrichis très rapidement montraient l’exemple de la « transcendance orthodoxe », notamment sur la Côte d’Azur, à Antalya ainsi qu’à Brighton Beach. Le cynisme, l’immoralité et l’esprit de revanche ne sont jamais loin. La « transcendance orthodoxe », mais où êtes-vous allé chercher ça ? Vivons-nous dans des mondes parallèles ? J’ai l’impression que je vais devoir écrire un livre sur le sujet. Il y a beaucoup de choses à en dire.

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Jonathan Rien 22 septembre 2022 - 7:56

Votre censure interdit donc toute divergence et toute dissidence. Je ne retire pourtant aucun de mes propos car ils sont basés sur l’expérience et la connaissance du terrain et non sur « quelqu’un qui m’a dit » ou « j’ai lu que ». Je trouve extraordinaires tous ces spécialistes autoproclamés de la Russie et de l’ex-URSS sortis d’on ne sait où. Dommage.
Je regarde LCI en ce moment. C’est navrant, cette empathie envers la population russe. Bien sûr, personne dans les strates sociales les plus éduquées ne veut aller se battre. Bien sûr, il y a une opposition larvée partisane de Navalny par exemple. Mais cela reste fragmenté, parcellaire et au final insignifiant. Mais il ne faut surtout pas faire confiance à cette opposition. Il y aura d’autres Poutine. Vous croyez que j’exagère, que je caricature ou que je suis russophobe. Non. La réalité n’est pas cette Russie fantasmée que vous décrivez dans votre texte.

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Astérix 25 septembre 2022 - 12:35

Bien sur qu’il faut bouter dehors Poutine mais immédiatement avant qu’il n’utilise l’arme nucléaire; car, n’en doutez pas, il n’hésitera pas mais l’occident n’a rien compris à ce qu’il a dans la tête !

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Henri Romeuf 26 septembre 2022 - 5:35

Un petit rappel : le tyran Vladimir Poutine a été élu démocratiquement, avec des taux de participation à rendre jalouse la politique intérieure française.
Eh oui, l’OTAN aimerait bien « le bouter dehors ». Pas si simple, hélas : la Russie ne ressemble à aucune des cibles récentes des États-Unis et de leurs pays serfs européens : l’Irak, la Syrie, la Libye.
Le bouter dehors tout « en préservant les Russes ». Mais bien sûr ! Préservons les Russes, tout en démantelant la Russie : l’État profond américain rêve d’une Russie morcelée en plusieurs entités serves, cf. les délires d’un Zbigniew Brzezinski, idéologue suyprémaciste, ou même ceux du bigot alcoolique Lech Walesa, qui rêve tout haut de voir le peuple russe réduit à 50 millions de personnes. Comment ? Il n’ose le préciser !

Le Pacte de Varsovie a été dissous il y a une trentaine d’années, et ça a été une excellente chose pour la paix.
Hélas, l’OTAN, créée pour contrecarrer les menaces guerrières de feue l’URSS, n’a pas été dissoute, et s’est confirmée au fil des années comme une officine des intérêts américains.
L’Union Européenne est devenue elle aussi une officine des intérêts américains, avec le marché de dupes suivant : les États-Unis protègent l’Europe, et en échange l’Europe devient vassale des États-Unis. C’est exactement ce que voulait la taupe Jean Monnet qui, à l’issue d’une longue guerre sourde entre lui et le général de Gaulle (1943-1969), a fini par gagner à titre posthume, avec le désatreux traité de Maastricht.

Personnellement, je reste gaulliste, et c’est pourquoi je me montre très réservé vis-à-vis de l’agressivité de l’OTAN, des États-Unis, de leurs pays vassaux et de l’ « Axe du Bien » qu’ils représentent face aux « Forces du Mal » (très biblique, ce jargon fumeux, très WASP en fait…)
Enfin, je considère Vladimir Poutine comme un grand chef d’État, rien à voir avec les dirigeants falots des pays serfs européens ; sauf peut-être Viktor Orban (mais son pays manque de la masse critique nécessaire pour influer sérieusement sur la politique de l’UE).

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Nicolas Lecaussin 26 septembre 2022 - 9:20

Monsieur, quand on emprisonne ou l’on tue les opposants et les journalistes qui vous critiquent, on ne peut pas vraiment dire qu’on été élu démocratiquement…Je me permets aussi d’attirer votre attention sur le fait que Poutine, ainsi que ses valets, Lavros et Medvedev, ont menacé notre pays ainsi que d’autres), nos villes et nos familles! On a la chance (vous aussi) d’être protégé par l’OTAN.
Cordialement

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Golfenberg 27 septembre 2022 - 5:03

Il se pourrait bien qu’un jour tous ces « bouteurs » bravaches ne deviennent eux-mêmes des « boutés » vu le niveau démocratique de la clique au pouvoir.

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