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La Nupes brandit le spectre d’une hausse de la TVA : est-elle si bien placée pour s’en offusquer ?

par Benoît Chrétien
Au cours de la campagne des élections législatives, l’heure était aux coups bas et aux déclarations fallacieuses susceptibles d’émouvoir les derniers électeurs incertains. A ce petit jeu, la Nupes s’est positionnée rapidement et s’est permis de diffuser à qui mieux mieux la rumeur selon laquelle le gouvernement s’apprêterait à augmenter la TVA pour combler le déficit public. Cette basse manœuvre est passée globalement inaperçue mais elle mérite que l’on s’y arrête quelques instants tant elle démontre la mauvaise foi idéologique du groupe Nupes.

Afin de répandre efficacement cette accusation, la Nupes a la chance de pouvoir compter sur des relais fiables et sur des perroquets loyaux. Bompard, Quatennens, Aubry (Manon), Faure, Corbière, tous ont répété sur les plateaux et sur les réseaux sociaux la déclaration que Mélenchon avait initialement lancée. Avec le soutien du journal L’Insoumission, la Nupes se change en Pythie, mais son oracle est démenti par les membres du gouvernement qui se succèdent à leur tour sur les plateaux. Ces derniers s’offusquent d’une telle accusation et jettent l’opprobre sur les oiseaux de mauvaise augure soupçonnés de jouer sur la peur des gens en temps d’inflation.

En réalité qu’en est-il ? Pourquoi évoquer si soudainement une hausse de la TVA ? Quelle seraient les motivations et les conséquences d’une telle mesure ? 

Tout part d’un constat simple qu’apparemment même les gens de la Nupes ont remarqué : les dépenses de l’Etat sont supérieures à ses recettes. Ce problème est habituel en France mais il s’est sérieusement accentué depuis la gestion par l’Etat de la crise du Covid. En effet, la stratégie du « quoi qu’il en coûte » a coûté extrêmement cher et il apparaît que la France dépasse largement le taux de déficit (6,5% du PIB en 2021) toléré par les règles budgétaires en vigueur dans l’Union européenne (déficit public inférieur à 3% du PIB). Puisque le déficit budgétaire de l’Hexagone est estimé à 160,9 milliards d’euros en 2021 et que la France doit diviser par deux son taux de déficit, la Nupes a calculé que le gouvernement doit parvenir à réaliser plus de 80 milliards d’euros d’économie.

Face à cette ambition non dissimulée par Macron et Bercy de réduire le déficit public (le tout est d’y croire), la Nupes s’égosille sur l’existence tantôt d’un « programme caché », tantôt d’un « agenda caché » du gouvernement qui aurait pour objet cette réduction monstrueuse des dépenses publiques de 80 milliards d’euros. Pourtant, Bruno le Maire ne parle que de 40 milliards d’euros de réduction sur toute la durée du nouveau quinquennat et se défend fermement de tout effort supplémentaire, à notre profond regret. La Nupes qui apprécie les déclarations chocs et les manipulations de dernière minute justifie ses allégation en expliquant avoir des sources d’informations à Bercy. Si elle le dit…

La TVA est la principale cible de la Nupes et de ses ambassadeurs les plus éminents. Les raisons de cette préférence sont assez simples à comprendre. Tout d’abord les Nupistes fondent leur argumentaire sur le fait que le gouvernement a annoncé qu’il ne procèderait à aucune augmentation de l’impôt sur le revenu, qu’il réduirait les impôts de production, et la Nupes en conclut donc immédiatement que l’Etat va procéder à une augmentation des taux de la TVA. Ces oiseaux de malheur oublient toutes les mesures qui existent afin de lutter contre le déficit public et la dette de l’Etat (à commencer par une drastique baisse des dépenses publiques). L’IREF préconise d’ailleurs une économie de 30 milliards d’euros par an jusqu’au recouvrement de l’équilibre budgétaire.

Une menace brandie par des champions de la dépense publique

Ces grands économistes ne comprennent pas que des moyens existent pour diminuer les dépenses budgétaires, ni même d’ailleurs le principe de l’endettement puisqu’ils veulent annuler tous les emprunts contractés auprès de la BCE. C’est du fait de leur incompétence en matière économique qu’ils préfèrent attisent la crainte des gens. En effet la TVA est globalement très impopulaire car elle est un impôt indirect sur la dépense, réel et principalement proportionnel. Cette soi-disant augmentation de la TVA rappelle pour beaucoup le projet d’augmentation de la TVA par le gouvernement Fillon en 2007, afin de compenser une baisse des cotisations sociales, dans l’entre-deux-tours des élections législatives. Les Nupistes manqueraient-ils donc d’originalité dans leurs accusations qui remontent à 2007 et au « scandale » de la TVA sociale ?

Alors que la Nupes s’apprête à dépenser 250 milliards d’euros supplémentaires si elle remporte les élections législatives, tout est bon pour soupçonner le gouvernement d’avoir pour projet de renflouer les caisses sur le dos des Français. Mélenchon et ses sbires se relaient sans discontinuer pour défendre entre autres le retour de l’ISF et l’élaboration d’une nouvelle technique de plafonnement de l’impôt sur le revenu afin de ponctionner 160 milliards d’euros d’impôts supplémentaires.

La gauche à la sauce Nupes a le toupet de s’octroyer le rôle de lanceur d’alerte pour avertir les Français des conséquences qu’ils s’apprêteraient à subir du fait de la réduction improbable du déficit budgétaire par le gouvernement. C’est mal oublier le cauchemar qu’auraient dû subir les Français qui payent des impôts si ces rouges multicolores l’avaient emporté au deuxième tour des législatives.

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