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Dégel du point d’indice des fonctionnaires : le gouvernement cède du terrain, les syndicats avancent

par Adélaïde Motte

La France compte 80 fonctionnaires pour 1000 habitants, ce qui la place dans le peloton de tête européen. Ils sont dans l’éducation, la santé, l’administration, la justice, la police, l’armée, à des postes parfois utiles, quelquefois redondants, souvent inefficaces. Malgré tout, la gauche s’emploie à préserver ce modèle de travail si commode pour l’employé et si dramatique pour l’employeur, et notre gouvernement cède gentiment à ses exigences. Dès le mois de juillet, le salaire des agents publics sera revalorisé de 3,5%. Elle s’ajoute à la hausse moyenne de 1,5% pratiquée cette année au titre des augmentations individuelles.

Naturellement, le syndicat CGT des agents de l’Etat n’est pas satisfait, car cette mesure ne permettrait pas de stabiliser le pouvoir d’achat des fonctionnaires. Il faudrait au minimum, – la CGT fait des efforts de pragmatisme -, une augmentation de 10% rétroactive au 1er janvier 2022. Avec indexation à l’inflation.

Entre l’emploi à vie, la promotion assurée, la retraite généreuse, les primes foisonnantes, l’absentéisme laxiste, les fonctionnaires cumulent les avantages et, curieusement, les revendications. Ils ne sont pas assez payés, leur travail n’est pas intéressant, ou dangereux, et occasionne de nombreux arrêts maladies. Peut-être tout cela contient-il un fond de vérité. Il ne faudrait cependant pas oublier que, si les fonctionnaires sont mal payés, c’est parce que les plus compétents, bloqués par la grille salariale, ne peuvent pas prétendre au salaire plus élevé qu’ils toucheraient probablement dans le privé. Si leur travail est peu intéressant, c’est que, pour donner une tâche aux multiples employés à vie, il faut parfois le diluer, voire l’inventer. Pour résoudre les problèmes de la fonction publique sur le long terme, la suppression de certains critères, comme l’emploi à vie, la sauvegarde des postes, y compris inutiles, et la fin de la grille salariale seraient plus efficaces qu’un dégel épisodique du point d’indice.

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2 commentaires

Obeguyx 30 juin 2022 - 9:09

Pour résoudre les problèmes de la fonction publique, il faut ramener les près de 6 millions à 2 millions. Point barre. Ensuite, il pourra être envisagé d’aménager les contrats. Le drame est que dans TOUTES les familles il y a au minimum 1 fonctionnaire et qu’aucune famille ne se fâchera avec un proche fonctionnaire. Il faudra un sacré courage politique pour y arriver. Or, depuis l’avènement de Giscard aucun Président n’a eu ce courage, sauf Sarkosy qui a tenté une amorce vite enrayée par son successeur plus porté sur la « cuisse » que sur la sauvegarde du pays. Et ne parlons pas de celui qui est en charge actuellement, il a créé plus de postes que les 2 mandats précédents réunis. La grande majorité des fonctionnaires ont donc voté pour lui.

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Razoski 1 juillet 2022 - 8:00

Quand les missions régaliennes seront délocalisées, la fonction publique pourra mieux gérer ses effectifs.
Et tant que ceux-ci sont camouflés par des embauches via des marchés publics sur des dépenses en investissement, le mal n’ira que de pis en pis.
Ensuite, nous avons constaté que les cabinets conseils supplantaient les fonctionnaires.
Lorsque les missions seront à nouveau reprises par les différentes fonctions publiques, les coûts seront maitrisés!

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