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Santé : non, il n’y a jamais eu d’austérité en France !

lundi 13 avril 2020, par Nicolas Lecaussin

Depuis plus d’un mois, le nombre d’experts augmente encore plus vite que le nombre de décès causés par le coronavirus. Il y a des spécialistes en épidémies et autres infections de tous bords, ceux qui veulent généraliser le traitement du professeur Raoult et ceux qui mettent en doute son efficacité. Il y a le président Macron qui n’a pas respecté le confinement pour rendre visite au docteur Raoult à Marseille. A-t-il été impressionné par la popularité croissante de ce médecin qui donne espoir aux Français ?

Il y aussi Bernard Tapie, neuf fois condamné au pénal, qui s’est prononcé sur une chaîne d’info sur les traitements contre le virus. Mais le nombre d’experts en économie et politiques publiques est encore plus impressionnant. On ne cite plus les inévitables Attali, Védrine ou Chevènement, toujours prêts à dégainer leur science de l’interventionnisme. Une mention à part pour Christine Ockrent qui s’en prend, dans sa chronique de l’Express (9 avril) au Brexit et au système de santé britannique (NHS) qui aurait été « saigné à blanc » par le Premier ministre conservateur David Cameron. Une rapide vérification des chiffres et Mme Ockrent aurait pu constater que le NHS est un gouffre financier avec un budget qui ne cesse d’augmenter tous les ans, comme on peut le voir sur le graphique joint. Le problème du NHS, c’est l’étatisation du système et sa bureaucratisation.

La palme d’or des experts revient, du moins jusqu’à aujourd’hui, à l’ancien ministre Arnaud Montebourg qui nous explique doctement, dans une longue interview accordée au journal Libération (mercredi, 8 avril), que « L’austérité se paye aujourd’hui en morts, dans nos hôpitaux ». Dans le dictionnaire Larousse, on apprend que le mot austérité provient du latin austeritas (âpreté) et qu’il signifie « sévérité, rigorisme ». Où M. Montebourg a-t-il pu voir ne serait-ce que la moindre rigueur dans nos dépenses sociales ? Comme Mme Ockrent, il ne s’est pas donné la peine de vérifier les chiffres alors qu’un simple collégien, un tant soit peu averti, sait que la France est championne du monde des dépenses publiques (53.8 % en 2019), des dépenses sociales (32 % du PIB) et des prélèvements obligatoires (46.09 % en 2018).

En ce qui concerne la santé, M. Montebourg aurait pu lire les données récentes (nov. 2019) fournies par la Commission européenne et l’OCDE, qui montrent que la France (avec l’Allemagne) est le pays qui dépense le plus (11.3 %) dans ce domaine ! De 10.3 % du PIB en 2007, le budget est passé à 11.3 % en 2017, soit un pourcentage largement supérieur à la moyenne de l’UE (9.8 %).

Contrairement à ce qu’on a pu entendre de la part de nombreux experts, comme M. Montebourg, le plus grand poste des dépenses de santé correspond bien aux soins hospitaliers, 32 %, plus que la moyenne de l’UE (29 %). Plus encore, la France ne manque pas d’infirmiers. Leur nombre est passé de 7.6 pour 1 OOO habitants en 2007 à 10.5 en 2017, ce qui est au-dessus de la moyenne de l’UE (8.5 pour 1 000 habitants).

La Santé en France en France et dans l’UE (2017)
FRANCE UNION EUROPEENNE
Dépenses de santé (%du PIB) 11.3 % 9.8 %
Dépenses consacrées aux soins hospitaliers (en % des dépenses totales de santé) 32 % 29 %
Nombre d’infirmiers (1 000 habitants) 10.5 8.5
Europa Health (2019)

Non, il n’y a pas d’austérité en France, M. Montebourg, il y a le problème de l’Etat obèse et impuissant, bureaucratisé, réglementé et aussi celui des 35 heures à l’hôpital. La réforme et la privatisation de nombreux hôpitaux en Allemagne ont permis d’y gérer la crise bien mieux qu’en France.

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/Sante-non-il-n-y-a-jamais-eu-d-austerite-en-France

Vos commentaires

  • Le 14 avril 2020 à 09:40, par Picot En réponse à : Dépenses publiques

    Si, il y a de l’austérité en France dans le domaine de la santé. Tout dépend de ce que l’on met dans le domaine en question. Si nous parlons des soins c’est catastrophique : numerus clausus, revenus trop bas, dans le privé comme dans le public, quatre aides soignants ou infirmières dans certains services là où il y en avait six ou sept il y a dix ans, etc... Le résultat est là : pas assez de soignants, pas de masques, pas de tests, pas assez de places de réanimation, pas assez de respirateurs. Il faut se poser la même question que pour le reste : nous payons des sommes folles en taxes et impôts et les services essentiels sont par terre (santé, education, armée, police etc..) et donc où passe notre argent ? C’est là la vraie question et nous devons exige une réponse.

  • Le 14 avril 2020 à 09:45, par AlexZ

    Où passe votre argent ? Dans les 77% de hausse des effectifs de la fonction publique hospitalière entre 1985 et 2017. Dans le même temps, la population a augmenté de 25% seulement. La question est : "où sont les dizaines de milliers de fonctionnaires embauchés" ? Vous pourriez peut-être chercher dans les bureaux des ARS ?...

  • Le 14 avril 2020 à 10:46, par guicheteau En réponse à : La dette

    Où passe l'argent ? N'oubliez pas que le service de la dette coûte 40 milliards chaque année, et çà ne va pas s'arranger. Par ailleurs, le système public centralisé ne sait pas convertir les euros en services de qualité.

  • Le 20 avril 2020 à 08:52, par patrick En réponse à : Pas d'accord

    article qui me semble particulièrement orienté. Le 1er ministre Britannique (conservateur) a déclaré que le NHS avait subi depuis plus de 20 ans une privatisation rampante et une diminution drastique du nombre de lits et du personnel médical, sans compter des salaires trop faibles et qu'il fallait je cite : "réinvestir dans notre santé"...

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