Institut de Recherches Économiques et Fiscales

IREF Europe - Institut de Recherches Économiques et Fiscales

Pour la liberté économique
et la concurrence fiscale


IREF - Institut de Recherches Économiques et Fiscales
Pour la liberté économique et la concurrence fiscale
https://fr.irefeurope.org/5020

par ,

Le revenu universel n’est pas libéral et l’enfant n’est pas un produit

Dans un article de L’Opinion du 25 septembre dernier, il est fait mention d’un « attelage » PMA-revenu universel soutenu par une « alliance » entre les socialistes et les libéraux. En tant que libéraux, nous croyons nécessaire d’apporter plusieurs précisions.

L’IREF a déjà réagi sur le revenu universel qu’il considère comme une proposition complètement étatiste. En quoi un revenu distribué à tous par une entité administrative serait-il une mesure libérale ? La confusion autour du revenu universel est partie d’une fausse interprétation de la théorie de Milton Friedman sur l’impôt négatif. Friedman propose un « impôt négatif » (un crédit d’impôt) sur la différence entre le revenu effectivement gagné par le foyer et le seuil qui se trouve au-dessus. Il s’agit d’un revenu garanti minimum (de x% de la différence entre zéro revenu et le seuil d’imposition), mais celui-ci n’est pas le seuil de revenu à partir duquel le foyer doit payer l’impôt. Ce n’est pas une allocation universelle. La mesure vise à aider les pauvres à sortir de la pauvreté. Le revenu universel est, lui, une forme d’assistanat à vie qu’aurait proposé Lénine et non pas Friedman.

Concernant la PMA, on ne peut que se réjouir des progrès de la médecine lorsqu’il s’agit de soigner des maladies ou d’aider les couples qui ont des difficultés à avoir des enfants. Mais nul besoin d’être un homme d’église, pratiquant ou même croyant pour ne pas craindre les dérives de certaines innovations.

En tant que libéral, oui, on dispose de son propre corps, mais pas pour l’utiliser contre sa finalité, c’est-à-dire le service de notre personne, donc pas pour le vendre. Et l’on n’est pas propriétaire des enfants. Ils ont des droits. La PMA pour tous et la GPA transforment l’enfant en un simple produit de consommation. On fabrique l’enfant comme n’importe quelle marchandise. Où sont ses droits ? A l’heure où l’on voudrait parler du « droit des animaux » dans la Constitution, on ignore le droit des… enfants !

Partager cet article :

Autres lectures ...

Pauvre Plan contre la pauvreté

Lutte contre la pauvreté : et si la redistribution n’était pas la solution ?
Un petit rappel historique sur l’évolution de la richesse


Contre la pauvreté, il faut en finir avec l’Etat providence !

Le salaire minimum n’est pas un rempart contre les inégalités



Un message, un commentaire ?

Afficher le formulaire

Messages (2)

Impôt négatif = BIEN, Revenu universel = PAS BIEN

le 1er octobre, 19:19 par Cachou

Et pourtant ces 2 propositions reviennent strictement au même :

Sur le fond, l'impôt négatif correspond autant que le RU à une allocation sans contrepartie, et il est autant étatiste que le RU car cette allocation est distribuée de la même manière.

Idem au niveau du calcul, on obtient le même résultat : impôt% x (salaire - seuil référence) = (impôt% x salaire) - (impôt% x seuil référence)

La vraie raison pour l'IREF ne serait-elle pas : Impôt négatif = BIEN parce que Friedman l'a proposé, et Revenu universel = PAS BIEN parce que Hamon l'a proposé ?

# Re : Impôt négatif = BIEN, Revenu universel = PAS BIEN

2 octobre, 10:01 - Nicolas Lecaussin

Non, pas vraiment. Comme l’explique très bien l’auteur de l’article sur Friedman. Ce dernier n’a jamais proposé un revenu accordé à toute la population. Par ailleurs, on n’est pas non plus de grands fans de l’impôt négatif...

8 octobre, 19:14 - Cachou

Bonjour,
J'avais effectivement déjà vu cet article, et c'est justement celui-ci qui m'avait alerté sur cette similitude, en effet :
Pour reprendre le calcul sur l'exemple donné, il revient au même d'attribuer un impôt négatif de 50% sur la différence entre un revenu non imposable et le revenu de référence, que d'attribuer ce revenu de référence et d'imposer la totalité des revenus à 50% :
25000 + (5000 x 50%) = 27500 = (25000 + 30000) x 50%.
D'autre part, tous les autres arguments de fond sur le RU exprimés dans l'article peuvent tout aussi bien s'appliquer à l'impôt négatif qu'au RU (ce qui explique certainement votre manque d'enthousiasme pour cet impôt négatif).
La différence entre ces 2 systèmes n'est donc que sémantique ... ce qui peut quand même avoir une importance considérable en politique, j'en conviens.

- Répondre -

RU et PMA

le 3 octobre, 18:26 par Philippe

Entièrement d'accord avec vous en ce qui concerne la différence FONDAMENTALE entre RU et Impôt Négatif. La subtilité mérite d'être expliquée précisément car même si le résultat des deux mesures peut facilement être comparé, non, la démarche n'est philosophiquement pas la même !

En revanche, je ne comprends pas votre position abrupte sur la PMA et l'amalgame avec le droit des enfants. Pourquoi parler de "vendre son corps", quel rapport ? Quel est donc ce jugement moralisateur de la part d'un libéral ? Si je suis votre raisonnement, vous êtes également pour l'interdiction de la prostitution volontaire ? Bien entendu que les enfants ont des droits mais ils les acquièrent quand il viennent à la vie. La gestation est une immiscion de la vie, souhaitée ou pas, dans le corps de la femme. Or, celle-ci reste libre de pouvoir provoquer, accepter ou non cette situation puisqu'il s'agit de son propre corps. Elle est donc libre de pouvoir décider si elle veut utiliser son corps pour donner la vie ou au contraire refuser de le faire (dans le cas d'un viol par exemple mais aussi toute autre raison qui la regarde). Et si les techniques modernes lui permettent de créer la vie alors qu'elle n'aurait pas pu le faire sans, alors tant mieux !
Pourquoi un enfant issu d'une PMA (ou d'une GPA) serait davantage un "produit de consommation" qu'un enfant issu d'une procréation naturelle ? Selon le point de vue de chacun, l'un peut l'être tout autant que l'autre... Ce n'est qu'un point de vue moral et, si je ne me trompe, d'un point de vue libéral, l'action morale ne peut être que volontaire et choisie.

# Re : RU et PMA

3 octobre, 19:59 - Nicolas Lecaussin

Oui, bien entendu, je n’ai rien contre la prostitution volontaire. Mais un enfant, ce n’est pas une prostituée volontaire. Je suis pour les progrès de la science, pour aider les couples à avoir des enfants (j’en connais plein d’ailleurs). Mais pas pour fabriquer des enfants sur demande et facture. On oublie que dans cette situation il n’y a plus de père. De quel droit on élimine le père ? Un enfant doit avoir un père et une mère. On ne décide pas à la place de l’enfant. De quel droit on lui impose une autre situation ? C’est ce que je considère que c’est normal.

4 octobre, 10:04 - Philippe

Je comprends votre position mais je pense qu'elle reste axée sur un point de vue moral qui ne regarde que la personne intéressée.
Je ne suis pas convaincu qu'un enfant ait "droit" à un père (ou à une mère dans le cas de la GPA). Depuis la nuit des temps des petits d'Homme se sont malheureusement retrouvés à leur naissance sans l'un ou l'autre ou sans les deux et ont été élevés dans des circonstances heureuses ou pas par des individus (hommes et/ou femmes) plus ou moins charitables sans pour autant créer des personnalités désiquilibrées. Cela fait partie de la grande loterie de la vie.
Je n'ai pas connaissance d'études scientifiques qui démontreraient que les enfants élevés dans des conditions différentes qu'au sein d'un foyer classique traditionnel (selon la norme en vigueur dans nos sociétés modernes, il en a été différemment dans d'autres sociétés par le passé) ne soient pas aussi équilibrés que leurs semblables "normaux".
Vous raisonnez selon les normes qui régissent notre société moderne, à l'instant T et ces normes sont relativement récentes dans l'histoire de l'humanité. Elles ont été différentes en d'autres temps et ne seront certainement plus les mêmes dans les sociétés futures. Votre position est respectable mais pourquoi vouloir imposer votre vision des choses à ceux qui ne pensent pas comme vous ?
Ne dit-on pas qu'il faut "tout un village pour élever un enfant" ?
L'important dans l'éducation, dans la transmission, ça reste l'amour, d'où qu'il vienne.
C'est mon avis.

4 octobre, 16:42 - Dominogris

Un enfant a besoin d'une éducation dans l'amour, c'est entendu. Mais il y a aussi le rôle symbolique du mère et de la mère qui va aider l'enfant à s'identifier comme homme ou femme. L'enfant a aussi besoin, pour construire son identité de connaître d'où il vient. Peuvent en témoigner beaucoup d'enfants adoptés. Ils vivent sans connaissance de leurs origines, mais ils le vivent mal. C'est très difficile à comprendre pour quelqu'un qui connaît son père et sa mère.
Certains enfans sont élevés par leur mère seulement à cause d'une séparation. Mais ces enfants ont un père, et ça change tout par rapport à celui qui ne sait pas qui est son père.

- Répondre -

 css js

FERMER

Suivez les publications de l'IREF,
inscrivez-vous gratuitement
à la lettre hebdomadaire

En continuant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation des cookies