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Le Texas va-t-il prendre la place de la Californie ?

jeudi 7 janvier 2021, par Alexandre Massaux

Dans un précédent article nous avions parlé d’une fuite de la population des grandes villes de Californie et de New York City vers des Etats républicains comme le Texas ou la Floride. Les récents événements confirment cette tendance qui s’accompagne désormais d’une fuite des entreprises implantées en Californie vers le Texas. Une situation d’autant plus intéressante que les deux Etats sont respectivement un bastion démocrate et un bastion républicain. Si ces migrations perdurent, elles risquent de modifier la géopolitique interne du pays.

De la Silicon Valley aux villes texanes

La Californie était devenue le centre névralgique du développement technologique numérique des Etats-Unis. Un grand nombre d’entreprises étaient basés dans la baie de San Francisco. Mais depuis quelques mois plusieurs d’entre elles délocalisent au Texas, dans l’agglomération d’Austin ou celle de Houston : Hewlett Packard Enterprises, Oracle, 8VC, FileTrail, QuestionPro, par exemple. Leurs sièges, leurs activités ou une grande partie d’entre elles, mais aussi leurs dirigeants, déménagent. On se rappelle surtout le cas d’Elon Musk, le PDG de Tesla, d’autant plus médiatisé qu’il avait déjà menacé, en mai, de partir pour le Texas ou le Nevada si les autorités locales n’autorisaient pas la réouverture d’une usine Tesla fermée à cause des mesures de confinement. Il n’est néanmoins pas le seul : le PDG de Dropbox, Drew Houston a aussi annoncé en novembre dernier qu’il allait s’installer à Austin. Et même si évidemment la Californie est loin d’être redevenue un désert, le processus s’accélère. Les taxes y sont pour quelque chose : le taux d’impôt sur les sociétés y est de 8,84% (qui s’ajoute à l’impôt fédéral de 21%) ; le Texas, lui, non seulement n’en a pas (remplacé par une franchise à un taux maximum de 1%), mais pratique des réductions de taxes pour les entreprises relocalisant sur son territoire.

Des conditions de vies meilleures au Texas

Néanmoins, le facteur déterminant est le capital humain. Le coût élevé de la vie dans une ville comme San Francisco ainsi que, maintenant, la pandémie, font qu’il devient de plus en plus difficile de recruter des travailleurs qualifiés. Le développement du télétravail, lors de la crise du COVID, a achevé d’en convaincre beaucoup. D’autant plus que les conditions de vie sont tout aussi bonnes, voire meilleures, au Texas, et l’immobilier beaucoup plus abordable. En 2019, on pouvait s’offrir une maison individuelle pour, en moyenne, 355 000 dollars à Austin, 250 000 dollars à Houston et... 1,3 million dollars à San Francisco. La raison de cet écart est en partie liée à la politique de zonage de San Francisco qui limite fortement la construction de nouveaux bâtiments et qui a entraîné une crise du logement. Autre sérieux avantage, il n’y a pas d’impôt sur le revenu au Texas (en dehors de l’impôt fédéral), contrairement à la Californie et à la plupart des Etats américains.

Le décalage du centre de gravité économique peut avoir des répercussions politiques

Cette migration commence à avoir des effets concrets au niveau politique. Le recensement 2020 de la population sur l’ensemble du territoire américain met en évidence des changements au sein des différents Etats qui modifieront peut-être la répartition des sièges électoraux. La Californie, New York, l’Ohio ou le Michigan risquent de perdre chacun un siège à la Chambre des représentants. Le Texas devrait en gagner deux et la Floride trois. Ainsi, il est possible que la baisse démographique de la Californie lui fasse perdre un siège de grand électeur et un autre au Congrès. Elle ne parvient apparemment pas à capitaliser sur les migrations hispaniques qui expliquent certains mouvements de population, pour accroître la sienne. On perçoit toutefois la crainte, chez une partie des républicains texans, que ces déplacements provoquent un basculement de l’Etat du côté des démocrates, et que les mesures politiques qui ont affaibli la Californie soient à terme votées au Texas par les immigrants. Il semblerait que cette appréhension ne soit pas solidement fondée : selon le gouverneur du Texas Greg Abbot, les arrivants de fraîche date sont plus conservateurs que progressistes. Lors de l’élection sénatoriale de 2018, les Texans natifs de l’Etat ont voté à 51% pour le candidat démocrate Beto O’Rourke, mais 57% des nouveaux Texans ont soutenu le républicain Ted Cruz, lui assurant la victoire.


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