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Christine Lagarde à la BCE :
Chronique d’un échec annoncé

En économie, le futur est nécessairement incertain, car soumis aux décisions d’une multitude d’actions individuelles. La récente arrivée de Christine Lagarde à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE), le 1er novembre 2019, semble pourtant marquer la première étape d’un échec économique inéluctable.

Après une carrière d’avocate des plus brillantes, qui l’a menée à la tête du puissant cabinet Baker & McKenzie, l’ancienne étudiante à Nanterre a troqué la robe pour des tailleurs de ministre. Christine Lagarde est entrée au gouvernement français en 2005 et y est restée 6 ans, essentiellement au ministère de l’Economie et des Finances. L’éviction du socialiste Dominique Strauss-Kahn lui a donné l’opportunité de le remplacer à la direction du FMI de 2011 à 2019, date à laquelle Emmanuel Macron et le Conseil européen lui ont proposé de succéder à Mario Draghi à la tête de la BCE, bien qu’elle n’ait jamais été économiste, ni occupé aucune fonction dans une banque centrale.

De ses fonctions en ministère, au FMI et maintenant à la BCE, une constante ressort des positions de Christine Lagarde, son attachement pour une économie dirigée et administrée par des décideurs politiques et les experts qui les entourent.

Dans une interview datant de 2018[1], alors directrice générale du FMI, elle affirmait déjà que « les banquiers centraux disposent d’outils pour intervenir » dans la politique économique et que leur intervention est « nécessaire ».

Le 12 décembre dernier, dans la conférence de presse qui a suivi la première réunion de politique monétaire du Conseil des gouverneurs de la BCE[2], elle a donné des gages solides aux étatistes et aux partisans de l’inflation.

Conformément aux statuts de la BCE, madame Lagarde s’est engagée à poursuivre une inflation « proche de, mais inférieure à 2 % ». Sans entrer ici dans le complexe débat de la définition de l’inflation, nous retiendrons qu’elle est toujours une perte de pouvoir d’achat de la monnaie. Viser une certaine quantité d’inflation, c’est accepter que tous les détenteurs d’euros soient spoliés d’une partie de leur capital.

De 2011 à 2019, durant les 8 ans de la présidence de Mario Draghi, l’inflation cumulée en France a été de 8,4%, ce qui signifie que1/12e de toute épargne en euro a été détruite. Qu’en sera-t-il sous la présidence de Christine Lagarde ? Elle vient d’annoncer que les taux d’intérêt directeurs de la BCE restent « inchangés ». Elle s’est engagée à « un degré élevé de soutien monétaire », autant dire que la planche à billets va tourner… Elle a également annoncé la reprise du programme d’achats d’actifs, à un rythme mensuel de 20 milliards d’euros. Cela correspond à 120 milliards d’euros par an, soit la moitié de la richesse annuelle créée en Irlande.

En affirmant « la nécessité de maintenir une orientation très accommodante de la politique monétaire pendant une période prolongée », madame Lagarde assure aux gouvernements européens qu’ils pourront continuer de s’endetter dans des conditions très avantageuses… au détriment des propriétaires d’actifs en euro, dont la valeur va continuer de se déprécier, et des banques privées, dont les réserves sont rémunérées par la BCE à des taux négatifs. Si Christine Lagarde affirme que les taux négatifs ont été mis en place pour « essayer de relancer l’activité et d’encourager l’investissement »[3], il aurait été plus honnête de reconnaître que les taux négatifs sont une taxe sur le capital.

Les épargnants sont avertis, la présidente de la BCE annonce dès le début de son mandat qu’ « à moyen terme, l’inflation devrait s’accélérer ». L’ancienne avocate avait du succès pour défendre ses clients, il ne faudra pas compter sur elle pour défendre le pouvoir d’achat des Européens.

La présidente de la BCE est la personne économiquement la plus puissante en Europe, son contrôle de l’euro lui donne un pouvoir bien supérieur à celui de n’importe quel ministre ou patron. Pour autant, Christine Lagarde ne se limite pas à défendre une politique monétaire laxiste et inflationniste. Elle prend ouvertement position sur des sujets politiques qui sortent manifestement de ses fonctions.

Interrogée à Bruxelles le 2 décembre par le comité des affaires économiques et monétaires[4] sur la question de la parité hommes – femmes, elle regrette d’être la seule femme au conseil des gouverneurs de la BCE. Il lui parait « indispensable que cette situation puisse évoluer de manière positive pour mieux refléter la société. » La véritable évolution à souhaiter à la BCE n’est pas tant de savoir le nombre de femmes ou d’hommes qui y travaillent, mais la politique qu’ils y mènent et les conséquences qu’elle engendre pour la société. Il serait souhaitable que la liberté monétaire soit laissée aux Européens, que la monnaie ne soit pas un instrument supplémentaire de la politique des Etats, et que la Banque centrale, conformément à son mandat institutionnel, veille à la stabilité de l’euro plutôt que de s’en faire le manipulateur en chef.

Plus étonnant encore, Christine Lagarde s’est exprimée sur le changement climatique. Après avoir rappelé que le mandat prioritaire de la BCE est la stabilité des prix, elle s’autorise à affirmer que le changement climatique peut constituer un mandat « secondaire ». Ainsi la BCE a-t-elle commencé à favoriser des instruments financiers dits « verts ». Non contente de l’immense pouvoir qui lui incombe déjà, madame Lagarde entend utiliser ses prérogatives pour financer certaines activités spécifiques, même les plus improbables, au détriment des autres… et aux frais des épargnants.

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Messages (2)

Il en a toujours été ainsi.

le 24 décembre 2019, 05:39 par Laurent46

Quand elle a quitté son poste de Ministre des Finances en France, le pays tout entier à repris espoir. Il en a toujours été ainsi à vouloir s'occuper de sujets qui sortent de ses prérogatives au lieu de faire sont travail correctement. Certes nous en France nous n'y avons rien gagné l'escroquerie financière s'y trouve à tous les étages de la gouvernance Française et maintenant Européenne ! Bon cela dit cela n'y change rien ce n'est que la continuité du système. Bien que l'inflation cumulée était de 8,4 % durant ces 8 années la gouvernance nationale et locale à augmenté ses prélèvement de plus de 2 % / an et cela aussi reste dans la continuité en Marche. Cela signifie que les gouvernances pillent la société toute entière sans regrets ni remords dans une précipitation honteuse et grandissante depuis la gouvernance du roi François et les royaumes qui ont suivi n'ont fait que renforcer ce pillage et nouveauté technologiques les contraintes et la surveillance de tout à chacun. A Marche forcée nous restons dans cette même logique qui ne fait que s'aggraver avec la main mise de la gouvernance sur tous les mouvements monétaires du pays France et comme nouveauté sur toutes les cotisations sociales comme la retraite qui vont servir comme justificatifs des revenus de la gouvernance. On peut de là estimer que ces revenus sociaux seront mutualisées dans les multiples dépenses de la gouvernance y compris dans celles du seul prestige des gouvernants pour en tenir un équilibre instable qui va forcément se répercuter sur les redistributions elles aussi devenues instables au fil des années. Ainsi et grace à la technologie, tout revenu individuel est immédiatement ponctionné par divers services soit disant publics sans que son destinataire ne puisse en dire mot, revenus qui ne suffiront bientôt plus pour alimenter les seuls ponctions des gouvernances nationales et locales. C'est l'avenir des plus proches.

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FOLIE DOUCE

le 24 décembre 2019, 13:40 par Arnaud Casalis

J'ai pour Mme Lagarde une grande admiration personnelle. Hélas, la politique de l'argent facile est tellement contraire au bon sens, à la prévoyance, et à la vertu civile et économique, que je reste coi devant son discours dont la complaisance au laxisme ambiant relève à mon avis de la folie douce.

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