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En Suisse, la télévision publique vit peut-être ses derniers jours

Une initiative citoyenne inattendue sème le trouble au pays du référendum populaire. Depuis plusieurs mois, les Suisses débattent le pour et le contre du financement obligatoire des radios et télévisions d’État par le contribuable.

Libre de choisir

Un débat qui a été lancé en 2014 par les jeunes du Parti libéral-radical et de l’Union démocratique du centre. Leur indignation est légitime : à l’heure d’internet, comment justifier que le contribuable soit forcé de débourser 451 francs par an (386 euros) quand ils ne regardent ou n’écoutent pas forcément les médias d’État ?

Cette redevance prélève chaque année 1,3 milliard de francs chez les contribuables suisses. Ce montant est redistribué pour partie à certaines radios et télévisions locales, mais la quasi-totalité, environ 95 %, subventionne la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SRG SSR). Cette dernière retransmet 24 chaînes nationales et locales, dans les quatre langues du pays (français, italien, allemand et romanche)[1]. Elle tire ses revenus pour les trois quarts de la redevance et, pour le reste, de la publicité.

Face à cette taxe, l’initiative « No Billag », du nom de l’entreprise chargée de prélever la redevance, a vu le jour[2]. L’objectif : inscrire dans la constitution que la Confédération garantit l’indépendance et l’autonomie des radios et télévisions et qu’elle ne peut subventionner aucune chaîne. Ceci reviendrait à privatiser totalement le financement de la SRG SSR et des chaînes locales. Le comité « No Billag » est parvenu, tant bien que mal, à récolter plus de 112 000 signatures à travers tout le pays dans le temps requis. Le Parlement, chargé d’émettre un avis consultatif, a voté contre à une très large majorité et n’a pas proposé de contre-projet. Le débat est donc lancé pour le référendum.

La crainte d’un « désert audiovisuel »

Les opposants à cette initiative craignent que sans cette contribution forcée, l’entreprise publique ne fasse faillite. Cela créerait un « désert audiovisuel », disent les opposants à la réforme, où régneraient les « fausses nouvelles » ce qui soumettrait les Suisses aux influences étrangères et mettrait à mal la cohésion nationale.[3]

Ce n’est pas l’avis de Frédéric Jollien, porte-parole de « No Billag », pour qui « la diffusion de la Coupe du monde de football ou des Jeux olympiques par la SRG SSR ne sont pas des nécessités d’État. On a le droit de ne pas aimer le football et de ne pas vouloir payer pour sa retransmission ». Il soutient que sans redevance, la liberté de choix serait rétablie, car les ressources ainsi libérées alimenteraient une plus grande diversité d’offres médiatiques.

La SRG SSR ne ferait pas faillite, elle devrait simplement se financer comme les médias privés, avec de la publicité, des jeux ou des abonnements. En plus de dénoncer les salaires excessifs des dirigeants de SRG SSR, alors que les plus précaires sont forcés de payer la redevance, les défenseurs du « No Billag » revendiquent le droit de s’informer de la manière qu’ils le souhaitent.

« On est face à un rouleau compresseur »

La votation aura lieu le 4 mars prochain. Il faudra une double majorité, celle du peuple et des cantons pour qu’elle soit acceptée. « On est face à un rouleau compresseur, l’immense majorité de la classe politique et la SRG SSR, juge et partie, se battent contre nous » dénonce Frédéric Jollien. Même le Parti libéral-radical a renoncé à défendre cette libéralisation des médias d’État alors que c’est sa branche jeune qui est à l’origine de la votation.

Il est peu probable que l’initiative aboutisse puisqu’en moyenne seule une initiative sur dix est approuvée, mais elle aura au moins eu le mérite de poser la question du rôle de l’État dans l’industrie des médias. Tout espoir n’est toutefois pas perdu puisque selon un récent sondage, 57 % des moins de 65 ans sont en faveur de l’initiative.[4]

Et si on privatisait France Télévisions ?

Peut-être aurons-nous un jour, nous aussi, en France, un débat sur la place de l’État dans les médias, l’information et la culture. Le chef de l’État, Emmanuel Macron, a récemment dénoncé, à juste titre, la gestion calamiteuse de France Télévisions et Radio France[5]. Ces mêmes médias avaient déjà été sévèrement épinglés par l’IREF en 2015[6] et la Cour des comptes en 2016[7]. Il serait bon, comme en Suisse, d’interroger d’abord la légitimité des subventions publiques pour les journaux papiers et celle du financement forcé de certains chaînes de radios et de télévisions d’État. De l’autre côté du lac Léman, contrairement à la France, la presse écrite vit déjà sans subvention directe et les journaux n’ont pas disparu pour autant.

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Messages (3)

"Il serait bon, comme en Suisse, d’interroger d’abord la légitimité des subventions publiques"

le 12 décembre 2017, 08:31 par Jean-Philippe de Lespinay

"Il serait bon, comme en Suisse, d’interroger d’abord la légitimité des subventions publiques" Tellement de choses seraient bonnes à faire ! Mais nous en sommes pas en démocratie, le pouvoir est entre les mains de nos fonctionnaires et ils ne le lâcheront pas.

Il nous faudrait une nouvelle constitution favorisant les candidatures de la société civile aux présidentielles et accordant tous pouvoirs à une justice indépendante donc non fonctionnaire.

Mais pour y parvenir, il faudra une révolution, descendre dans la rue par millions...

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Télé-caniveau ou télé de qualité ?

le 12 décembre 2017, 11:49 par John Sheppard

Sans télévision publique ou subventionnée, quelle chaîne généraliste proposerait des programmes culturels variés et de qualité (arts, littérature, spectacles, débats, documentaires éducatifs, etc...) ?
En voit-on aux heures de grande écoute sur TF1, M6, C8 ou NRJ12 ?
Presque tout se trouve sur France Télévision et ARTE.

12 décembre 2017, 18:43 - Domino

Essayez TV libertés...

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Oui au non ou non au non ?

le 23 février, 09:59 par maurice

Primo, la Suisse est la SEULE Démocratie au monde ! (La Démocratie c'est le Peuple qui dirige et Mme Doris Leuthard 2017 ou Mr Alain Besset 2018 ne sont que des présidents symboliques. D'ailleurs, près de 50 % des Suisses ignorent le nom du président ou de la présidente !)

Donc, en Suisse, le service public c'est le Peuple (pas comme France ou le service public c'est le chef de l'État et les Députés/Sénateurs - FAUX représentants du Peuple - car ils ne lui demandent pas son avis lors des votes !!!).

Donc en France, on peut dire non à la redevance (car les merdias ne diffusent que des mensonges et sont indiscutables !).
En Suisse c'est donc le contraire, puisqu'en face il y a des dizaines de merdias étrangers installés (non rentables mais c'est la mafia qui paye)qui sont susceptibles de remplacer les médias Suisses !

Mais le vote est tendancieux, compliqué :
'Non Billag' veut dire 'Non à la redevance'
Donc, faut-il voter 'Oui à non à la redevance' ou 'Non à non à la redevance' !!!?

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