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Universités : NON à la sélection par tirage au sort !

La France vit sous un mythe idéologique : l’accès de tous les bacheliers à l’université et le refus de toute sélection. Mais la réalité est là et certaines filières ne peuvent accueillir tous les candidats. Un arrêté ministériel, présenté le 17 janvier au CNESER, devait fixer les critères d’accès, tous arbitraires, et, lorsque cela ne suffit pas, prévoyait un tirage au sort des étudiants admis dans la filière. Sous la pression des syndicats étudiants, le texte a été provisoirement remis en discussion. Mais le refus d’une sélection sur les aptitudes conduit à l’arbitraire et le problème demeure !

UNE FICTION : LE BAC, PREMIER GRADE UNIVERSITAIRE !

L’Université française est dominée par un mythe : le baccalauréat, très largement distribué, serait le premier grade de l’enseignement supérieur. Pour conforter cette fiction, les jurys sont officiellement présidés par un universitaire. Ceux qui ont pratiqué cet exercice savent combien il est frustrant, puisque la marge de manœuvre est quasi-nulle, les consignes de notation ayant été données en amont par le Rectorat. La plupart des universitaires, de facto, abandonnent cet exercice parfaitement vain (mais instructif).

UNE REALITE : UNE SELECTION PAR L’ECHEC

Ce mythe a une conséquence : le bac étant le premier grade universitaire, tout bachelier a accès à l’enseignement supérieur, sans aucune sélection. L’article L. 612-3 du code de l’Education dispose que l’inscription à l’université est ouverte à tous les titulaires du baccalauréat. Certes, cette règle est battue en brèche, puisque certaines filières ont un accès sélectif, comme les IUT. Paradoxe : ce sont donc souvent les filières courtes qui sont sélectives. Ceux qui ne sont pas retenus dans ces filières sélectives, du type IUT ou classes prépa, se retrouvent dans les licences, qui doivent accueillir tout le monde, ceux qui ont les aptitudes pour ce type d’études et ceux qui ne les ont pas. Le résultat était prévisible : la France cumule l’un des plus fort taux d’accès à l’enseignement supérieur, l’un des plus fort taux d’échec en licence (taux de réussite pour la cohorte entrée en 2009, 26,5% de réussite en 3 ans, plus 12,1% en 4 ans, soit 38,6% en tout ; donc plus de 60% d’échec) et un des plus fort taux de chômage des jeunes. Faut-il s’en étonner ?

UNE « SELECTION » GEOGRAPHIQUE

Si la réalité se venge, et se paie ici en échec, puis en chômage, elle se manifeste aussi par le fait que certaines filières n’ont pas les moyens d’accueillir tous les candidats. C’est par exemple le cas pour les STAPS (Activités physiques et sportives), la psychologie, parfois le droit. Il faut bien dans ces cas-là non pas sélectionner, puisque le mot est tabou, mais déterminer qui sera admis à s’inscrire. Cela existe depuis des années et certaines universités, après avoir épuisé tous les critères autorisés, finissent par sélectionner par tirage au sort. Les tribunaux, lorsqu’ils ont été saisis, ont jugé cette pratique illégale, faute d’une base juridique.

Cette situation a conduit le ministère, centralisation à la française oblige, à préparer un arrêté, qui devait être soumis le 17 janvier 2017 au CNESER (qui ne donne qu’un avis consultatif). Devant l’opposition des syndicats étudiants, le vote a été provisoirement repoussé et le texte remis en discussion. Mais le problème demeure. Le projet d’arrêté précisait les critères et visait à leur donner une base juridique, critères que devraient respecter toutes les universités françaises, au nom de l’égalitarisme à la française. Le premier critère n’est pas nouveau : priorité aux lycéens ayant obtenu leur bac « dans l’académie du siège ou du site de l’établissement ». Ce critère est rarement discuté, alors qu’il est absurde. A l’ère de la mobilité, voire de la mondialisation, voici que l’on retrace des frontières intérieures, arbitraires (celles des rectorats). On peut ainsi empêcher un élève brillant, ayant des aptitudes pour telle discipline, d’aller chercher, hors de son Académie, une université meilleure, plus conforme à ses vœux.

UNE « SELECTION » SUR DES CRITERES FAMILIAUX

Ce critère est souvent insuffisant. Le texte prévoit ensuite de tenir compte des choix des candidats, qui ont émis plusieurs vœux et, plus subtil, de la place des licences par rapport à leurs autres vœux (IUT, classes prépa), donc de leur motivation, mais pas de leurs compétences. Ensuite, troisième critère, la situation familiale : priorité aux étudiants mariés, pacsés, en concubinage ou ayant des personnes à charge. Message subliminal : pour faire les études de votre choix, concubinez ! (Pour l’instant avec qui on veut, on n’oblige pas encore les étudiants à choisir au sein de la même filière !). Il parait que cela devrait concerner peu de monde, mais on examinera avec intérêt l’évolution statistique des pacs et autres.

UNE « SELECTION » PAR TIRAGE AU SORT

Mais cela ne suffira pas dans certaines filières. Vient alors la cerise sur le gâteau : la légalisation de ce qui n’avait pas jusqu’ici de base juridique : le tirage au sort. « C’est le plus bête des systèmes » déclare Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur, celui-là même qui a préparé cet arrêté ! Et d’ajouter « Mais l’objectif est qu’il soit le moins utilisé possible ». Certes, mais utilisé quand même ! Ainsi, par refus idéologique d’une sélection en fonction des aptitudes du candidat, de sa capacité à suivre telle ou telle filière, on met en place une usine à gaz, difficile à gérer, avec des critères discutables, pour aboutir in fine, au nom d’une égalité mal comprise, à la pire des inégalités et des injustices, s’en remettre au hasard du tirage au sort. Certes, la discussion du texte a été repoussée, mais c’est reculer pour mieux sauter, puisqu’en pratique le tirage au sort existe déjà, alors qu’il reste illégal !

UN REFUS IDEOLOGIQUE DE LA SELECTION SUR LES APTITUDES !

Ce qui est certain, c’est que les meilleures universités du monde, à commencer par les grandes universités américaines et anglaises, ont une large autonomie et choisissent leurs étudiants sur des critères académiques : ceux qui ont les aptitudes à suivre telle ou telle filière. En France, ou bien l’accès est libre, et la sélection se fera par l’échec, frustrant pour les étudiants, ruineux pour le contribuable, ou bien l’accès est limité, faute de place, et on laisse le hasard choisir les heureux élus ! Cette absurdité française va de pair avec l’absence de concurrence et la pseudo-gratuité, alors que l’IREF a démontré comment autonomie et concurrence étaient les seules voies de l’excellence universitaire.

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Messages (2)

pourquoi pas ?

le 24 janvier, 14:44 par thomas

Pourquoi pas le tirage au sort, la devise de notre république comprenant le mot égalité, pourquoi tous les citoyens ne seraient ils pas egaux et donc le tirage au sort s'impose, mais j'irai plus loin, en medecine supprimons le sconcours du numerus clausus juste un tirage au sort, le classement de polytechnique idem !
et meme pour le sjeux olympiques tout le monde participe et hop tiurage au sort
Par lachete (car il n'y a pas d'autre mot) nos dirigeants n'osant pas mettre en place une selection digne d ece nom on engorge des universités de traine-savates sans avenir !
Notre systeme ne fonctionne plus, il laisse les etudiants sur le bas cote, mais ce n'est pas que de la faute des etudiants, allez voir une universite britannique, il y a un vrai tutorat par des professeurs (pas des etudiants) un suivi des eleves, ma fille a passé un master à warwick cela n'avait stricteme nt rien à voir avec nos facs francaises, là bas pas de debiles vendant des legumes bio, pas d egrevistes, on travaille, universite propre, pas d etags, remise de diplome donnat aux etudiants la fierte d'y avoir etudie, (et tous le sprofesseurs jouent le jeu ! ) chaque etudiant felicite personnellement par le chancelier de l'universite cela a une autre "gueule" qu'un diplome provisoire envoye (et parfois perdu) par la poste !
Bien entendu pour s'inscrire il y a une severe selection mais c'est la regle du jeu !)
Tout notre systeme est à remettre à plat le probleme aucun de nos politiques n'osera, on s'est couche en 1968 et depuis plus rien

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