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Les échecs (très) coûteux de la transition énergétique

Une consultation publique vient d’être organisée afin d’obtenir un avis sur la pertinence des différents axes de l’avant-projet de transition écologique. La protection de la biodiversité apparaît comme prioritaire, son respect étant la condition même de notre survie. Mais les conséquences sanitaires de l’activité humaine, liées à l’agriculture ou à l’industrie doivent faire l’objet de toutes les attentions.

En effet, le coût et les conséquences économiques prévisibles de chaque moyen retenu doivent être systématiquement comparés aux effets attendus. C’est ainsi que les incitations financières aux agriculteurs semblent s’imposer comme moyen prioritaire, afin de limiter l’emploi des produits phytosanitaires, les arrachages de haies, ou certaines méthodes de culture.

Enfin, la recherche doit être privilégiée afin de permettre d’optimiser aussi bien la production que la consommation- dans tous les domaines, dont celui bien entendu de l’énergie. L’avant-projet de la Stratégie nationale de transition écologique proposé repose en conséquence sur des constats, tout en mettant en lumière aussi des hypothèses ambitieuses de développement.

Dans ce contexte, les éoliennes représentent le symbole de cette transition. Pourtant, avec l’expérience on peut pointer les nombreuses failles de cette politique énergétique, elle-même de plus en plus dépendante de l’énergie éolienne.

Le péché originel : une production intermittente

Le vice originel des éoliennes, qui apparaît dans l’irrégularité de leur production, est responsable du triple échec de la politique énergétique européenne, sur le plan de la sécurité d’approvisionnement, de la maîtrise des coûts et de l’impact environnemental. Ce triple échec a été largement dénoncé par les principaux énergéticiens européens, tandis que ses conséquences économiques éveillaient l’attention de tous les observateurs : Cour des Comptes, Commissariat général à la stratégie et à la prospectives (CGSP), et même la Commission Européenne[1] .

L’obstination à dépenser plus encore dans des tentatives aléatoires de stockage, de restructurations ruineuses du réseau, ou dans l’introduction de « compteurs intelligents », avec l’espoir d’imposer à la consommation les intermittences de production, semble liée à la conviction que les énergies de demain seront hypothétiques. Le comble du paradoxe en est de devoir subventionner les énergies thermiques, dont le charbon[2] lui même, pour compenser cette irrégularité.

Il est dommage de feindre d’ignorer les réponses des technologies émergentes, telles, par exemple celles qui reposent sur la force de la houle, ou la fusion du thorium, qui laissent entrevoir un tout autre avenir. Le thorium, en effet, est la source d’une énergie quasiment inépuisable, sans risque de réactions en chaîne, qui permet en outre de brûler les déchets de nos centrales nucléaires conventionnelles ; son principal « défaut » étant justement de ne permettre aucune application militaire, car toutes les réactions s’interrompent dès qu’elles ne sont plus entretenues par un bombardement de neutrons.

La solution la plus prometteuse la plus prometteuse, les réacteurs à sels fondus, permet d’obtenir 200 fois plus d’énergie avec un kilo de thorium qu’avec un kilo d’uranium.

Ce thorium présente l’avantage d’être bien plus abondant que l’uranium. Et on le trouve en quantité suffisante pour fournir l’humanité en énergie pendant plusieurs milliers d’années. De plus, la Bretagne - en recèle d’importants gisements.

De son côté, la Chine, leader de cette technologie, - et bien décidée à en obtenir le brevet, a lancé un programme ambitieux de 25 ans.

Le premier ministre chinois, en effet, Li Keqiang vient de déclarer, le 5 mars dernier, sa décision d’accélérer sa course[3] et d’en raccourcir le délai à 10, et non plus 25 ans.

Il est navrant de constater ainsi que la recherche dans ce secteur d’avenir, qui constituait un pôle d’excellence français, a été abandonné depuis, non pour des raisons techniques, mais idéologiques !

A l’occasion de la visite d’Etat en France, du 25 au 28 mars, du Président chinois, Xi Jinping, des accords ont été conclus, notamment avec EDF, pour une coopération et un transfert de technologies, qui semblent s’attacher à développer là-bas des applications que l’on abandonne ici. Ainsi on permet à la Chine de maîtriser cette technologie qui sera apte à disqualifier nos compétences nucléaires, bien avant que l’on - ait découvert comment résoudre les problèmes liés à l’irrégularité de nos moulins à vent !

Dans ce contexte, en réponse aux inquiétudes liées au climat et à notre expérience de développement des énergies renouvelables d’un quart de siècle, la Commission européenne vient de recentrer la priorité sur les réductions de CO2. A l’évidence, cette préoccupation ne peut concerner les centrales françaises, dont 90% de la production est exempte de CO2.

Face à ces données, il apparaît déjà que des sommes disproportionnées ont été engagées dans le secteur de ces énergies renouvelables, comme dans les moyens possibles de prendre en compte leur intermittence ; le CGSP estimant à juste titre que la poursuite des objectifs à atteindre avait été confondue avec celle des moyens, dans la mesure où ceux-ci se sont révélés d’une totale inefficacité.

Chômage et compétitivité, les dommages collatéraux des énergies renouvelables

Les hypothèses en termes d’emplois et de compétitivité ont en conséquence été démenties.

De nombreuses études prévoyaient l’impact négatif du développement des énergies renouvelables sur l’emploi, sur le coût de l’énergie, ou sur la précarité des plus démunis, telles celles de l’Universidade Rey Juan Carlos, de Beacon Hill Institute, de Gordon Hughes, ou de l’Instituto Bruno Leoni.

L’étude de l’Universidade Rey Juan Carlos, par exemple, considère que chaque MW renouvelable, installé, détruit 5.28 emplois, tandis que celle de Beacon Hill Institute a relevé les erreurs économiques des études qui prétendaient le contraire.

En France, la Cour des Comptes a sévèrement stigmatisé le manque d’expertise de l’État en ces termes : « Alors qu’il engage la collectivité sur des sujets financièrement très lourds, l’État s’est insuffisamment organisé pour disposer des données de base indispensables à la conduite de la politique en faveur des énergies renouvelables ».

Ce qui n’empêche personne de lancer avec conviction des imprécations sur les mérites de la « croissance verte », les élus attendant de la sorte les retombées fiscales d’une manne qui coûte pourtant dix fois plus cher au contribuable/consommateur.

Mais, il y a plus grave : les 20.4 milliards d’euros de taxe EEG (taxe pour les énergies vertes, Ndlr) payés par les allemands, en 2013, pour le surcoût de leurs énergies renouvelables, donnent la mesure de la partie de poker engagée sur des technologies, dont on ignore pratiquement la viabilité de développement à envisager ; en exemples, les perspectives, peu encourageantes, de l’actuelle technologie de stockage et de réalisation des interconnexions nécessaires, qui jouent en la défaveur de ces énergies.

En France, la délibération du 9 octobre 2013 de la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) a relevé 3.018 milliards d’euros de charges dues aux énergies renouvelables en 2013...

La prévision de cette Commission dans la même tableau est de 3.722 Md€ pour 2014, que les ménages, même les plus modestes, devront acquitter en tant que consommateurs/contribuables. Cette prévision pour 2014 correspond donc à une augmentation des surcoûts de 23.3% en un an !

Au moment où tout se met en place pour accélérer ce développement, on peut déjà constater qu’à en juger seulement sur la progression actuelle, cela donnerait 4.589 Md€ en 2015, 5.658 Md€ en 2016 et 6.976 Md€ en 2017.

Bien que nous n’en soyons pas encore dans la situation critique allemande, - force est de constater que notre coût d’ici à 2017 s’en élèverait donc à 20,945 Md€ d’euros. Mais, faut-il le rappeler que la date de 2017, est justement celle d’une prévision d’économie de 50 milliards d’euros annoncée par le gouvernement !?

Pour toutes ces raisons, le texte intitulé : « Cadre d’action en matière de climat et d’énergie pour la période comprise entre 2020 et 2030 », publié le 24 janvier 2014 par la Commission européenne, qui recentre la priorité sur les réductions de CO2, n’est pourtant pas contraignant vis à vis des objectifs des Etats en matière de développement des énergies renouvelables ; cette évolution devant permettre de tenir compte de la spécificité de chaque Etat dans la poursuite de leurs objectifs communs, sachant que la réduction des émissions en est le but ultime, tandis que le maintien de la stabilité du réseau en est la condition indispensable.

Comment ne pas comprendre que la responsabilité de la France, dont la production d’électricité est exemplaire en terme- d’émissions de CO2, comme de sécurité et d’approvisionnement, serait de renforcer son rôle stabilisateur dans le réseau européen, afin de permettre éventuellement aux nations les plus polluantes de produire plus propre ?

Or, le développement français des énergies renouvelables incapable de réduire son taux de CO2, ou encore de contribuer à l’effort commun par la stabilité de sa production, compromet par ses coûts chacun des autres axes de l’avant-projet de la stratégie nationale. Et ce, en particulier pendant cette période où la France doit restreindre drastiquement ses dépenses !

Cette course utopique est-elle bien raisonnable !?

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Messages (7)

écrire avec des oeuillères.

le 2 mai 2014, 19:18 par FITTERER

Je préconise d'envoyer les enfants de l'auteur de cet article pour un stage de quelques mois dans
le secteur de FUKUSHIMA et de le contraindre d'aller les récupérer....

- Répondre -

certes

le 2 mai 2014, 23:17 par lemiere

mais après que vous ayez envoyé les vôtres travailler dans des mines de charbon...ah non, les vôtres vivraient dans un paradis écologiste avec une énergie gratuite et " non polluante", que c'est doux de critiquer...

reste que du point de vue globale eh oui vulgairement comptable l’énergie nucléaire, malgré fukushima, malgré tchernobyl fait peu de morts au kilowattheure produit.

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dire la vérité

le 3 mai 2014, 09:46 par jacky89

excellent article encore que sur l'usage du thorium... c'est loin d'être aussi simple, le thorium est un élément fertile et non fissile il faut donc le transformer en U233...
quant au "risque nucléaire" 3 accidents majeurs, 2 n'ont fait et ne feront aucune victime ! (Three Miles Island et Fukushima) quant à Tchernobyl à peine plus que le Costa Concordia (à ma connaissance les khmers verts n'ont pas exigé l'arrêt des bateaux mouches ?)
le charbon fait 15000 morts par an (hors mineurs)... l'arrêt des centrales allemandes et leur remplacement par des centrales au charbon fera des dizaines de milliers de morts en Europe ! (alors que Fukushima n'en fera aucun !) on interdit en France le gaz de schiste mais pour développer ces saletés de grands ventilateurs et ces stupides panneaux solaires aussi inefficaces que coûteux on va exploiter les terres rares infiniment plus polluants que le gaz de roches mères ! (dont entre autre une tonne de déchets radioactif par tonne de terres rares ! plus qu'une centrale nucléaire !)

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Les verts seront responsables des futures ruptures d'approvisionnement !

le 3 mai 2014, 15:44 par Astérix

Heureusement, nous avons des centrales nucléaires..! Merci à Valérie Giscard-d'Estaing. Il faut simplement trouver le moyen de détruire les déchets nucléaires et accélérer la recherche dans ce domaine.

A mon sens, les Allemands commettent une immense erreur en arrêtant cette source d'énergie.

Étonnant de la part d'un peuple pragmatique et efficace...???

Les "verts" sont des utopistes dérangés du cerveau. Point n'est besoin d'être "vert" pour trouver des solutions intelligentes par la recherche.

Une fois de plus l'on va dépenser des milliards dans les éoliennes qui ne pourront en aucun cas se substituer à l'énergie nucléaires et autres, mais l'on s'en apercevra après, comme d'habitude et l'on aura défiguré les paysages. Il n'y aura plus qu'à les démonter...

Il faudra mettre les "verts" à contribution gratuitement...!

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delirium cabonum et energicum

le 24 mai 2014, 20:38 par jipebe29

Les objectifs de la Commission européenne de réduire de 20% de nos émissions de CO2 est complètement absurde.
1) Le CO2 n'a aucun effet mesurable sur la TMAG (température moyenne annuelle globale),
2) le CO2 atmosphérique ne contient que 5% de CO2 anthropique
3) La durée de vie du CO2 est d'environ 5 ans
4) les projections des modèles numériques divergent de plus en plus des observations, la TMAG étant stable depuis 1997
5) MaisSupposons très très très hardiment que les thèses du GIEC soient exactes. L'UE prévoit de réduire de 20% nos émissions de CO2 pour 2020, afin de sauver la Planète (on se demande bien de quoi...). La part de CO2 anthropique mesurée dans l'atmosphère est faible : 5% de 390 ppm, soit 20 ppm. La fraction d'origine européenne est de 11%, soit 11% de 5%=0,55 %. La réduire de 20% la fera donc passer de 0,55% à 0,45% en 2020. Et cela conduirait à un impact (selon le GIEC) de 20%*11%*5%=0,1%, donc une limitation du réchauffement de 0,001 à 0,006° ;C. Non mesurable.
Source : "L'innocence carbone", de François Gervais, physicien spécialiste en thermodynamique et thermographie infrarouge, et "expert reviewer" du GIEC.
Dépenser des milliards d'euros et plumer les citoyens et les entreprises pour un si piètre résultat est complètement absurde, et tout ce délire mènera l'UE à sa ruine.

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