Institut de Recherches Économiques et Fiscales

IREF Europe - Institut de Recherches Économiques et Fiscales

Pour la liberté économique
et la concurrence fiscale


par ,

France-Allemagne : les différences économiques

Un tableau rigoureux et saisissant résume les 9 points sur lesquels se creuse l’écart entre la France et l’Allemagne. Tout le monde devrait le lire, et en conclure que la croissance, l’emploi et la compétitivité en Allemagne seraient à la portée des Français s’ils bénéficiaient du même cadre institutionnel et politique.

Ce n’est pas un hasard si l’Allemagne se porte (économiquement) nettement mieux que la France. Il existe de très importantes différences entre les deux pays, certaines réformes faites par l’Allemagne pourraient être même considérées comme étant « ultralibérales ». L’IREF qui vient de lancer un site en allemand fait le point dans un tableau sur plusieurs aspects de l’économie allemande qui contrastent fortement avec la situation française.

Il y a d’abord le nombre de fonctionnaires : 50 fonctionnaires pour 1.000 habitants en Allemagne contre 90/1.000 en France. Presque deux fois plus ! Le coût global de ces emplois publics par rapport au PIB est aussi 2 fois plus élevé en France qu’en Allemagne : les dépenses de rémunération publique représentaient 13 % du PIB chez nous : presque le double du chiffre allemand (7 % du PIB). En gros, l’Etat allemand dépense environ 135 Mds d’euros de moins par an que l’Etat français.

Ceux qui ont peur des réformes en France (syndicats, politiques, salariés…) devraient regarder de l’autre côté du Rhin. Oui, le marché du travail est flexible (on peut licencier et embaucher très facilement) et il n’y a pas de salaire minimum, ni de Code du travail. Les salariés allemands peuvent bénéficier d’une assurance santé privée (les caisses sont en concurrence) et ceux qui gagnent plus de 4 000 euros/mois disposent d’une assurance santé privée. Avant même d’avoir supprimé les avantages retraite des fonctionnaires en 2005, l’Allemagne a instauré (en 2001) une dose de capitalisation grâce à des incitations fiscales. Les salariés peuvent épargner jusqu’à 4 % de leur salaire brut dans un fond de pension. La part des retraites par capitalisation correspond aujourd’hui à presque 15 % du total des retraites.

Pour ce qui est des impôts et des charges, là aussi, des réformes importantes ont été faites ces dernières années. En Allemagne, il n’y a pas d’ISF et le taux d’impôt sur les sociétés ne cesse de baisser. De 30 % à la fin des années 1990, il est passé à 26 % et l’on s’oriente vers 15 % pour 2015-2016. En France, le taux d’imposition sur les sociétés est à 34 %.

Enfin, un bon exemple d’écart fiscal et réglementaire nous est donné par la fiche de paye. Plus de 20 lignes en France et environ 5 lignes en Allemagne (voir les deux fiches de paye en pdf). Quelques cotisations (taxe sur les salaires, solidarité, épargne retraite, église) contre une vingtaine en France. De l’autre côté du Rhin, on a compris que la flexibilité doit s’accompagner aussi d’une simplification de la fiscalité et des réglementations. D’où un taux de chômage deux fois moins élevé qu’en France (5.5 % contre 10.2 %).

France-Allemagne

FRANCE

ALLEMAGNE

Nombre de fonctionnaires

90/1 000 habitants

50/1 000 habitants

Coût des fonctionnaires

13 %/PIB

7 %/PIB

Assurance santé privée

NON (Sécurité sociale obligatoire)

OUI

Concurrence entre caisse d’assurance santé

NON

OUI

Retraite par capitalisation

NON

OUI

Salaire minimum

OUI

NON

Code du travail

OUI (+ 3 200 pages)

NON

Fiche de paye

+ 20 lignes

6 lignes

Taux de chômage

10.2 %

5.5 %

Partager cet article :

Autres lectures ...

Royaume-Uni et Allemagne : de plus en plus de personnes travaillent plus de 48 heures/semaine

Fonction publique : la tromperie des cotisations retraites


Retraites des fonctionnaires : 90 % payées par le contribuable

Fonction publique : Halte à l’enfumage !



Un message, un commentaire ?

Afficher le formulaire

Messages (2)

FRANCE-ALLEMAGNE les différences économiques

le 15 mars 2013, 16:31

Il manque pas mal de chose à votre bilan FRANCE-ALLEMAGNE, en effet

8 millions d’Allemand ne touche en salaire que 600 à 800 euros par mois, et actuellement est à l’étude la création d’un salaire minimum. Environ 30 % ne sont pas couvert par une assurance ni même par une cotisation retraite, alors lorsque l’on fait des comparaisons il faut tout dire, c’est la moindre des choses et exige de votre part un peu plus d’honneté intellectuelle.

# France-Allemagne, différences économiques

15 mars 2013, 23:13

Il est certain qu’en France, il y a de nombreuses choses à revoir, cela en raison notamment des politiques successives de destruction de la société tant sur le plan social qu’économique, et ce, essentiellement à cause de la trahison et de l’inaptitude des hommes politiques tant de droite que de gauche. Les nations européennes vont payer très très cher la déstructuration des sociétés au seul bénéfice des groupes internationaux qui sont en train de dépecer l’Europe avec la bénédiction des hommes politiques de tous bords. Mais cela serait un long discours.

En ce qui concerne l’Allemagne,(que par ailleurs je connais bien pour y avoir étudié puis enseigné pendant des années, et où je retourne encore plusieurs fois l’an), tout est loin d’être "rose" et si les Allemands sont moins enclins à se plaindre que les Français, il n’en reste pas moins qu’ils sont quand même assez nombreux à vivre dans des conditions difficiles et qu’un certain nombre envient même le côté rebelle des Français. Si, si !

Evidemment, eux ont aussi moins d’immigrés que nous et surtout moins d’ethnies différentes puisque les immigrés sont principalement turcs, ce qui, contrairement aux affirmations des journalistes français, ne va pas sans problèmes. On devrait bien parler du véritable coût de l’immigration tant sur le plan de la sécurité sociale que de la CAF que des allocations chômage que des aides diverses et variées accordées pour le logement, la nourriture, le financement des associations diverses et variées, etc...sans parler de la destruction en cours de la société française. Paris, par exemple n’est déjà plus français.

# Commentaire aus différences France Allemagne

17 mars 2013, 15:53

Je ne suis pas à l’origine de la comparaison et vous avez raison si vous dites qu’il faut voir tout, bien que la place ne le permet pas toujours.Il est juste que le salaire minimum est en discussion - à mon avis à juste titre (et les premiers _accords avec les syndicats ont été conclus !!). Par contre les salaire à 600/ 800 Euros ne correspondent pas à des temps complets. Le temps partiel est beaucoup plus important en Allemagne qu’en France.Tous le monde est assuré sauf pour maladie. Si vous dépassez le plafond, l’employeur vous verse l’équivalent de sa cotisation pour l’assurance maladie avec laquelle vous pouvez contracter une assurance privée...alors oui, tout dire (si l’on peut), mais lire surtout l’essentiel d’une comparaison et ne pas mettre de suite en cause l’honnêteté intellectuelle (facile quand on écrit en anonyme...)

Victor Brandts

- Répondre -

France Allemagne

le 19 mars 2013, 12:35

A propos de caisses de retraite en concurrence en Allemagne où en sont les deux directives européennes de 1994 concernant justement la mise en concurrence de la Sécu. en ce qui concerne la santé et les retraites ?

Directives semble-t-il jamais transcrites en droit français et qui doit nous coûter cher en amendes auprès de Bruxelles !!!

Jean DUFAY

- Répondre -

 css js

En continuant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation des cookies
F E R M E R

Newsletter hebdomadaire
Recevez gratuitement nos publications