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Le film « Goliath », une propagande anti-lobby et anti-pesticides

par François Turenne

Je suis allé, curieux, voir le dernier film de Frédéric Tellier, « Goliath ». Je me doutais qu’un film décrivant les activités de lobbyisme ne pouvait que le faire sur un mode caricatural. Je me doutais que la profession de lobbyiste, fantasmée et peu connue, serait dépeinte comme corrompue et sans morale. Je dois avouer que le film a dépassé toutes mes craintes. Il décrit des pratiques de lobbying qui n’existent pas. Je pense particulièrement à cette scène où Pierre Niney, lobbyiste au service de Phytosanis, assiste à un Conseil des ministres. La scène relève du burlesque : aucun lobbyiste n’est habilité à assister à un Conseil des ministres. Par ailleurs, tout le long du film, Pierre Niney distribue des éléments de langage à des sénateurs, ministres et scientifiques qu’ils doivent répéter sur tous les plateaux TV. Difficile de croire que les politiques sont de simples perroquets, agissant au service de grands groupes phytosanitaires. Le film dresse le tableau noir d’une profession pourtant majoritairement soucieuse de respecter les règles d’éthique et de toute façon encadrée par la loi Sapin II.

En outre, le réalisateur se sert de son film pour dresser une image très négative de l’industrie des produits sanitaires, laquelle ne chercherait qu’à s’enrichir en empoisonnant les hommes et les plantes. Le film prend à cet effet une tournure politique et militante contre l’agriculture « intensive et productiviste ». On pourrait croire que Greenpeace a tenu la plume du scénariste.

Enfin, pour justifier son parti pris, le réalisateur a expliqué ne pas avoir trouvé de lobbyiste pour témoigner. Il est certain qu’il n’a pas essayé car il existe de nombreuses associations de lobbyistes comme l’AFCL (Association française des conseillers en lobbying et affaires publiques) qui aurait pu témoigner sans difficultés. Le comble est sans doute que Frédéric Tellier se considère comme un lanceur d’alerte animé des meilleures intentions du monde alors qu’il ne fait que véhiculer une suite de clichés complotistes très éloignés de la réalité.

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1 commenter

Serge CIBOXER 9 avril 2022 - 5:33

Je n’ai pas vu le film, mais à vous lire, le lobbying serait quasi « d’intérêt public » !!! Et vous en rajoutez dans le même sens !!! Hum !

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