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C’est grâce au capitalisme que la philanthropie a pris son essor

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Dans un récent article de La Croix, l’écrivain Yannick Haenel (prix Interallié 2009, prix Médicis 2017 entre autres) s’insurge contre ce qu’il appelle le « capitalisme intégral », qu’il décrit comme une sorte de dictature du matérialisme pur excluant toute dimension morale ou spirituelle de l’existence humaine. Son dernier roman, Le Trésorier-payeur (2022), met en scène un banquier anarchiste et libertaire (sic) mu par « le don inconditionnel, la charité sans réticence », qui décide de vider les coffres de sa propre banque au moyen d’un tunnel reliant celle-ci à sa maison. Non pas pour en user à titre personnel mais pour en faire don aux autres.

Yannick Haenel oppose fondamentalement le don et le capitalisme. Ce faisant, il oublie ou ignore que le capitalisme n’a jamais empêché le don, bien au contraire ! C’est en effet dans les pays capitalistes comme les États-Unis que la charité ou la philanthropie est la plus développée. Mentionnons, pour prendre un exemple historique, le chèque d’un million de dollars que l’homme d’affaires et philanthrope américain John Rockefeller Jr. (1874-1960) a fait pour permettre la restauration de plusieurs hauts lieux du patrimoine culturel français (châteaux de Versailles et de Fontainebleau, cathédrale de Reims). C’est l’amour de l’art et de l’architecture en France qui a guidé son choix, non un quelconque calcul rationnel. Plus récemment, selon le dernier classement du magazine Forbes, les 25 plus gros donateurs des États-Unis (Warren Buffett, Bill Gates, Sergey Brin…) ont fait don de 196 milliards de dollars au cours de leur vie ! En outre, le secteur « non lucratif » (fondations, philanthropie…) occupe une large place dans la société américaine. 90 % des Américains donnaient déjà en 2013 de leur temps et/ou de leur argent à une activité de charité. En 2017, ce secteur représentait 8,5 % de l’économie américaine (4,2 % en France). La charité, rappelons-le, ne peut avoir lieu que dans une société d’abondance, non de pénurie. Ce sont les capitalistes et les entrepreneurs qui créent des richesses, sans lesquelles le don est par définition impossible.

Yannick Haenel a reçu, nous le disions, le prix Interallié 2009 et le prix Médicis 2017. Étant donné que charité bien ordonnée commence par soi-même, on peut regretter que l’auteur ne nous dise pas à qui il a fait don des dotations qu’il a alors reçues.

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2 commentaires

Laurent46 2 février 2023 - 5:37

Moi je compterais avant tout sur la République dont les fondement même ont été faits pour museler et anéantir le peuple par la destruction de tout ce qui n’est pas dans leur philosophie gauchiste et extrémiste et qui ouvre largement les portes à leurs semblables venus du monde entier.

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GHUS 2 février 2023 - 2:12

Bernard Arnault a signé une convention de mécénat portant sur 200 millions d’euros pour la restauration de Notre-Dame. François Pinault quant à lui a signé une promesse de dons de 100 millions d’euros. Mais cela n’empêche pas un Jean-Luc Mélanchon de vouloir les voir disparaître car ces milliardaires sont la pire des offenses pour la France et l’écologiste Marine Tondelier de revendiquer une France sans milliardaires, sous les applaudissements de qques aigris. Pauvre France !

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