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Bruno Le Maire, ni les lois, ni les réglementations, ni les taxes ne protègent contre les mauvaises politiques monétaires

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Heureusement que notre ministre de l’Economie est quelqu’un d’extrêmement compétent. Après la faillite de la banque américaine Silicon Valley Bank (et de deux autres banques plus petites), il a déclaré, sûr de lui : « Je ne vois pas de risque de contagion, il n’y a pas d’alerte spécifique sur le secteur bancaire français », tout en ajoutant que « le lien avec les autres banques n’est pas évident, le système bancaire français est solide ». Moins de 48 heures après ces déclarations, plusieurs banques françaises dévissaient sur le marché boursier : BNP (-12 %), Société Générale (-11 %). Ce que ne comprend pas Bruno Le Maire (pas plus que d’autres politiques, français ou étrangers), c’est que personne n’est à l’abri des mauvaises politiques monétaires. Aucune loi, aucune réglementation ou taxation ne peut protéger le système financier ou l’économie de mauvais choix politiques capables de transformer même les actifs les plus sûrs en une bombe à retardement. La Silicon Valley Bank ne détenait pas d’actifs toxiques, de produits de dette structurés ou d’autres produits qui ont causé tant de dégâts financiers lors de la crise de 2008. Loin de là. La SVB détenait en très grande quantité des bons du Trésor américain et des titres liés à des créances hypothécaires très bien notés. La mauvaise gestion et la surveillance défaillante de la banque ont joué un rôle certain dans sa faillite. Mais la principale cause vient des responsables politiques et des institutions de régulation qui étaient censés avoir réparé le système financier après 2008. Ceux-là mêmes qui ont fait des obligations souveraines telles que les bons du Trésor et les titres hypothécaires de Fannie Mae et Freddie Mac, des produits de « confiance » pour les banques.

Enfin, ironie de la situation, le démocrate Barney Frank, ancien membre du Congrès et co-auteur de la fameuse loi Dodd-Franck qui devait assurer la sécurité du système bancaire, n’a pas pu empêcher sa propre banque basée à New York – Signature Bank – de faire aussi faillite. Il faisait partie de son conseil d’administration depuis 2015 et touchait une rémunération en espèces de 121 750 $ ainsi que des actions d’une valeur de 180 182 $ (pour 2022) !

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6 commentaires

Laurent46 16 mars 2023 - 5:28

A force de faire venir des Ivoiriens, même les chefs sont devenus aveugles, bien que Le Maire à toujours eu quelques problèmes de vision. Hélas il n’est pas le seul dans cette grande famille politique devenue mafieuse et surtout peut faire ce qui lui plaît sans aucune responsabilité et sans comptes à rendre. Ce serait bien d’imputer la Dette sur leurs grosses rentes Républicaines a venir.

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Astérix 16 mars 2023 - 11:54

Merci LAURENT46

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CORNU 16 mars 2023 - 8:18

Bruno Lemaire, comme d’habitude, très sûr de lui, fait des annonces farfelues. Au même titre que réduire la dépense publique à 54 % du PIB pour le budget 2024. C’est de l’enfumage pur et simple.

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JR 17 mars 2023 - 9:50

C’est clair !

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GHUS 16 mars 2023 - 9:01

La hausse des taux d’intérêt décidée par les autorités monétaires pour lutter contre l’inflation se traduit de facto par une baisse du cours des obligations, ce qui contraint les banques qui détiennent ces obligations à comptabiliser des provisions pour pertes latentes – tant qu’elles ne sont pas vendues. Si de surcroît les achats de ces obligations – qui sont des placements à long terme – sont financés par des ressources à court terme – dépôts, comptes courants et livrets – et que les détenteurs de ces avoirs décident de les retirer parce qu’ils ne font plus confiance dans leurs institutions bancaires, les banques n’ont pas d’autre moyen pour se procurer des liquidités que vendre leurs portefeuilles obligataires et comptabiliser de vrais pertes. Le cercle vicieux est alors enclenché. Et pour peu que ces banques aient fait des emprunts auprès d’autres banques, emprunts qu’elles ont alors du mal à rembourser, c’est tout le système bancaire qui est contaminé. Se refinancer auprès des banques centrales reste la seule échappatoire, en espérant que ce dispositif permette de restaurer la confiance des clients des banques concernées.

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Astérix 16 mars 2023 - 2:55

Oui GHUS, avec des milliards (planche à billets, QE) qui sont en fait des dettes supplémentaires jusqu’à l’effondrement final…!?

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