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Blanquer reprend du service à l’université : reconversion ou parachutage ?

par Benoît Chrétien

Plus de dix jours après le premier tour des élections législatives où il a été battu, Jean-Michel Blanquer doit penser à sa vie post ministérielle. Alors que l’ancien ministre a postulé pour un poste d’enseignant à l’Université Panthéon-Assas, Médiapart a publié un article pour le moins suspicieux la veille de l’examen de sa candidature.

Edwy Plenel et ses amis s’offusquent principalement du fait que l’université s’apprêterait à lui créer un poste sur-mesure et qu’un soutien extérieur lui aurait permis de solliciter plus facilement cette institution. Les réactions ne se sont pas fait attendre sur Twitter ou ailleurs. Syndicats d’enseignants et d’étudiants, militants et représentants de gauche, tous y sont allés de leur déclaration la plus enflammée pour vilipender leur ancien ennemi juré.

Ces nouveaux juges de la pensée et de la morale se sont précipités tête baissée pour hurler au scandale sans même avoir pris le temps de considérer la situation avec un peu de hauteur. En effet, agrégé de droit public et titulaire d’un doctorat de l’Université Panthéon-Assas, Blanquer y a également enseigné, ainsi qu’à l’université de Tours, à l’Institut d’études politiques de Lille, à l’Université Paris III…. À la suite de sa défaite électorale, sa candidature n’a rien d’absurde et elle est même tout à fait cohérente puisqu’ayant terminé sa mission ministérielle, il est en mesure d’être pleinement réintégré dans des fonctions d’enseignement.

Du fait de la très haute fonction qu’il a occupée à la tête d’un ministère, il paraît évident que le nouveau poste ne sera pas soumis à la procédure habituelle (souvent formelle) de mise en concurrence avec d’autres candidats. Pour autant, son dossier est étudié par une commission d’enseignants et l’idée d’un parachutage pur et simple est malhonnête. Le comble de cette pseudo-affaire réside dans le fait qu’en tant que membre disponible du corps des agrégés, l’ancien ministre pourrait très bien se contenter de toucher son traitement dès septembre sans travailler.

On ne peut donc que saluer l’effort de Blanquer qui n’a pas opté pour le pantouflage dont bénéficient souvent les anciens hauts-fonctionnaires et les politiques défaits électoralement.

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4 commentaires

Broussard Christian 24 juin 2022 - 7:01

Très bien !

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Obeguyx 24 juin 2022 - 10:48

Il y a plein d’endroits où pantoufler. Chacun choisit plus ou moins le sien et n’a pas besoin de traverser la rue.

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REMI 24 juin 2022 - 11:53

• Honneur à ce héros, ministre viré par Jupiter,
• Gloire à ce candidat aux législatives battu au premier tour,
• Respect pour ce parachuté qui prend tous les risques pour un atterrissage sur mesure doré…
Avec Macron, : PERDRE c’est GAGNER….

Je voudrai devenir ministre ….S.V.P

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JR 26 juin 2022 - 10:07

Bonjour, M. Blanquer a accepté de servir un gouvernement parodique, qui n’a eu d’autres soucis que d’inventer les 80 km/h, les taxes Carbone, les malus à 50 000 €, les malus aux poids et la CSG sur les retraites. C’était un grand homme respectable, il s’est dévalorisé en associant son nom à la Macronie, c’est à dire, au déclin de France, au déclassement des français, à la déconstruction et à la gigantesque supercherie climatique qui va rayer la France de l’économie mondiale.
Cependant, sur cette affaire, M. Blanquer n’a rien à se reprocher, il aura de nouveau l’esprit critique face à Jupiter le décliniste à 80 km/h, malus à 50 000 € et fin du moteur thermique. Souhaitons qu’il rejoigne l’opposition, par le passé il était plutôt brilliant, avant de rejoindre la déconstruction en Marche (à 80 km/h). Merci. Bien à vous

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