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Autonomie de la Corse : est-ce l’heure des économies ?

par Adélaïde Motte

Dans le sud de la France, les feux de forêt ont cette particularité qu’ils prennent trop vite pour que l’on ait le temps de réagir. Les événements y obéissent apparemment à la même règle. Au début du mois, dans la maison centrale d’Arles (Bouches-du-Rhône), Yvan Colonna, indépendantiste corse, a été agressé par un codétenu djihadiste. Ce qui a provoqué des émeutes en Corse face auxquelles, peu avant sa venue dans la région, Gérald Darmanin a annoncé que toutes les solutions pour résoudre cette situation étaient envisagées, “jusqu’à l’autonomie”. Une solution extrême, dont les modalités n’ont pas été détaillées par le ministre de l’Intérieur.

Que la Corse soit autonome, pourquoi pas. On pourrait même espérer une liberté plus importante pour toutes les régions de France, ce qui permettrait d’adapter plus efficacement les politiques publiques aux réalités du terrain. En revanche, il serait alors logique que les Corses renoncent à un certain nombre de financements parfois exceptionnels, comme le plan exceptionnel d’investissement (PEI), outil spécifiquement conçu pour le développement économique de la Corse, doté de près de deux milliards d’euros en 2022. Les projets qu’il soutient sont financés à 64% par les contribuables français. On pourrait ajouter que la Corse comptait en 2019 40% “d’anomalies” concernant l’attribution des aides européennes agricoles, contre 10% sur l’ensemble du territoire français.

En général, avant d’obtenir une certaine autonomie, on prouve qu’on en est digne, et les résultats de la Corse sur ce point laissent à désirer. Léo Battesti, ancien dirigeant du Front de libération nationale corse, reconnaissait que sa collectivité n’était pas en mesure de “s’autoréguler”, et que les Corses étaient trop désorganisés pour assurer les fonctions régaliennes nécessaires. Il faut dire que la Corse est gangrenée par la mafia, et que l’Etat n’a pas réussi à la démanteler. L’autonomie de la Corse pourrait permettre à la France et à l’Europe d’économiser l’argent des contribuables. Reste à savoir si c’est bien cela que les indépendantistes ont en tête.

 

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3 commentaires

Obeguyx 17 mars 2022 - 8:34

Ce qui me plait chez les Corses c’est leur force de persuasion, vous savez celle qu’on a perdu, nous les continentaux. Que leur demande d’indépendance soit une idée d’imbéciles, cela ne fait aucun doute. Mais face à des crétins qui ne comprennent rien à rien depuis plus de 40 ans, que faire ? Je croyais qu’on avait coupé la tête à Louis XVI (bien qu’il fut un des meilleurs monarques que la France ait jamais eu), alors pourquoi tous ces nouveaux petits roitelets qui nous bouffent la laine sur le dos ?

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Rémi 17 mars 2022 - 9:24

En interne la CORSE dispose d’autonomismes, d’indépendantistes, de souverainistes qui se sentent colonisés par les Français continentaux et de quelques Français attachés à la France dont ils se sentent citoyens….
Alors la Corse est-elle une « Nation » dans ce contexte ?
De plus, quelles sont les véritables ressources de la Corse, en dehors du tourisme sur un période de 4 mois… et des subventions de la FRANCE métropolitaine et continentale nourricière qui permet de maintenir des services administratifs et un pouvoir d’achat….
La démocratie dans cette cacophonie et ces télescopages exige un référendum, claire posant la seule question aux autochtones Corses (les résidents) de donner aux Corses :
• QUEL STATUT POUR LA CORSE ?
Mais la France politique actuelle est là, comme ailleurs, lâche et donc faible …. Elle va donc ouvrir la porte à un nouveau désordre qui ne contentera personne….
Ainsi est « gérée » la France qui manque de hauteur la consacrant dans ses faiblesses électoralistes…. (Ne sommes-nous pas à 25 jours du premier tour des élections présidentielles… ?
CQ.F.D.

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Verdun 17 mars 2022 - 9:33

Libération titrait jadis les forces et faiblesses du dossier Colonna .. !

Sur cette base, une autre lecture des événements contemporains pourrait être faite.

20 ans plus tard, cette autre aberration administrative – dont on ne s’étonne même plus – remet opportunément dans un débat d’un certain public – à la marge des préoccupations des français dont les corses- le sujet de l’autonomie de ce territoire.

Prendre l’exemple de la France est tout de même culotté. Il me semble que la France est au moins autant en déficit, qu’elle n’est pas mieux gérée que la Corse et qu’elle ne devrait pas lui donner ce genre de leçon avec ce bilan et autant de suffisance.

Elle ne gère pas son économie et est incapable de créer des emplois pour ses 12% de chômeurs/touristes ou de conserver ses fleurons ou ses avantages comparatifs, ses secteurs primaires, secondaire, tertiaire et régalien sont à la dérives, elle ne maîtrise pas ses dépenses publiques avec 350%/pib d’endettement, est incapable d’administrer sa propre administration malgré des effectifs pléthoriques et de maîtriser les fraudes, n’est plus capable de produire son énergie ou d’assurer sa propre défense, n’est pas même capable de gérer ses frontières et d’estimer sa population à 10% près, etc…

Avant de prétendre gérer un continent voire de se présenter comme un modèle pour 7 milliards d’individus, l’administration française devrait prouver qu’elle sait gérer son territoire national, ses quelques dizaines de millions de ressortissants et ses territoires d’outre mer !

En définitive c’est vrai que les métropolitains conduit par leurs élus reluisant ont assez de leur devant de porte à balayer, de leurs mafias à gérer et de la mafia et de la misère du monde entier pour laisser la Corse s’administrer consciencieusement.

Bien à vous

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