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L’écologie grande cause du quinquennat : Emmanuel Macron pouvait-il faire plus mauvais choix ?

par Adélaïde Motte
Elu président de la République dimanche 24 avril, Emmanuel Macron avait annoncé en amont que son Premier ministre serait « directement chargé de la planification écologique ». Une belle façon de confirmer que la France ne sera pas au centre de ses préoccupations et qu’elle risque de sortir affaiblie de son second mandat.

Le ministère de l’Ecologie était déjà flanqué du ministère du Logement et du ministère des Transports, sans que personne ait semblé se demander si le premier objet de ces deux ministères était réellement d’ordre écologique. Emmanuel Macron veut en sus offrir à l’idéologie du XXIe siècle deux ministres supplémentaires, l’un chargé de la « planification écologique territoriale », l’autre de la « planification énergétique ». Passons sur le terme commun de ces trois ministères, Jean-Luc Mélenchon, auquel Macron emprunte son idée, doit se frotter les mains.

L’urgence écologique, ce mort difficile à tuer

La planification écologique macronienne est née à Marseille, par une belle journée d’avril, pendant le débat d’entre-deux tours qu’Emmanuel Macron tenait sur les terres de Jean-Luc Mélenchon. Il s’y est félicité d’avoir bloqué plusieurs projets, Notre-Dame-des-Landes (pourtant approuvé par référendum), Europacity, la Montagne d’Or de Guyane et le terminal 4 de Roissy, projets qui allaient à l’encontre de l’écologie. Bel exemple d’une écologie refusant toute espèce de progrès, quels que puissent en être les retours sur le niveau de vie des Français. Faudrait-il remercier Emmanuel Macron d’avoir donné des ailes aux militants friands d’interdictions et de sabotages ? Alors que la France est parmi les pays les moins émetteurs de CO2, indicateur reconnu, quoique contestable, pour évaluer la pollution « climat » émise par un pays, les écologistes continuent à lui imposer de nombreuses réglementations qui empêchent les entreprises d’innover pour, justement, adapter les modes de vie aux changements climatiques. Ainsi, entre 2021 et 2022, la France a émis 430 kg/hab de CO2 en un an, contre, par exemple, 968 pour l’Espagne, 1 013 pour la Belgique, 1 478 pour le Royaume-Uni, 2 350 pour l’Allemagne. Le mythe vient du film ironiquement intitulé Une vérité qui dérange, produit par Al Gore en 2007 et qui lui valut le prix Nobel de la paix, conjointement avec le GIEC. On y voyait deux courbes en « crosses de hockey » qui permettaient de lier la hausse des températures aux émissions de CO2. Cependant, les hausses de température n’étant mesurées précisément que depuis peu, leur courbe devait être revue. Elle l’a été, grâce à l’examen de carottes glaciaires et d’anneaux de croissance dans les troncs d’arbres. On a alors compris que les températures subissaient déjà des variations importantes bien avant que l’homme se mette à émettre du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. La correction de la courbe d’Al Gore détruit la pertinence de sa démonstration et prouve qu’il n’est guère possible de lier les émissions de dioxyde de carbone et le réchauffement de la planète. Un fait assez peu repris, il faut le constater. On observe certes des changements climatiques, mais leurs causes sont encore difficiles à cerner avec exactitude. Il n’est donc pas pertinent d’interdire certains modes de vie dont on a pas démontré le danger « pour la planète ». C’est pourtant précisément ce que faisait la loi Climat, qui risque, avec le nouveau mandat d’Emmanuel Macron, d’être suivie d’autres projets.

La planification communiste à la rescousse de l’écologie

La planification écologique est un concept emprunté à Jean-Luc Mélenchon. Ce terme est en effet apprécié par sa famille politique. Le ministre d’Emmanuel Macron qui en serait chargé devrait, d’ici 2030, faire baisser les émissions françaises de CO2 de 40% par rapport à 1990. A la fin du XXe siècle, elles avaient commencé à diminuer, moins 20% en trente ans. Emmanuel Macron voudrait donc réaliser la même performance en seulement huit ans, soit une baisse de 2,5% par an. Un objectif ambitieux, pour ne pas dire téméraire, quand on sait que ces fameuses émissions ont été réduites de 6% sur l’ensemble de la planète l’année du confinement. Les faire baisser de 2,5% par an aurait donc des conséquences importantes sur notre niveau de vie, sans forcément en avoir sur le sacro-saint climat qui ne souffre peut-être pas plus des émissions de dioxyde de carbone que de nos comportements dans la vie quotidienne. En tout cas, jusqu’ici, rien ne le prouve. Qu’à cela ne tienne, les écologistes sont sur la ligne de départ, avec un large choix de normes contraignantes car, Emmanuel Macron l’a dit, « les patrons n’auront pas d’autre choix que d’être éco-responsables ».

Le ministre chargé de la planification écologique sera donc accompagné du ministre de la « planification énergétique », qui permettra à la France de sortir du pétrole, du gaz et du charbon. On s’attend à de nouvelles sanctions financières et réglementaires sur les voitures à essence et leur carburant, à l’interdiction aggravée des chaudières au fioul, que suivra peut-être l’interdiction du chauffage au gaz. En revanche, ce ministère risque de ne pas faire grand-chose pour l’autorisation de la recherche sur le gaz de schiste, interdite en 2017, pendant que les Américains faisaient d’importants progrès dans ce domaine. Certes, Emmanuel Macron prévoit de redonner à la France une puissance nucléaire plus importante, mais il a également l’intention d’investir dans les renouvelables, comme si ces énergies n’avaient pas assez prouvé leur inefficacité. Le deuxième ministre associé à la planification écologique sera le ministre de la « planification écologique territoriale ». Il sera chargé des modes de transports, de l’investissement dans le fluvial et le fret ferroviaire, de l’accélération de la rénovation des logements et de la qualité de l’eau, de l’air et de l’alimentation. Les qualités de l’eau et de l’air relèvent pourtant plutôt des collectivités territoriales, qui connaissent leur géographie, les entreprises sur leur sol et leurs conséquences. Pour le reste, il ne s’agit que d’une nouvelle façon pour l’Etat de s’immiscer dans des domaines où il n’a que faire.

Alors que les Français aspirent à un pays plus sûr, où ils puissent jouir du fruit de leur travail, Emmanuel Macron leur offre un Etat despotique où celui qui n’est pas écolo sera peut-être bientôt un sous-citoyen. Voilà qui ne devrait pas inciter les Français à se rallier au drapeau vert de l’écologie. Pour cela, mieux vaudrait faire confiance aux entrepreneurs qui ne demandent qu’à innover pour respecter et protéger la Terre qui leur offre ses richesses.

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