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Flux migratoires ou le syndrome de la gauche libanaise

par Olivier Barrat
La gauche française démocrate et progressiste aurait tout intérêt à méditer l’exemple tragique de la gauche libanaise, avant que de persister dans sa stratégie douteuse d’union façon NUPES, imposée par une « France insoumise » devenue l’otage de ses compromissions avec les militants islamistes et autres apprentis fédayins.

Au début des années 1970 le Liban est un pays prospère, surnommé « la Suisse du Moyen-Orient ». Sa géographie en fait, depuis l’Antiquité, un important carrefour commercial. Il y règne alors une véritable douceur de vivre et, sur le plan politique, des équilibres complexes ont été construits permettant de préserver une démocratie fragile regroupant une grande diversité de communautés et de religions. Mais, en raison du conflit israélo-palestinien, cette nation va connaître une véritable submersion migratoire. Par solidarité et sous la pression internationale, le gouvernement libanais accepte en effet l’arrivée massive de populations déplacées. Les camps de réfugiés de l’OLP s’installent, avec leurs milices de fédayins qui rapidement se comportent en armée d’occupation dans les endroits qu’ils contrôlent. Le conflit devient inévitable entre les forces militaires libanaises et les groupes combattants étrangers vivant sur le territoire, comme il l’avait été quelques années auparavant en Jordanie, où les troupes royales avaient dû écraser dans le sang les bases palestiniennes pour chasser l’OLP et sauver leur Etat. Face à cette situation, la gauche libanaise se trouve confrontée à un dilemme. Elle doit soit s’unir aux partis chrétiens conservateurs afin de défendre la souveraineté de la nation, soit s’allier aux organisations palestiniennes contre le régime en place, au nom de la solidarité internationale et de ses espérances révolutionnaires.

La grande majorité de la gauche libanaise va choisir son idéologie plutôt que l’unité de son propre peuple. Rangée au côté des fédayins, elle s’engage dans une guerre civile sanglante, persuadée qu’elle obtiendra ainsi le pouvoir et qu’elle pourra imposer à l’ensemble de la population libanaise ses idéaux tiers-mondistes. Le bilan ne sera cependant pas celui-là. Des décennies plus tard, la gauche libanaise est quasiment anéantie, écrasée par ses alliés islamistes les plus rétrogrades. Le pays se trouve en ruine, soumis à la pression constante du Hezbollah chiite et des pratiques violentes par lesquelles il impose ses conceptions archaïques de la société, notamment son antiféminisme extrême. Le rêve d’émancipation de la gauche libanaise a tourné au cauchemar. L’économie s’effondre. La misère se répand partout. Les couches sociales défavorisées souffrent plus que jamais.

La France n’est pas le Liban. Les migrants qui forcent nos frontières ne sont pas des Palestiniens en armes bâtissant sur notre sol des camps militaires. Cependant, le syndrome de la gauche libanaise consistant à jouer avec les présences migratoires pour déstabiliser sa propre nation et s’emparer du pouvoir existe dans notre pays. Il suffit pour s’en convaincre de rappeler les prises de position de l’organisation Terra Nova, fixant comme plan pour la gauche d’abandonner ses combats ouvriers traditionnels pour s’orienter vers la défense des minorités. Certains mouvements politiques croient en une alliance entre les luttes sociales et les revendications islamistes. Ils pensent possible d’instrumentaliser les populations immigrées pour profiter de leur force électorale. Ils se trompent. Ils capitulent d’ailleurs déjà sur toutes leurs valeurs pour complaire à leurs alliés de l’islam radical, à la manière d’un monsieur Piolle à Grenoble ou d’un monsieur Troussel en Seine-Saint-Denis. La gauche française démocrate et progressiste aurait tout intérêt à méditer l’exemple tragique de la gauche libanaise, avant que de persister dans sa stratégie douteuse d’union façon NUPES, imposée par une « France insoumise » devenue l’otage de ses compromissions avec les militants islamistes et autres apprentis fédayins.

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