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Solder les comptes de la crise COVID : la France endettée et sans réelle vision

jeudi 15 avril 2021, par Gabriel Collardey

La pandémie laissera des traces ! A vrai dire, son impact est très disparate selon les pays, eu égard, notamment, à la solidité de leurs dépenses publiques respectives. Au sortir de la crise de 2008, nombre de pays étaient endettés mais beaucoup ont engagé des réformes pour y remédier. La France a attaqué la crise sanitaire avec des finances publiques dégradées, une dette qui atteignait 98,5% du PIB, et donc une marge de manœuvre bien plus réduite que bien des membres de l’OCDE.

La dette publique, des exemples de bonne gestion même en temps de crise

Les données ci-dessus montrent une nette aggravation de l’endettement dans la plupart des pays mais pas au même degré de gravité. La Suisse prend 20 points de plus mais reste en-deçà de nombre de pays de l’OCDE. L’Allemagne a déployé un plan de relance de presque 300 Mds d’euros au sortir du printemps 2020 et voit son endettement augmenter de 11 points, sans que ses finances publiques en soient pour autant dégradées. La situation de la France surprend : notre dette publique est en hausse de presque 20 points alors qu’un plan de relance de 100 Mds est prévu sur 2 ans, à partir de 2021. On s’interroge : comment expliquer ces 20 points de dette supplémentaires ?

On trouve une partie de la réponse dans le recours massif à des mesures sociales, abattement fiscaux, distribution de bons alimentaires, hausse du nombre d’allocataire au RSA (de 7.5%) et fonds de solidarité. En revanche, les investissements ont été très faibles pour financer des infrastructures, baisser les impôts ou encourager des projets innovants, comme l’ont fait les Américains ou les Allemands.

Malgré la crise, la plupart des pays ont, eux, fait un usage raisonné des dépenses publiques et ont tenté de limiter les pertes de revenus. Il faut aussi noter que la France a pratiqué un confinement très strict, à l’opposé du Danemark (semi-confinement), de la Suède (pas de confinement) ou de la Corée (pas de confinement mais contrôle social rigoureux).

Disparités dans la reprise économique

Il faut mettre les chiffres de ce tableau en perspective avec la moyenne des taux de croissance au sein de l’OCDE, qui se situe à - 5,48. Par rapport à cette moyenne, deux pays sortent du lot, la France et le Royaume-Uni, auxquels il faudrait ajouter l’Italie et l’Espagne qui ne figurent pas sur ce graphique mais ont aussi été très fortement impactées. La Corée du Sud se distingue par des performances inverses ; elle a su gérer la crise sans détruire son économie, au travers d’une vraie politique de suivi faisant appel à la responsabilité et à la discipline de ses habitants, habitués aux épidémies, habitués à porter des maques. Elle n’a connu jusqu’ici que 1 737 décès au total, pour une population de plus de 50 millions. Le gouvernement a appliqué une grande transparence, et même le tracking des malades n’a pas contrevenu au respect de la vie privée. La France, avec trois confinements, affiche un nombre de décès près de 50 fois plus important…

En France, l’activité économique s’est effondrée de 13,8% au deuxième trimestre 2020, selon l’INSEE. La reprise a été stoppée rapidement en raison notamment, du manque de confiance dans les actions du gouvernement, qui a toujours donné l’impression de patiner sans trouver de cap précis. Les prêts garantis par l’Etat et le chômage partiel ont maintenu l’activité économique dans une forme de stagnation. Puis, la résurgence de l’épidémie dès mi-septembre a anéanti l’espoir d’une reprise rapide.

Il faudra payer la facture d’une politique centrée sur la santé plus que sur l’économie

La modélisation réalisée par l’institut économique Molinari apporte de l’eau au moulin de ceux qui pensent que le confinement n’a que modestement réduit la mortalité mais a été dévastateur pour l’emploi et l’économie. Nombre de commentateurs, sur les plateaux de télévision, se sont réjouis que le sanitaire ait pris le pas sur l’économie, mais il faudra bien payer la facture. Rappelons que le taux de mortalité du COVID en 2020 est inférieur à 1%. Au regard des conséquences, taux de chômage en hausse, appauvrissement de la population, endettement massif et arrêt des réformes, cela n’apparaît-il pas comme un trop grand sacrifice ?

A l’exception du Royaume-Uni, ce sont les démocraties le plus libérales qui ont imposé les plus faibles restrictions et qui aujourd’hui voient leur croissance repartir à la hausse. Surtout, dans une approche plus économique de la crise et pour maintenir la croissance économique, la Suède et les Etats-Unis ont investi massivement sur la campagne de vaccination. Alors que la France peine à faire de même et que les perspectives de croissance pour 2021 s’amenuisent. Le cabinet Euler Hermes a estimé le coût du retard pris dans la campagne de vaccination à 21 Mds d’euros.

Cette crise laissera des traces quant à la manière dont nous apprécions nos gouvernants, et il est probable que la macronie en subira les effets lors des élections départementales et régionales. Ces échéances électorales seront l’occasion d’observer les dynamiques politiques en cours alors que la présidentielle se rapproche. Surtout, une déconvenue importante pourrait affaiblir Emmanuel Macron, lequel voit la droite se mettre en ordre de bataille, avec une primaire en préparation, et le RN en hausse dans les sondages.

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Vos commentaires

  • Le 16 avril à 04:53, par Laurent46 En réponse à : Solder les comptes de la crise COVID : la France endettée et sans réelle vision

    Au regard des augmentations des taxes locales ou cette année chacun y met sa couche je crois que certains ont une parfaite vision de la France.
    Bientôt les régionales seule couche qui n’augmente pas ses taxes et pour cause mais dès qu’ils seront élus la première action qu’ils vont mener c’est celle d’augmenter leurs indemnités et tout de suite derrière votre les augmentations des taxes.
    C’est cela l’éternelle vision de la France
    L’Eta fera de même et là ce ne sera pas des doses ridicule mais pour cela il faut attendre l’après Présidentielle.
    C’est cela l’avenir et la vision de la France,
    Le tout étant en prélèvement automatique la vision de l’avenir est de laisser 400 € sur les comptes pour la nourriture durant un mois ... sans oublier que sur ces produits de première nécessité il y a aussi de la TVA !
    C’est cela la vraie vision de l’avenir du pays France.

  • Le 16 avril à 09:28, par Rigal-Roy jean-Claude En réponse à : Solder les comptes de la crise COVID : la France endettée et sans réelle vision

    Je ne parlerai pas de la psychose covidienne que nos "spécialistes" scientifiques ou politiques entretiennent par medias et débats multi quotidiens.
    Un peu de mesure et de hauteur nous ferait du bien et tout ceci n’est pas sans conséquences sur le moyen et long terme. Le discours de notre Président sur l’Argent est variable selon les circonstances :
    - "il n’y a pas d’argent magique" (CHU de Rouen en 2019).
    - "quoi qu’il en coûte" (en mars 2020, une posture de chef de guerre).
    Il a privilégié, en changeant brutalement de discours, la santé à l’économie. Soit mais c’est faire peu de cas de l’argent public. La distribution, qui est un bon sentiment, devient, sans contrôle, un gouffre dont on mesure déjà la profondeur. Compenser les pertes de revenus ce n’est pas la même chose que de les limiter. On fait du patinage artistique et on ne montre pas un cap.
    Aider le chômage partiel, oui mais avec mesure sinon on favorise la stagnation.
    La relance économique est partout dans le monde un enjeu de survie. La France vu son endettement, sa déstructuration industrielle, aura-t-elle les moyens de lancer cette reconstruction alors que les spéculations sur les matières premières sont, elles, bien lancées.
    C’est cela le problème.

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