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Les enchères sur la 5G ou la taxation du consommateur

Après le saccage d’antennes, les déclarations des élus écologistes et mélenchonnistes, voici maintenant les enchères sur les fréquences. La 5G est décidément à la une de l’actualité depuis plusieurs semaines. Les fréquences, qu’elles soient 5G, radio, TV, etc., sont-t-elles l’affaire de l’État ? Celui-ci s’est attribué le spectre hertzien, mais on pourrait tout à fait imaginer que les fréquences hertziennes appartiennent à ceux qui les ont exploitées en premier, les inventeurs en quelque sorte. Il est également envisageable que ce spectre soit considéré comme une res nullius, c’est-à-dire une chose n’appartenant à personne et dont l’usage est commun à tous, des lois de police réglant la manière d’en jouir. Ces solutions alternatives auraient peut-être facilité le déploiement de la 5G en France. Nous sommes, en effet, un des derniers pays développés en la matière.

À quoi sert la 5G ?

En deux mots, la 5G correspond à la cinquième génération de technologie de réseau mobile qui permet de répondre à la connectivité croissante et à l’explosion des données dans notre vie quotidienne. On nous promet un débit internet dix fois plus rapide qu’avec la 4G d’aujourd’hui. La 5G devrait ainsi faciliter le développement des villes intelligentes (smart cities), de la télémédecine, des véhicules autonomes, etc. Ses promoteurs vantent ses nombreux bénéfices pour les individus, les entreprises et la société en général, dans le détail desquels nous n’entrerons pas.

À l’inverse, ses détracteurs mettent en garde contre ses méfaits, principalement en termes sanitaire (la nocivité des ondes électromagnétiques) et environnemental (la technologie serait énergétivore). L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) devrait remettre un deuxième rapport sur le sujet en mars 2021, après celui d’octobre 2019.

En attendant ce rapport, des élus de gauche, avec à leur tête les nouveaux maires écologistes élus il y a quelques semaines à Bordeaux, Grenoble, Lyon, Marseille, Tours, Strasbourg… ont signé une pétition demandant un moratoire sur le déploiement de la 5G et l’organisation d’un « débat démocratique décentralisé ». Sans doute pensent-ils à une espèce de convention citoyenne comme celle que nous avons connue sur le climat, qui fut le théâtre de toutes les manipulations par la même gauche.

Certains amis des pétitionnaires préfèrent prendre les devants et saccager les installations 5G déjà existantes. Le mercredi 30 septembre, Sylvie Bonaldi, une élue écologiste de Nice, a déclaré dans un entretien à Nice-Matin approuver l’incendie volontaire d’une antenne 5G, en juin dernier dans les Alpes-Maritimes. Pour Bonaldi, c’est un acte qui « défend l’intérêt général ».

Mais l’actualité de ces derniers jours, ce sont les presque trois milliards d’euros que l’État a engrangés en mettant les fréquences 5G aux enchères.

La manne financière des enchères sur la 5G

En février 2020, les quatre opérateurs télécom nationaux avaient déjà pu acheter chacun un lot de 50 MHz pour 350 millions d’euros. L’État avait ainsi empoché 1,4 milliard d’euros.

Une seconde vente a eu lieu cette semaine pour attribuer 110 MHz supplémentaires répartis en onze lots. Chaque lot était mis à prix à 70 millions d’euros. Les enchères sont montées jusqu’à 126 millions d’euros pour un lot. Au total, l’État va pouvoir encaisser 2,8 milliards d’euros.

Orange a réussi à obtenir le plus grand nombre de blocs, devant SFR, puis Bouygues Telecom et Free à égalité. Au total, Orange a déjà déboursé plus de 1,2 milliard d’euros, et SFR un peu plus de 1 milliard. Mais les dépenses ne s’arrêtent pas là.

Une troisième vente, elle aussi aux enchères, est en effet prévue dans le courant de ce mois pour attribuer le placement des fréquences sur la bande. Ce n’est qu’à l’issue de ce dernier tour que les opérateurs pourront commencer à déployer la 5G, même si, ici ou là, principalement dans les grandes villes, des antennes ont déjà poussé, principalement à des fins de test.

Le gouvernement se félicite d’avoir engrangé ces milliards, tout en soulignant que les montants déboursés par les opérateurs télécom sont bien inférieurs à ceux de leurs homologues allemands ou italiens.

Privilégier le consommateur

Il est vrai que l’État français apparaît peu gourmand au regard de ses voisins. L’Italie a cherché à maximiser les profits, tout comme l’Allemagne. Les enchères ont ainsi atteint 6,5 milliards d’euros dans chacun de ces deux pays. Leurs approches diffèrent cependant quelque peu puisque nos voisins allemands ont exigé une couverture étendue (98 % de la population couverte en 2022) tandis que les Italiens n’ont quasiment rien imposé aux opérateurs.

La France, elle, a émis un certain nombre d’obligations. Par exemple, chaque opérateur doit déployer 3 000 installations 5G d’ici 2022, puis 8 000 en 2024 et 10 500 en 2025. Il leur a également été demandé que 75 % des sites délivrent un débit au moins égal à 240 Mbit/s en 2022. Le gouvernement et son bras armé qu’est l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) mettent en avant ces obligations comme autant d’avantages pour les consommateurs.

Pourtant, si quelqu’un va payer les 4,2 milliards d’euros déjà dépensés par Orange, SFR et consorts, c’est bien le consommateur. Comment imaginer que ces coûts ne seront pas répercutés dans le prix des forfaits 5G qui seront commercialisés ?

Car les frais ne se limitent pas à l’achat de fréquences – achat, soulignons-le au passage, pour une durée limitée de 15 ans (éventuellement prolongeable de 5 ans). Les opérateurs vont maintenant devoir déployer leur réseau. Un déploiement qui risque de ne pas être simple dans les grandes agglomérations, premières concernées, dirigées par les élus écologistes. Il est prévisible que ceux-ci vont tout faire pour mettre des bâtons dans les roues des opérateurs télécom. La facture, est estimée par Bouygues Telecom à 200 000 euros par pylône (achat des équipements, raccordement électrique, travaux de BTP), devrait s’en trouver d’autant alourdie. Elle devrait, toujours selon Bouygues, atteindre un montant total de 8 à 10 milliards d’euros pour un réseau performant.

Tout cela en espérant que les dégradations ne vont pas se multiplier. Par ailleurs, la 5G va nécessiter, à terme, de revoir l’ensemble du réseau en amont des antennes. Enfin, certains opérateurs vont devoir aussi payer le démantèlement d’équipements Huawei déjà installés, l’équipementier chinois n’étant plus le bienvenu dans notre pays.

N’aurait-il pas alors fallu attribuer les fréquences gratuitement ? C’est le choix qu’a fait, par exemple, le Japon. Le pays du Soleil levant a donné les fréquences aux quatre opérateurs nippons qui, en contrepartie, ont des obligations très fortes en matière de couverture du pays ou de sécurité des installations.

La Corée du Sud a une approche similaire. Le pays a certes pratiqué des enchères, mais qui n’ont rapporté que 2,4 milliards d’euros, soit moins qu’en France. En contrepartie, les opérateurs doivent déployer le réseau à une très grande vitesse. Lancée en avril 2019, la 5G coréenne compte à ce jour 8 millions d’utilisateurs (soit 11,3 % des abonnés).

En Europe, l’Espagne, la Finlande ou encore l’Irlande ont pratiqué des prix peu élevés, presque trois fois moins que la France en euros/MHz/habitant/an, faisant ainsi clairement le choix de privilégier le consommateur. L’achat des fréquences revient à 0,036 euro/MHz/habitant/an en Finlande contre 0,36 euro en Italie, la France se situant à peu près au milieu de ces deux extrêmes.

Les fréquences sont-elles l’affaire de l’État ?

Dernière question : les fréquences, qu’elles soient 5G, radio, TV, etc., sont-t-elles l’affaire de l’État ? Celui-ci s’est attribué le spectre hertzien, mais on pourrait tout à fait imaginer que les fréquences hertziennes appartiennent à ceux qui les ont exploitées en premier, les inventeurs en quelque sorte. Il est également envisageable que ce spectre soit considéré comme une res nullius, c’est-à-dire une chose n’appartenant à personne et dont l’usage est commun à tous, des lois de police réglant la manière d’en jouir.

Ces solutions alternatives auraient peut-être facilité le déploiement de la 5G en France. Nous sommes, en effet, un des derniers pays développés en la matière.

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Messages (5)

Régulation des telecom

le 14 octobre, 09:47 par Philg

Il est quand même difficile de ne prévoir aucune régulation en matière de radio fréquence dans la mesure où le spectre de fréquence est utilisé à des fins civils et militaires : aviation, radars, balises... au moins pour éviter les interférences entre les différents usages. L'UIT basée à Genève a en charge cette normalisation sachant que les ondes ne s'arrête pas aux frontières...par contre son équivalent français comme tant d'autres organismes est bien d'une utilité discutable.

14 octobre, 15:39 - Philbert Carbon

Je vous remercie de votre message. Vous avez raison concernant les fréquences utilisées à des fins militaires ou de sécurité des transports, mais faut-il pour autant taxer les Français via les opérateurs ?

- Répondre -

La vente des fréquences 5G est un nouvel impôt

le 14 octobre, 10:22 par Jean Michel Thureau

Discuter de la pertinence d'un nouvel impôt, c'est, in fine, juger du bien fondé des dépenses de l'État.

On sait que les dépenses de l'État Français sont incroyablement supérieures aux besoins de la collectivité des Français. Gaspillages, détournements, qu'en pense la Cour des Comptes ?

Dans ce contexte délirant, toute occasion de créer une nouvelle taxe est, pour les gouvernants, une opportunité à saisir.

Évidemment, ce n'est pas ainsi que ce pays cessera d'être un enfer fiscal.

14 octobre, 15:37 - Philbert Carbon

Je vous remercie de votre message, frappé au coin du bon sens.

- Répondre -

Faux la 5G c'est le début de la société orwellienne

le 14 octobre, 10:50 par Pascal DRAY

Depuis le début de la crise sanitaire liée au Coronavirus il n'y a pas un jour sans que les gouvernements du monde entier tentent de nous imposer la société de surveillance.

Ce n'est pas des GAFAM qu'il faut se méfier et dont les gouvernements du monde entier pointent les défauts liés aux données.

Car si vous ne souhaitez pas dépendre de ces GAFAM vous pouvez basculer dans le monde de l'open source et n'avoir sur vos outils électroniques que des logiciels et applications sécurisées et protéger vos données.

En revanche avec des technologies comme la 5G la société de surveillance voulue par les gouvernements du monde entier se mettra en place. Car la monnaie disparaîtra et toutes les opérations de votre quotidien seront surveillées et traquées afin d'utiliser vos données dans une optique de surveillance comme dans la distopie 1984. Le BIG BROTHER étatique vous surveillera en permanence.

Car la 5G est belle et bien l'entrée dans l'ére du tout numérique. La prochaine étape sera la mise en place de puces électroniques dans votre corps sous prétexte de vaccination puis le contrôle à distance de votre vie.

Pour l'économie ce sera l'outil rêvé des planificateurs. N'oubliez pas la Chine a déja commencé à utiliser le numérique pour mettre en place la vraie société totalitaire. En Chine il existe déja un grand nombre de technologies dédiées à la surveillance généralisée.

Depuis toujours le rêve de tout gouvernement est de contrôler et de manipuler les humains à titre expérimental. Ne vous y trompez pas l'utilisation des technologies par les gouvernements est la porte ouverte à la fin du monde libre. Car pour vivre libre vous devrez fuir le monde tel qu'il sera mis en place par ces gouvernements.

La gestion de la pandémie et maintenant la 5G font partie d'un plan de contrôle des êtres humains du monde entier. Si vous avez vu des films comme Matrix, 1984, Minority Report et autres fictions de ce genre alors vous comprendrez qu'il est temps de vous réveiller et de vous rebeller contre toutes ces violences liées uniquement à l'Etatisation généralisée de la société et au contrôle des êtes humains.

Nous pouvons organiser la résistance à ces évolutions mais il faut beaucoup de bonnes volontés et du courage. Nous pouvons y arriver. Il existe des solutions. Si la 5G triomphe vous deviendrez tous des esclaves au service de l'élite étatiste mondiale.

14 octobre, 15:36 - Philbert Carbon

Merci Pascal de vos commentaires. Mais pour ne pas dépendre des Gafam ni des gouvernements, et basculer dans le monde de l'open source comme vous le recommandez, la 5G pourrait être d'une grande utilité me semble-t-il ?

- Répondre -

La 5G : Un leurre

le 14 octobre, 16:17 par PhB

Bonjour,
C'est le radioamateur qui vous parle aujourd'hui.
Faudra juste m'expliquer comment avec par exemple 11 canaux répartis sur 110MHz, vous allez promettre un débit de 240Mbits/sec. Surtout en agglomération quand tout le monde va "pomper dessus" en même temps allégrement. Les nouvelles technologies avec étalement de spectre permettent de faire des miracles mais il ne faut pas rêver. La plupart des utilisateurs regardant des vidéos, très gourmandes en débit, le système n'atteindra jamais les performances annoncées sur le plan pratique. C'est comme chez nous les jours des "QSO Contest" (concours de liaisons radio entre radioamateurs) où il faut se trouver un petit trou libre dans la gamme de fréquence pour envoyer notre CQ DX (appel longue distance), le trafic étant particulièrement important ces jours là !
Gratuité des fréquences, pourquoi pas, ça n'a jamais été le cas en France où même nous les "OM" devions nous acquitter des 46€ pour conserver la licence (taxe supprimée en 2018 car coutant plus cher à percevoir).
Les pionniers sont nos ancêtres et cent ans après nous devons nous battre pour ne pas nous faire retirer nos fréquences.
Oui la 5G peut être un bel outils comme en télémédecine mais devrait rester cantonnée à un usage spécifique.
Sa généralisation n'est pas une nécessité et n'a qu'un but purement lucratif avec tous les désagréments qui vont avec. L'argument de la consommation moindre par rapport à la 4G, avancé ne tiendra plus quand son utilisation sera généralisée => explosion du transfert de données et gaspillage énergétique qui va avec.
Vu l'enjeu (énergétique, sanitaire et confidentialité), un référendum serait souhaitable pour connaître les désirs réels de la population.

14 octobre, 17:12 - Philbert Carbon

Je vous remercie de votre message. Vous abordez un point technique qui est d'importance, mais que je ne pourrai discuter étant ignare en de domaine. Cependant, je pense que mes compatriotes sont aussi ignares que moi et je doute qu'un référendum puisse apporter la réponse la plus appropriée en la matière.

14 octobre, 23:24 - PhB

Le But du référendum
n'est pas de développer les aspects techniques mis en œuvre utilisant des concepts, effectivement compliqués mais d'interpeler la population sur l'utilité réelle pour tout un chacun. Une question du genre : "Avez-vous réellement besoin de la 5G ?" Moins il y aura d'utilisateurs, plus elle sera rapide et efficace ! Ca c'est physiquement et techniquement prouvé et meilleurs ce sera pour la planète et le porte-monnaie de la majorité des gens. Les opérateurs veulent nous pousser à un excès de consommation pour rentabiliser leur affaire. Moi-même quand je fais de l'émission d'amateur, j'essaye d'utiliser le moins de puissance possible, en plus c'est gratifiant de réaliser un contact à l'autre bout du monde avec juste la puissance d'une lampe de poche. Avec le développement de ces forêts d'antennes, c'est le tout le contraire qui va se passer.
Comme l'a dit l'intervenant précédent, c'est le flicage assuré, c'est déjà le cas de tous les smartphones actuellement ou de vos payements en utilisant votre carte bancaire.
Nous les radioamateurs avons été les pionniers dans le domaine de la radio et continuons à faire évoluer notre technologie pour communiquer, mais nous sommes plusieurs (surtout chez les anciens) a être très réservés sur le développement de la 5G.
Si vous désirez échanger avec moi en privé, indiquer moi juste comment vous contacter par courriel.

- Répondre -

Référendums VS Décisions étatiques

le 16 octobre, 08:24 par Jean Michel Thureau

Nombreux sont ceux qui pensent que leurs parents, leurs voisins, leurs collègues, leurs concitoyens, sont trop stupides pour être invités à participer au gouvernement de leur pays. Et qu’il vaut mieux faire confiance à des politiciens professionnels, voire à des hommes providentiels.
Ils se trompent complètement (il y a moins d’intelligence et de bon sens au Conseil des Ministres que dans un rond-point de Gilets jaunes) et, de plus, ils oublient la corruption : on peut corrompre un responsable, plusieurs responsables, pas toute une population. Dans une démocratie directe, chaque citoyen se détermine en fonction des réalités de sa propre situation, sans que la perspective d’un quelconque “pot de vin“ puisse peser sur ses décisions.
Pour ces raisons la collectivité des citoyens est toujours plus sensée que n’importe quel gouvernement. Cela se vérifie dans les rares pays dotés d’une démocratie directe : ils sont les plus riches et les plus pacifiques du Monde.

Et dans le cas précis de la 5G pensez-vous que nos gouvernants soient moins ignares que nous ?

Les avis de spécialistes dont les gouvernants bénéficient peuvent aussi être communiqués aux citoyens non ?

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