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Les blocages n’ont plus d’importance, les universités sont obsolètes

Alors qu’une minorité d’anticapitalistes empêche ses camarades d’accéder aux amphithéâtres, certains professeurs ont eu l’idée d’assurer leurs cours en direct par vidéo sur des réseaux sociaux comme Facebook. En permettant de passer outre les blocages, l’utilisation des nouvelles technologies ne démontrerait-elle pas l’obsolescence des universités traditionnelles dans la diffusion de la connaissance ?

Le refus de la sélection à l’origine des blocages

Avec la loi pour « l’orientation et la réussite des étudiants » (ORE), ParcourSup remplace Admission post-bac pour permettre aux bacheliers de choisir leur voie et de poser leur candidature pour leurs études. Or la nouvelle procédure administrative de cette plateforme introduit une sélection sur dossier dans le cas où les candidats seraient trop nombreux par rapport aux places disponibles. Pour les activistes à l’origine des blocages, cette sélection serait une inacceptable « mise en concurrence » entre les étudiants. Certains seraient ainsi injustement discriminés dans l’accès au savoir et aux diplômes.

Pourtant, lorsqu’un professeur diffuse son cours en direct, tout en répondant aux questions sur les réseaux sociaux, le nombre d’élèves n’est plus limité aux capacités de la salle de classe. Désormais, on peut suivre son cours des quatre coins de la planète sans restriction d’accès, et ce, pour la modique somme d’un abonnement à l’Internet. Plus besoin de sélection, la connaissance se diffuse quasi gratuitement à tout un chacun.

Le capitalisme a rendu la connaissance quasi gratuite

Avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, Wikipédia lance en 2001 une première révolution dans la diffusion du savoir en se basant sur le principe des réseaux collaboratifs. Il devient dès lors inutile de se procurer un dictionnaire. Le cinquième site le plus visité au monde offre une quantité considérable d’informations gratuitement, sans cesse mises à jour par des contributeurs bénévoles du monde entier.

Les MOOC (Massive Open Online Course) constituent une deuxième étape de cette révolution pédagogique. Désormais, plus besoin d’user les bancs des facultés, il est possible de suivre gratuitement ou quasi gratuitement les cours magistraux des meilleurs professeurs du monde. Stanford, HEC, Polytechnique … depuis dix ans, les universités les plus célèbres ouvrent leurs portes virtuelles et offrent des certifications sur des plateformes comme Cousera ou OpenClassrooms.

Enfin, de nouveaux modèles émergent comme l’École 42 fondée par Xavier Niel en 2013. La sélection dans cette école d’informatique ne se base sur aucun diplôme mais sur des tests évaluant la capacité des étudiants à apprendre le code. Cette fois, plus de professeur : les élèves doivent apprendre par eux-mêmes en s’entraidant. La formation est gratuite et le modèle économique repose sur le succès espéré de startups créées par les diplômés qui paieront leur taxe d’apprentissage en retour.

Toutes ces révolutions pédagogiques se sont réalisées sans interventionnisme public ni subvention. Par l’innovation et la concurrence, le capitalisme permet plus que jamais de démocratiser l’accès à la connaissance. Les revendications anti-sélection des étudiants d’extrême gauche des universités publiques françaises semblent donc complètement dépassées.

Réformer l’université : liberté, flexibilité et concurrence

Alors que seulement 4 établissements français sont dans le top 100 des universités européennes, que le chômage des jeunes atteint 22 % et que les employeurs peinent à recruter, notre système universitaire se montre incapable de concilier les projets des jeunes et les besoins du marché du travail.

En soumettant le destin de la jeune génération à un algorithme bureaucratique, le système universitaire public semble complètement déconnecté des opportunités offertes par la technologie et l’innovation. L’IREF propose de réformer l’université pour la « défonctionnariser » et « désétatiser », en s’inspirant notamment de l’exemple britannique.

Les pistes envisagées consistent à introduire de la concurrence et à privatiser les universités. Des études payantes rendront les étudiants beaucoup plus exigeants quant à leurs résultats et la privatisation incitera les établissements à réduire leurs coûts. La collation des grades devrait elle aussi être libéralisée pour permettre l’émergence de formes alternatives d’enseignement. De telles réformes n’empêchent pas d’imaginer des mécanismes de redistribution, de bourses ou de charité pour les étudiants les plus précaires. Néanmoins, il est urgent de permettre aux universités de s’adapter aux enjeux de notre époque plutôt que de sombrer de manière répétée dans des blocages futiles imposés par une minorité d’extrême gauche qui voue une haine au capitalisme et à la réussite personnelle.

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