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Le cinéma français tué par l’argent public

dimanche 28 mars 2021, par Adélaïde Motte

Le cinéma, instrument de soft power important, est largement subventionné par l’Etat. Ces subventions vont pour une bonne part aux films à succès, et surtout à gros budget : nouveau gâchis d’argent public.

La dernière cérémonie des Césars montre le déclin du cinéma français. Malheureusement, il ne date pas d’hier. L’argent public gangrène le cinéma depuis des années, tout comme il gangrène d’autres secteurs. Chaque année, le cinéma français reçoit 500 millions d’euros de subventions, qu’il s’agisse d’aides directes ou d’incitations fiscales. Un chiffre déjà impressionnant, auquel s’ajoutent l’apport des chaînes de télévision et le régime d’assurance chômage des intermittents du spectacle.

Des subventions qui profitent aux films qui n’en ont pas besoin

En 2012, le coût médian des films d’initiative française était de 3,4 millions d’euros, mais son coût moyen était de 5,2 millions d’euros. Cette différence, qui va presque du simple au double, montre la concentration des moyens financiers sur quelques films à budget élevé. En 2015, certains grands films ont été financés à 15 % par les subventions, alors que la part des aides dans le budget des films français était en moyenne de 8,9 %. Certains films de Charlotte Gainsbourg et d’Omar Sy ont été soutenus à concurrence de 16 % pour l’un, 13,6 % pour l’autre. De janvier à mai 2015, dix projets de films à plus de 10 millions d’euros, parmi lesquels Les Visiteurs 3, Camping 3, Papa ou Maman 2, Baby sitting 2, Les Tuche 2, avaient déjà réuni des subventions dont ils n’avaient de toute évidence pas besoin (voir plus bas).

Ces subventions profitent, sans surprise, aux têtes d’affiche de ces films à gros budget. Entre Marion Cotillard, Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Christian Clavier, on pourrait multiplier les exemples. Pour La French, autre film important, la moitié des subventions, soit 2 millions d’euros, est allée dans les comptes en banque de Gilles Lelouche et Jean Dujardin. Déjà en 2014, la Cour des comptes recommandait de définir les besoins du secteur cinématographique et les ressources à lui attribuer selon une base pluriannuelle, tout en évaluant l’efficacité des dispositifs de soutien précédemment mis en œuvre.

Le cinéma français biberonné par les subventions publiques

Le cinéma français est financé de plusieurs manières. Au sein des aides de l’Etat elles-mêmes, un système de soutien automatique permet de reverser aux producteurs, aux distributeurs et aux exploitants une subvention proportionnelle aux recettes. On pourrait donc supprimer ces subventions, puisqu’elles favorisent les productions qui peuvent fonctionner sans elles, et ne s’appliquent pas à des films qui, de toute façon, n’auraient été que peu distribués. Les collectivités territoriales en dispensent une part, qui s’élevait en 2014 à 6 millions d’euros. Il faut y ajouter la taxe sur les entrées des séances, versée au Centre national du cinéma (CNC).

Le contrôle national des financements privés

Le cinéma est également financé par les préachats des chaînes de télévision, ce qui ne serait sain que s’il s’agissait d’acquisitions volontaires.. Mais là aussi, l’Etat dicte l’art et la manière. Il oblige les grandes chaînes de télévision (TF1, France 2, France 3, M6 et Canal Plus) à investir dans la production cinématographique, et ces subventions sont fortement encadrées. Canal Plus, par exemple, doit consacrer 45 % de ses préachats à des films d’un budget de 5,34 millions d’euros maximum. Les chaînes de télévision peuvent également investir dans les films en les coproduisant. Les sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel, ou SOFICA, sont également un instrument fiscal de financement, qui représente 60 millions d’euros de contribution annuelle aux productions cinématographiques. Il est permis aux personnes physiques de déduire de leur revenu les sommes versées pour la souscription au capital des SOFICA, dans la limite de 25 % de leur revenu.
Alors que le cinéma est un outil d’art et de débat d’idée, l’omnipotence de l’Etat dans ce secteur et le contrôle de fait qu’il exerce sur ses financements sont un danger pour la liberté d’expression. Car qui paye commande…

Sources :
https://www.lagbd.org/index.php/Le_mode_de_financement_du_cin%C3%A9ma_fran%C3%A7ais
https://www.capital.fr/economie-politique/cinema-les-acteurs-les-plus-arroses-par-les-subventions-1038205
https://photo.capital.fr/les-chiffres-qui-montrent-a-quel-point-votre-argent-dope-le-cinema-francais-29244#ticket-de-cinema-qui-gagne-quoi-504228
https://www.cnc.fr/professionnels/aides-et-financements/cinema
https://www.ccomptes.fr/fr/documents/26872
https://www.cnc.fr/professionnels/vos-demarches/tst-taxe-sur-les-services-de-television

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/Le-cinema-francais-tue-par-l-argent-public

Vos commentaires

  • Le 29 mars à 03:49, par guillot En réponse à : Le cinéma français tué par l’argent public

    Dommage que vous n’ayez pas donné le coût des intermittents du spectacle qui contribue grandement au déficit de l’assurance chômage (de mémoire c’est au moins un milliard d€), ce qui n’est pas justifié sauf à considérer que nombre de nos artistes n’ont d’artiste que le nom. Cette cérémonie des Césars qui consiste à se décerner des prix à soi-même en est la preuve

  • Le 29 mars à 04:31, par Laurent46 En réponse à : Le cinéma français tué par l’argent public

    Tué par l’argent public et surtout par la qualité de la culture que l’on veut nous imposer et que personne ne veut voir ! La culture gauchiste des assistés de France qui ne sortiront jamais de leur milieu qui leur convient bien tant l’assistanat et présent et pourri tout ceux qui en profitent.

  • Le 29 mars à 07:02, par jean poivre En réponse à : Le cinéma français tué par l’argent public

    Ce que vous écrivez est faux et de mauvaise foi
    La majeure partie de ce que vous appelez des subventions n’est qu’un retour de taxe prélevée majoritairement sur les gros succès... Mais ce retour est limité... Donc les gros succès sont plus prélevés que ce qu’ils touchent en retour
    Ce système a été conçu pour obliger les producteurs à réinvestir dans de nouvelles productions
    Les subventions ne concernent que l’avance sur recette attribuée à de petites productions intellectuelles dites cinéma d’auteur Là, il y a débat parce que leur valeur culturelle reste à prouver Mais votre attaque virulente sur les films à succès « subventionnés « ne rime à rien
    Ce sont ces films qui « subventionnent » les plus petits... Quant aux films étrangers -principalement US - ils sont ponctionnés sur leurs recettes et n’ont rien en retour. Ce système, même imparfait, permet au cinéma français d’exister contrairement aux autres cinémas européens quasiment morts

  • Le 29 mars à 12:58, par Adélaïde Motte En réponse à : Le cinéma français tué par l’argent public

    Le problème des subventions du cinéma français est qu’elles viennent de quelque part, en l’occurrence du porte-monnaie des contribuables. Le cinéma n’a pas à être aidé par l’Etat : un bon film doit trouver par lui-même les soutiens privés nécessaires à sa production, à sa distribution et à sa promotion. Actuellement, les subventions du cinéma sont causes, par exemple, de la hausse du ticket d’entrée. Dans le cinéma comme ailleurs, chacun gagnerait à une présence moindre de l’Etat.

  • Le 29 mars à 12:59, par Adélaïde Motte En réponse à : Le cinéma français tué par l’argent public

    Merci pour votre complément. Sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres, il y aurait beaucoup à dire et à détailler pour faire le tour des différentes aberrations du système !

  • Le 29 mars à 14:36, par Armelle ADAM VAN GEEM En réponse à : Le cinéma Français et l’argent public

    Tout cela pour... en arriver à la dernière cérémonie des Césars.... Un vrai désastre qui en dit long sur ce ce que -pour certains- la "culture" représente dans notre pays. Pas de quoi nous donner envie de les subventionner. Quant aux "intermittents du spectacle" ... au lieu de passer leur temps à pleurer, il ne leur est pas interdit d’occuper leurs périodes d’inactivité entre deux contrats.. en travaillant par exemple ou en se rendant utiles dans des associations caritatives. D’autres travailleurs soumis à des contrats à durée déterminée ne se contentent pas de rester au chômage !

  • Le 29 mars à 15:15, par Lucius En réponse à : Le cinéma français tué par l’argent public

    Pourquoi le cinéma français s’est-il montré incapable de sortir des films de la qualité de 1917, Dunkirk, Cheval de guerre, Les heures sombres, Churchill, pour évoquer notre histoire et nos célébrations récentes ? Le film "j’accuse" concernant l’affaire Dreyfus a été fustigé par cette clique distinguée pour un motif hors de propos. Il faut arrêter de subventionner. En tout état de cause, la production américaine de bien meilleure qualité et surtout prolifique, va écraser ce beau monde.

  • Le 31 mars à 19:43, par sourdel En réponse à : Supprimons le ministère de la culture

    Les pays libres et démocratiques n’ont pas besoin de milliers de fonctionnaires pour dicter aux peuples ce qu’ils peuvent écouter et lire ; pour leur indiquer les spectacles qu’ils doivent voir ou éviter. Messieurs les drogués à la dépense publique qui vivez des contribuables, un peu de respect pour les libertés individuelles svp. Descendez de notre dos et enlevez vos mains de nos poches. Apprenez des langues étrangères et allez vendre nos produits à l’export, vous serez + utiles à la nation.

    Supprimons le ministère de la culture (qui n’est que celui du DIVERTISSEMENT) et rendons l’argent aux citoyens. Ils sont bien assez grands pour le dépenser librement eux-mêmes !

    Et mettons fin immédiatement au scandale des intermittents du spectacle.

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