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La « diversité » ne rendra pas l’ENA plus utile qu’avant

Publié aux débuts des années 2000 sous la direction de Bernard Zimmern, Le livre noir de l’ENA est, d’une part, une véritable radiographie de cette école créée juste après la guerre, avec son fonctionnement et ses modalités d’enseignement et d’autre part, une énumération complétée par une analyse détaillée de la plupart des catastrophes économiques et sociales provoquées par des fonctionnaires sortis de ses rangs. Ce qui revient à parler de la plupart des dysfonctionnements graves de notre économie. Depuis 1974 et la première génération d’énarques qui arrivent à des postes de responsabilité, la France a connu une hausse ininterrompue du chômage, des dépenses publiques, des prélèvements et des impôts. La responsabilité des énarques dans ce désastre est incontestable. Ils ont été – et ils sont toujours – les décideurs principaux de la politique économique et fiscale menée par les politiques, de droite ou de gauche.

La promotion « Titanic » de l’ENA

Il n’y a jamais eu de président, de premier ministre ou de ministre qui n’ait pas été entouré d’une majorité de conseillers sortis de l’ENA (sans tenir compte qu’eux-mêmes pouvaient être des anciens de cette école). Aucune grande décision n’a pu être prise – surtout à Bercy – sans que des énarques en soient responsables. D’autres ont « brillé » lors de leur passage à la tête des grands établissements publics. SNCF, RATP… ont pratiquement toujours été dirigées par des énarques. Dans un chapitre intitulé « Promotion Titanic », on découvre une longue liste de sociétés, banques, organisations… qui ont coulé ou qui se sont trouvées en mauvais état à cause de la mauvais gestion des énarques : AGF, Banque Worms, Crédit Lyonnais, Crédit Foncier, Banque Hervet, Compagnie financière de crédit, filiale du CFF, BIAO (Banque Internationale pour l’Afrique de l’Ouest), UAP (Union des Assurances de Paris), Banque Pallas-Stern, Air France, France Télécom, ELF, compagnie Air-Afrique… Les exemples se comptent par dizaines. Sans compter toutes les personnalités compétentes éloignées de certains postes pour la seule raison que ces postes étaient « réservés » à des énarques.

Frédéric Thiriez, qui a officiellement rendu son rapport sur L’ENA il y a quelques jours, aurait mieux fait de lire ce petit livre noir. Il aurait – peut-être - compris qu’il vaudrait mieux supprimer tout simplement cette école, une autre exception française. Au lieu de cela, il établit dans le préambule un constat très éloigné des dégâts commis par l’énarchie. Pour lui, plus graves sont « la diversité très insuffisante, avec une sur-représentation des classes supérieures, une répartition par sexes profondément déséquilibrée et un quasi-monopole parisien pour la préparation aux différents concours » ; « la multiplication des grandes écoles de service public depuis la création de l’ENA (INET, EHESP, ENM, ENSP, ENAP), qui nuit à l’émergence d’une culture commune chez les grands serviteurs de l’État et qui, ajoutée à l’émiettement des corps et au silotage des ministères, favorise un corporatisme funeste et nourrit l’ignorance, voire le mépris des uns pour les autres » et « un climat préoccupant de perte de confiance entre les citoyens et leurs « élites », politiques ou administratives, qui fait que le doute s’installe sur l’action publique dans son ensemble ». Le dernier constat est tout à fait juste et il devrait à lui seul suffire pour proposer la fin de cette école.

Mieux vaut ouvrir l’administration au privé et à la concurrence

Ensuite, Thiriez fait 42 propositions pour « moderniser » l’école. Il veut d’abord que son nom change : l’ENA devient l’« EAP » pour « École d’administration publique ». Il crée aussi un « Institut des Hautes Etudes du Service Public », afin de dispenser, en milieu de carrière, une formation commune à temps partiel sur une année à de hauts fonctionnaires des trois fonctions publiques, tous corps confondus, ainsi qu’aux magistrats qui le souhaitent, aux officiers de la gendarmerie ou des armées et aux administrateurs des assemblées. Les lauréats de l’Institut auraient vocation à accéder aux emplois supérieurs des trois versants de la fonction publique. Pourtant, il y avait déjà, selon le rapport, suffisamment de « grandes écoles de service public » … Le rapport préconise la fin du « système des grands corps » par la transformation des corps d’inspection (IGF, IGA, IGAS) en emplois fonctionnels et, pour les corps juridictionnels (Conseil d’État et Cour des comptes) par un recrutement différé après la sortie de l’école. Mais les anciens élèves de cette école auront toujours la priorité…

Enfin, la grande réforme dont M. Thiriez est le plus fier serait la mise en place d’un « concours spécial » à l’adresse d’élèves sélectionnés sur critères sociaux, soit une sorte de discrimination positive, façon Sciences Po. Ce n’est pas la « diversité sociale » qui va changer l’ENA et réformer la France. Ce sont la suppression du statut, l’ouverture au privé de l’administration et la concurrence qui donneront les meilleurs résultats. Tous les postes de l’administration devraient être accessibles aux employés du privé et ceux qui travaillent dans l’administration devraient n’être que de simples employés, comme c’est le cas dans la plupart des pays développés et démocratiques. Finissons-en avec l’emploi à vie des fonctionnaires et des hauts-fonctionnaires et on fera plein d’économies d’argent public. Finalement, ce rapport réalisé par un ancien énarque ne propose que le toilettage de cette école qui, à l’époque de la mondialisation et de l’internet, n’a vraiment plus de raison d’exister.

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