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L’Islamo-gauchisme existe-t-il ?

dimanche 21 février 2021, par Jean-Philippe Delsol

Bien sûr qu’il existe et que ceux qui y participent s’en défendent et le nient. A dire vrai, il n’y pas un islamo-gauchisme mais des convergences qui se créent et des groupuscules actifs qui s’utilisent les uns les autres. Il y a des sectes islamiques aussi multiformes que les mouvances du gauchisme. Elles se rassemblent volontiers pour lutter contre leur ennemi commun que sont la société libérale et l’Occident dans leur diversité, leur richesse culturelle, leur ouverture, leur liberté, leurs racines judéo-chrétiennes. Le philosophe Carl Schmitt, qui flirtait avec le nazisme, a déjà démontré tout ce que de nombreuses alliances idéologico-politiques doivent à ce qu’elles combattent plus qu’à ce qu’elles promeuvent. Ce qui évidemment est aussi la marque de leur fragilité, comme furent réelles et néanmoins changeantes les alliances d’Hitler ou de l’URSS avec l’Islam.

Depuis le soutien des luttes palestiniennes jusqu’à ceux qui avec Mélenchon défilent contre l’islamophobie, la gauche extrême et l’islamisme continuent de tisser des liens, en particulier dans l’université pour empêcher de parler tous ceux qui ne sont pas de leurs bords, pour détruire la société dans laquelle ils vivent bien, pour déstructurer le passé qui n’est pas le leur. Ce qu’a rappelé la tribune publiée par une centaine d’universitaires dans un journal du soir le 30 octobre dernier pour dénoncer les idéologies racialistes, indigénistes et « décoloniales » qui envahissent l’université et y font pression et parfois violence. Bien sûr ce sont souvent sans doute des alliances de fait, occasionnelles, et des alliances de dupes car chacun s’associe pour écraser l’adversaire et mieux ensuite anéantir son allié du moment. Mais il est incontestable que l’islamisme et le gauchisme, sous leurs diverses expressions, ont des traits communs qui les rapprochent. Ils sont bardés de certitudes qui ne tolèrent guère la contradiction ni même simplement le débat. Ils confondent tous deux religion et politique : les musulmans considèrent que la foi commande tout et que la politique lui est soumise tandis que les gauchismes, comme le communisme, se livrent à une vision de type millénariste qui intègre le facteur religieux dans le politique. Tous deux pratiquent également volontiers la violence physique ou psychologique sur leur environnement pour atteindre leurs fins.
Il faut donc saluer les efforts et le courage du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, et de Mme Vidal de vouloir combattre ces mouvements dangereux et inquiétants qui se manifestent en particulier à l’université.

A qui confier l’enquête ?

Mais fallait-il confier l’enquête sur ce phénomène à l’université elle-même ? Serait-ce judicieux de demander à une dinde de préparer le repas de Noël ? Probablement pas ! Pourtant l’administration excelle dans les enquêtes sur elle-même dont les conclusions sont généralement très conformistes. Par exemple fin 2020, a été publié par l’association des anciens auditeurs de l’IHEPS un rapport sur « La protection sociale française après la Covid-19 ». L’Institut des hautes études de protection sociale (IHEPS) est une pure émanation des institutions de santé publique et notamment de la Sécurité sociale. Les conclusions, troublantes, du rapport ont été que les Agences Régionales de Santé n’avaient pas été bonnes durant la pandémie et qu’il fallait leur donner plus de pouvoirs pour y remédier. Chacun jugera.

De même, le CNRS est probablement le moins qualifié possible pour enquêter sur les agissements idéologiques inappropriés au sein de l’université. Le Centre national de la recherche scientifique est un organisme public de recherche qui compte plus de mille laboratoires en France généralement associés aux universités ou grandes écoles. Si l’islamo gauchisme existe à l’université, c’est peut-être au sein du CNRS d’abord. Au surplus, le CNRS n’est pas une instance de contrôle de l’université et n’a donc aucune légitimité à faire une telle enquête.

La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, lui a demandé « un bilan de l’ensemble des recherches » qui se déroulent en France, afin de distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme. Aussitôt, le CNRS, déjà gangrené par les courants idéologiques qu’il devrait donc étudier, s’est empressé d’insister sur le fait que le terme d’islamo-gauchisme « ne correspond à aucune réalité scientifique ». Autant dire que l’enquête est sans doute déjà morte avant d’avoir eu le début d’un commencement. Ce qui arrangera probablement M Macron qui s’est immédiatement désolidarisé de ses deux ministre de l’Education et de l’Enseignement supérieur en répétant son « attachement absolu à l’indépendance des enseignants-chercheurs » tandis que le prote parole du gouvernement soulignait que « la priorité pour le gouvernement, c’est évidemment la situation des étudiants dans la crise sanitaire, c’est évidemment la possibilité d’apporter un soutien financier aux étudiants en difficulté, c’est évidemment de permettre aux étudiants qui le souhaitent de pouvoir revenir progressivement en présentiel à l’université ».

Circulez, il n’y a rien à voir. L’islamo gauchisme peut continuer de prospérer en ressassant contre le « racisme systémique » et l’« islamophobie » ou pour développer « les théories du genre », toutes matières très scientifiques en effet !


Messages

  • En effet il y a ou non une contradiction en la matière à analyser et il faut aider les pauvres ...et l’existence des pauvres et des riches que faut-il comprendre . L'Islam politique est ni de droite ni de gauche

    • Parfaitement l'islam n'est ni de droite ni de gauche puisqu'il n'est pas politique, mais est un tout à la fois politique et religieux, basé sur le Coran qui n'est rien d'autre qu'une idéologie politico-religieuse.

  • Bonjour
    Le problème de fond est le Règne du "Politiquement Correct" bref le PAS DE VAGUES qui régit les instances publiques de tous les bords. Comme me l'a encore confirmé un urgentiste récemment : "Pas de Vagues".
    C'est la porte grande ouverte à tous ces gens nauséabonds qui en profitent pour attaquer nos principes républicains. Que ce soit à l'école, à la fac ou ailleurs, les élèves, étudiants et autres n'hésitent à s'en prendre de front à la personne qui leur transmet le savoir : le Magister (en latin), si les propos énoncés vont un tant soit peu à l'encontre de leurs doctrines obscures inculquées par leur proches familiaux en général.
    Notre Ministre Frédérique Vidal veut s'attaquer au problème, c'est bien et ce n'est pas le motif de la pandémie qui y est un obstacle mais elle a montré une Grande Maladresse en voulant confier cette tâche (difficile) au CNRS. On ne peut pas être juge et partie. Il faut trouver une autorité indépendante externe absolument déconnectée même du système gouvernemental, qui ait du crédit pour que ses conclusions ne soient pas contestable.
    Le mal est plus profond qu'il n'y parait. Faut que ça bouge !
    PhB

  • Je trouve cet article excellent.
    J'ai entendu bien commentaires de la gauche et de tous les ''démocrates''à propos de l'assaut du Capitole. je souhaiterais connaitre votre opinion sur le fait suivant :
    Marine Le pen élue Présidente quelle serait l'attitude de ces ''démocrates''

    Merci
    Cordialement

  • Je ne suis encarté dans aucun des partis actuels, et comme libre penseur je tiens à garder mon libre arbitre. Dans ce domaine cela fait très longtemps que je dis que les partis de gauche se sont sabordés et sont les seuls responsables de cette situation. La radicalisation d’une partie de notre société est un fait .Ceux qui le réfutent sont dans le nihilisme le plus complet et n’ont jamais vécu dans ces zones. J’ai vécu aux Mureaux 4 ans dans le début des années 90 ; déjà sur les murs de cette cité on voyait des affiches « La France deviendra islamique par le ventre de nos femmes ». La municipalité socialiste de l’époque en rigolait. Mettre la tête dans le sable face ces problèmes, comme le font les bienpensants, au fait de ne pas faire le jeu du RN est absurde et entraine des réactions contraires l’effet désiré. Ce problème de la radicalisation des banlieues ne devraient pas faire l’objet de lutte politique partisane, mais d’un consensus général ; Nous rejouerait-ton dans ce domaine l’esprit de Munich 1938 ? L’argument de réponse de certains je la connais « point Godwin » bien sûr. Et pourtant…….

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