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« Il y a pour moi deux grands combats à mener : le combat pour la liberté et le combat pour l’autorité et notre identité »

vendredi 21 mai 2021, par Gabriel Collardey

Interview avec Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée, président du groupe Les Républicains au Sénat, président de Force Républicaine.

Vous souhaitez approfondir la contractualisation des agents de l’État, pensez-vous privatiser certains services publics ou administrations ?

Je souhaite que l’État se reconcentre sur ses missions de protection : la sécurité, la justice, la défense, la santé également car nous avons besoin, à côté des cliniques, d’hôpitaux publics de qualité mais qui soient débureaucratisés. Par ailleurs, je veux mettre fin au dogme du monopole public dans les services publics : pourquoi l’État et les collectivités ne s’appuieraient-elles pas davantage sur nos entreprises ou nos associations pour remplir des missions d’intérêt général ? Elles ont montré, au cours de la crise sanitaire, qu’elles disposent des moyens logistiques comme des qualités civiques pour le faire : on l’a vu sur les masques notamment. Du reste, sur beaucoup de territoires et notamment dans ma région, les Pays de la Loire, ces délégations au privé existent déjà : tous les jours des transporteurs privés véhiculent les élèves vers leurs établissements scolaires, selon des modalités définies par les conseils régionaux. Ce système donne toutes satisfaction. Pourquoi ne pas l’élargir pour faire baisser les coûts ? Au nom de quoi la France se priverait-elle des compétences de ses entreprises pour assurer des missions de service au public ? La gestion chaotique de l’épidémie l’a montré : l’État ne peut pas, ne doit pas, tout faire.

Vous avez parlé de réduire les charges et les impôts : à quels impôts et charges faites-vous référence et dans quelle proportion envisagez-vous la baisse ? Cependant ne faudrait-il pas réduire également les dépenses et lesquelles voudriez-vous réduire ?

Sur les baisses d’impôts, je considère que nous devons frapper fort. C’est une question de souveraineté pour la France mais aussi de justice pour les Français. De souveraineté parce que si nous voulons reconstituer une industrie française, refaire une véritable production nationale, nous devons être compétitifs, faire en sorte que nos entreprises puissent se battre à armes égales avec leurs concurrents dans la mondialisation. Car ceux qui versent des larmes de crocodile à chaque plan social sont souvent les mêmes qui, pendant des années, ont fait l’autruche sur la folie fiscale ; folie destructrice qui a cassé la compétitivité et donc l’emploi dans l’industrie. Concrètement, cela signifie qu’il faut baisser encore les impôts de production, au-delà des 10 milliards annoncés par le Gouvernement. Par ailleurs, je propose de supprimer totalement les droits de succession sur la transmission d’entreprises, parce que cette fiscalité confiscatoire fragilise le capitalisme auquel je crois : un capitalisme familial, du long terme, enraciné dans nos territoires. De même je pense qu’il faut mettre sur la table la question d’une TVA relocalisation, pour rééquilibrer l’avantage en faveur de nos producteurs, en taxant davantage les importateurs, et réaffecter une partie du produit de cette TVA au pouvoir d’achat des plus modestes et à un effort supplémentaire dans l’éducation et la formation, qui sont des facteurs de compétitivité.

Et puis, c’est aussi une question de justice parce que si le travail ne paie pas assez en France, s’il est trop souvent mal rémunéré, c’est d’abord parce qu’il est trop taxé. C’est la raison pour laquelle je propose, par exemple, de créer une prime d’intéressement pour les salariés sur les bénéfices, avec zéro charge, pouvant aller jusqu’à 5 000 euros par an et par personne. Il est juste que les salariés bénéficient pleinement de la réussite de l’entreprise, sans voir leur salaire brut dévoré par un État vorace qu’on ne réforme pas. Et vous avez raison de souligner qu’au-delà des baisses d’impôts et de charges, la question de la dépense doit être traitée. Le problème de la France, c’est d’abord l’inefficacité de la dépense publique : les Français paient toujours plus cher un service public de l’éducation ou de la santé qui obtient toujours moins de résultats. Je veux que les gens en aient pour leur argent. Cela suppose, encore une fois, une grande réforme de l’État, qui doit notamment permettre une évolution de la fonction publique. En dehors des fonctions régaliennes, il faut inverser la logique : faire du contrat la règle et du statut l’exception. Mais cela implique aussi que la voix des contribuables soit véritablement entendue, que leurs choix soient pris en compte. Je veux que tous ceux qui paient l’impôt sur le revenu puissent librement affecter, à la politique publique de leur choix, au moins 5 % de leur contribution.

Vous aviez fortement critiqué la réforme des retraites de Macron, quelle réforme systémique du système de retraite proposez-vous ? Quelle place souhaitez-vous donner à la retraite par capitalisation ?

Je crois au système par répartition, à condition que ce système soit financé ! Pour qu’il le soit, nous n’avons d’autre choix que d’augmenter la quantité de travail, qui est chez nous beaucoup plus faible que dans les autres grandes nations. Si nous ne le faisons pas, nous n’aurons d’autres choix, pour éponger la dette sociale, que de baisser les pensions ou d’augmenter les cotisations. Cette vérité, Emmanuel Macron a choisi de ne pas la voir, de la dissimuler aux Français. C’est la raison pour laquelle il a conçu une réforme qui a tout d’une usine à gaz : on change tout, tous les régimes, tout le système, sauf ce qui pose problème, c’est-à-dire l’âge de départ à la retraite. Nous devons porter cet âge progressivement à 64 ans, et supprimer parallèlement les régimes spéciaux. Car là encore, c’est une question de justice. J’ajoute que la réforme avortée d’Emmanuel Macron était d’autant plus injuste qu’elle visait aussi à mettre la main sur les caisses de retraite qui étaient bien gérées, notamment celles des professions libérales.

Enfin, si vous êtes élu, pourriez-vous détailler votre programme des cent premiers jours ?

Sur le plan économique, et parallèlement aux baisses d’impôts et de charges, deux grandes réformes devront être immédiatement engagées : la réforme de l’État et celle des retraites. Dans un quinquennat, les premiers mois sont cruciaux : le Président dispose d’une légitimité qu’il doit utiliser pour agir vite et fort. Mais je veux rajouter ceci : au-delà des questions économiques, la priorité première du prochain Président de la République devra être le retour de l’ordre. Cette priorité, je l’assume : sur le plan sécuritaire, migratoire, civique, la situation est devenue hors de contrôle. L’ordre est le préalable à tout, à la confiance, à la croissance. Nous ne redresserons pas notre économie en laissant s’écrouler la République, en abandonnant la Nation à ses déchirements. Au fond, il y a pour moi deux grands combats à mener : le combat pour la liberté, pour une société qui doit s’affranchir de la tutelle excessive de l’État nounou ; et le combat pour l’autorité mais aussi notre identité, pour tout ce qui a fait notre civilisation et fait les grandes nations.

Propos recueillis par Gabriel Collardey

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