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Etudiants étrangers en France : un racket du contribuable organisé par l’Etat

jeudi 4 novembre 2021, par Adélaïde Motte

Les études supérieures sont aujourd’hui une occasion rêvée de partir à l’étranger, d’approfondir une langue, de découvrir de nouvelles cultures et d’avoir accès à des cours qui ne sont pas dispensés dans son pays. La France s’applique à attirer toujours plus d’étudiants étrangers pour accroître son influence à l’international. Le calcul est-il si bon ?

En 2019-2020, la France comptait 14% d’étudiants étrangers. Une part qui croît rapidement, puisqu’ils représentent 38% de l’augmentation des effectifs sur dix ans. Ils viennent principalement de la Chine, du Moyen-Orient et de l’ensemble de l’Afrique. Pour les attirer, le gouvernement dépense plusieurs millions d’euros en labels d’accueil accordés à certains établissements et bourses d’études. Pourtant, il est permis de douter de l’efficacité de ces mesures coûteuses.

Les bourses gouvernementales destinées aux étudiants étrangers

En France, l’université est majoritairement prise en charge par le gouvernement, puisque les étudiants non boursiers paient environ 500€ de frais d’inscription par an, alors que leur année coûte en moyenne 11 530€ à l’Etat. Cette situation est déjà discutable, mais au moins, les parents desdits étudiants paient des impôts et cotisent. Il n’en va pas de même pour les étudiants étrangers : ceux qui ne sont pas ressortissants de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de Suisse déboursent en moyenne 2 770€ pour une année de licence et 3 770€ pour une année en master ou doctorat, soit environ le quart du coût réel de la formation, le reste étant gentiment payé par le contribuable. De plus, pour soutenir les initiatives d’accueil des établissements, le ministre de l’Enseignement supérieur annonçait pour la rentrée 2019 un fonds d’amorçage de 10 millions d’euros, constitué bien sûr d’argent public.

Par ailleurs, 15 000 des quelque 350 000 étudiants étrangers en France bénéficient de bourses d’exonération des droits d’inscription, attribuées par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Mais il y a mieux : le gouvernement français attribue une bourse à certains d’entre eux, que l’on nomme alors les boursiers du gouvernement français, ou BGF. En 2007, cette bourse pouvait comporter l’allocation d’entretien, qui s’élevait à 615€ par mois, éventuellement complétée par une indemnité de logement, et aussi, parfois, de l’exonération des frais d’inscription, des frais de scolarité de l’établissement, d’éventuels frais de soutien linguistique et, en cas de séjour supérieur à neuf mois, d’un forfait annuel pour l’achat de livres et de matériel pédagogique. Le tout sans compter bien sûr la Sécurité sociale étudiante sans cotisations, accordée aux étudiants de moins de 28 ans inscrits dans un établissement d’études agréé. Pour ce qui est des étudiants de plus de 28 ans, ou inscrit dans un établissement non-agréé, leurs frais de santé sont pris en charge par le ministère des Affaires étrangères.

Bienvenue en France : l’aubaine pour l’Afrique

En novembre 2018, lors de l’inauguration des rencontres Campus France, le gouvernement Macron lançait le programme « Bienvenue en France » destiné à augmenter l’attractivité du pays pour les étudiants étrangers, avec une attention toute particulière pour l’Afrique. L’objectif : avoir 500 000 étudiants internationaux en France en 2027. En 2018, ils étaient environ 350 000. Le programme prévoyait une politique d’accueil des étudiants africains et le développement des universités africaines, le tout à grand coût d’argent du contribuable. A titre d’exemple, un appel à projets, financé par 20 millions d’euros venant de l’Agence française de développement, donc du gouvernement français, est mené par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, au titre de la politique d’aide aux pays en voie de développement.

La France pense de plus en plus son avenir comme lié à celui de l’Afrique, et le système universitaire ne fait pas exception. Ainsi, 51% des étudiants étrangers inscrits en France en 2019-2020 venaient d’Afrique ou du Moyen-Orient, soit une progression de 33% en cinq ans, avec une présence importante du Maroc (8% des étudiants étrangers) et de l’Algérie (5%). Ces étudiants sont principalement en licence et en master. L’Algérie, le Maroc et la Tunisie n’arrivent que dans les six premiers pays d’envoi de doctorants, dépassés par la Chine, l’Italie et le Liban. Les étudiants subsahariens fournissent la plus importante progression d’étudiants étrangers : 20% en 2014 et 23% en 2019-2020. Ils sont très friands d’études à l’international. Ainsi, 4,6% d’entre eux choisissent cette option, contre 2,4% en moyenne pour les étudiants du monde entier. Les trois quarts des étudiants subsahariens quittent le continent africain, et 12% d’entre eux partent en France, ce qui en fait le premier pays d’accueil.

Les étudiants étrangers en mission d’espionnage ?

L’université française compte ainsi 16% d’étudiants étrangers, dont 41% en doctorat. La France est le troisième pays d’accueil des doctorants. D’où viennent-ils ? Surtout de Chine, premier « pays sortant » du monde. C’est-à-dire celui qui envoie le plus grand nombre d’étudiants hors de ses frontières, notamment vers le Vieux Continent où ils forment le plus gros contingent d’étudiants étrangers. En Europe, un étudiant en mobilité internationale sur dix, soit 240 000, est chinois.

Or, la Chine est passée maître dans l’art de travailler avec les pays occidentaux pour copier leurs savoir-faire. Elle l’a fait dans les années 80 avec les technologies d’extraction des métaux rares, ces matériaux indispensables à notre monde d’aujourd’hui, qui se retrouvent dans tous les composants électroniques. Elle le fait aujourd’hui en envoyant infiniment plus d’étudiants à l’étranger qu’elle n’en reçoit des autres pays. On pourrait justifier ce ratio par sa population importante, mais l’explication ne tient pas quand on la compare à l’Inde. Ainsi, en 2020-2021, la Chine envoyait près de 925 000 étudiants à l’étranger, contre 375 000 pour l’Inde, soit près de trois fois moins pour des populations sensiblement identiques, à 50 millions près. Enfin, depuis 2002, la Chine est le seul pays sortant à soutenir une croissance forte et continue du nombre d’étudiants envoyés à l’étranger.

Décidément, la France a un modèle social que tout le monde lui envie : la preuve, les étudiants se pressent pour en profiter. Etrangement, ce modèle est beaucoup moins enviable lorsqu’il s’agit pour nos voisins de l’importer en augmentant les impôts et cotisations. Pourtant, malgré tous ses efforts, la hausse de l’attractivité universitaire de la France n’est pas notable comparé à celle d’autres pays, comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. Et pour cause : le tout-gratuit se fait au détriment de l’innovation et de la compétitivité des universités.

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/Etudiants-etrangers-en-France-un-racket-du-contribuable-organise-par-l-Etat

Vos commentaires

  • Le 5 novembre à 09:19, par Leimbacher En réponse à : Etudiants étrangers en France : un racket du contribuable organisé par l’Etat

    Informations à transmettre impérativement aux candidats à la présidentielle .

  • Le 5 novembre à 18:18, par Obeguyx En réponse à : Etudiants étrangers en France : un racket du contribuable organisé par l’Etat

    Tout le monde envie notre système social sauf ceux qui le paye. 67 000 000 d’habitants et 32 000 000 qui payent la facture totale. En plus on rase gratis à travers toute la planète sans ou avec peu de contrôle. Je rêve le jour où on saisira la fortune des élus politiques qui ont dilapidé la richesse créée par nos anciens (et pas avec 35 heures et 5 à 6, voire 7 semaines de congés).

  • Le 6 novembre à 12:02, par Jean-Paul Barman En réponse à : Etudiants étrangers en France : un racket du contribuable organisé par l’Etat

    Le texte indique "14% d’étudiants étrangers" en France au 2e paragraphe et "16%" à l’université française au 3e avant la fin. Y aurait-il des étudiants non universitaires ?

  • Le 7 novembre à 02:20, par Montenay En réponse à : Etudiants étrangers en France : un racket du contribuable organisé par l’Etat

    Bonjour,
    Je regrette cet article qui ne présente que le côté coût et le risque d’espionnage côté chinois. C’est exact, mais ça me rappelle ces gens qui ne veulent pas avoir d’enfants parce que ça coûte trop cher. Car si l’importance tant en argent qu’en investissement pour l’avenir est beaucoup plus important dans le cas des enfants que dans celui des étudiants étrangers, il est de nature assez semblable : on construit l’avenir !
    Certes une partie des rejetons (et des étudiants) auront un rôle négatif, mais il n’est pas question de s’arrêter pour autant pour des raisons tant individuelles que nationales (notamment disparition du pays : c’est ce qui est en train d’arriver au Japon et à la Corée-du-Sud, et demain à l’Italie et bien d’autres)

    Yves MONTENAY, démographe (Voir yvesmontenay.fr, et taper Démographie dans le moteur de recherche interne)

  • Le 7 novembre à 21:59, par Philippe Odouard En réponse à : Etudiants étrangers en France : un racket du contribuable organisé par l’Etat

    Votre article est tres interessant. Les principales universites des pays prenant beaucoup d’etudiants etrangers(USA, UK, Australie...) facturent leur prestations avec un profit non negligeable par rapport a leurs couts et la demande est tres importante. Soliciter le contribuable francais pour former des etudiants a la recherche de technologie ou des candidats a l’immigration ne me semble pas etre une strategie gagnante. Il faudrait faire payer le cout plus marge aux pays semi developes comme la Chine et peut etre leur interdire les cours technologiques (sciences, medecine...). Pour les pays pauvres, les subventions devraient etre remboursables si l’etudiant s’installe en Europe. Si il retourne chez lui, il contribuera au developement de son pays avec sa formation. La subvention est alors justifiee et acquise au titre de l’aide au developement..

  • Le 8 novembre à 06:10, par virginie En réponse à : Etudiants étrangers en France : un racket du contribuable organisé par l’Etat

    Quand je pense que j’ai remué ciel et terre, écrit à tous pour que mon fils puisse bénéficier des 500€ pour le permis pour les apprentis dès janvier quand j’ai vu l’article.

    J’ai relancé à plusieurs reprises, allez voir une adjointe de Mr Darmanin.

    Mais non, un enfant qui fait son apprentissage en belgique n’a pas le droit à cette prime, alors qu’on arrête de vanter l’ue à tout va parce que lorsque l’on fait quelque chose hors du pays on a des soucis

  • Le 9 novembre à 10:16, par Adélaïde Motte En réponse à : Etudiants étrangers en France : un racket du contribuable organisé par l’Etat

    Merci à tous pour vos commentaires,
    Pour répondre à Montenay, il peut être enrichissant pour un pays d’accueillir des étudiants étrangers, en particulier s’ils viennent grâce à des partenariats avec des universités françaises, qui peuvent donc envoyer leurs étudiants français à l’étranger.
    Mais en l’occurrence, l’accueil d’étudiants étrangers se fait à prix d’or pour les contribuables, dont certains peinent déjà à financer les études de leurs propres enfants. Il ne s’agit pas de refuser la venue d’étudiants étrangers, mais d’interroger les moyens financiers que mobilise l’Etat pour les attirer.

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