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Etats-Unis : ce qu’on dit et (surtout) ce qu’on ne dit pas
De la nécessité d’injecter un peu de bon sens et de bonne foi chez certains commentateurs

Fin du mois de février. On commence à comprendre que le coronavirus est très dangereux, que la pandémie enfle rapidement et qu’aucun traitement ne parvient à guérir les malades. Un bruit court et il est repris par des médias très sérieux : le président Trump aurait payé 1 milliard de dollars à un laboratoire allemand pour bénéficier de l’exclusivité (sic) d’un traitement et/ou d’un vaccin contre le virus. La Maison Blanche et le laboratoire CureVac ont démenti catégoriquement. Depuis, plus de nouvelles de ce milliard et des vaccins...

L’Amérique championne des tests, coachée par un émule de Pol Pot ?

Début mars, les médias reviennent cependant à la charge : la Maison Blanche et le président Trump auraient ordonné la saisie de millions de masques sur plusieurs aéroports européens. Reprise en boucle, « l’info » a fait long feu, c’était du faux... Mi-avril, autre info du même tonneau : les tests coronavirus aurait pris un énorme retard aux Etats-Unis à cause, vous l’avez deviné, de l’administration Trump. En fait, pour aller plus vite, une décentralisation a été opérée, les Etats ont reçu de la FDA (Food and Drug Administration) le pouvoir de mettre les tests en place chacun sous leur responsabilité en s’appuyant sur les laboratoires locaux, sans autre formalité. Aujourd’hui, l’Amérique est le pays qui a réalisé le plus de tests en chiffres absolus (environ 5 millions) alors qu’en France nous n’avons pas encore atteint 500.000 (464 000 selon le dernier chiffre).

24 avril. La nouvelle se répand à la vitesse de l’éclair, un grand nombre de medias la reprennent avec délectation : le président Trump a affirmé, lors de sa conférence de presse quotidienne, que « les Américains doivent ou devraient s’injecter de l’eau de Javel et s’exposer aux UV pour se débarrasser du coronavirus » !!! On peut même l’entendre, sur une vidéo d’une vingtaine de secondes mise en ligne pour preuve. On vous le dit, et on vous le montre ! Il est dingue ! A la suite de ces déclarations fracassantes, certains scientifiques, certains politiques, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et ailleurs, inquiets, ont adjuré la population de ne pas boire de l’eau de javel.

On n’a pas comparé Trump à Pol Pot, mais il s’en est fallu de peu... « S’injecter du désinfectant »... Quel genre de personnage, président d’une superpuissance, irait donner pareil conseil devant les cameras du monde entier ? Pourtant, des médias du monde entier l’ont cru, soulevant une grande vague d’indignation moutonnière, aussi haute que celle de Nazaré. Et c’est ce qui étonne. Chez nous, des journalistes d’organes pourtant réputés fiables, des correspondants aux Etats-Unis, ont foncé tête baissée dans ce qu’ils ont présenté comme les effarantes élucubrations du « docteur Trump ». Sans prendre la peine, élémentaire, d’aller voir à la source.

La source, c’est la conférence de presse de Donald Trump, mais toute la conférence et pas seulement les vingt ou trente secondes qui ont circulé. Le directeur de la science et technologie au département de la Sécurité intérieure, Bill Bryan, venait de faire allusion à divers désinfectants capable de tuer le virus en trente secondes sur des surfaces. Le président Trump pose alors une question : serait-il possible de trouver un procédé pour envoyer, introduire dans le corps quelque chose qui, de la même manière en quelque sorte, agirait comme un nettoyant ? A la fin de la conférence de presse, c’est un journaliste, Jonathan Karl d’ABC News, qui a demandé si l’on pouvait injecter un désinfectant ou de l’eau de javel dans le corps d’un patient contaminé. Bill Bryan et Trump ont sans aucune équivoque écarté l’idée. Mais il était tellement tentant, et facile – il suffit parfois d’une traduction légèrement tendancieuse – de transformer en insanités des propos lancés à la volée...

Il a aussi été question des UV, très efficaces pour neutraliser le virus. Comme cet effet est connu, qu’il a été prouvé, d’une manière générale, sur les organismes pathogènes, les moqueries amorcées ont assez vite été remballées. Pire, un directeur de laboratoire (Aytu BioScience) a même été censuré sur les médias sociaux parce qu’il a osé confirmer les propos de Trump les effets des UV à l’intérieur du corps !

Les médias unanimes... dans l’adhésion aux démocrates

Le consensus idéologique anti-trump de la plupart des journalistes pourrait à la rigueur faire rire et conforter dans leur défiance ceux qui, de plus en plus nombreux, rejettent les médias classiques. Mais ce serait traiter un peu à la légère le code déontologique qui devrait guider les médias et implique la neutralité. On peut, bien entendu, critiquer Trump. Mais de manière solide et argumentée, pas de manière hystérique. Chez certains obsessionnels, c’est une cible unique, ils sont comme les chevaux qui portent des œillères afin de restreindre leur champ de vision et ne pas être distraits par autre chose que leur objectif.

A tel point que la plupart des correspondants français aux Etats-Unis se sont transformés en VRP du parti démocrate. Qui s’est moqué de Nancy Pelosi, la présidente de Chambre des représentants, quand (le 24 février) elle s’est exhibée dans Chinatown, à San Francisco, invitant tout le monde à s’y rendre, étant donné que le virus n’était en rien un problème ? Les démocrates ont d’ailleurs pris la mesure du danger bien après que Trump eut interdit (1er février) les vols en provenance de Chine. Le 25 février, ils participaient encore à un débat des primaires en Caroline du Sud sans nullement s’inquiéter du Coronavirus.

Combien de journalistes ont mentionné les récentes (14 avril) accusations d’ « agression sexuelle » à l’encontre du candidat démocrate Joe Biden ? En septembre 2018, le juge Kavanaugh a été cloué au pilori partout lorsque des accusation similaires ont été portées contre lui. Deux poids, deux mesures ?

Encore plus important, qui a parlé du Cares Act (Coronavirus Aid, Relief and Economic Security) ? Qui a signalé les suppressions, par centaines depuis environ deux mois, de normes et de réglementations, afin de faciliter la lutte contre le virus ? Que l’administration réponde à une crise grave par de la déréglementation et de la décentralisation est, selon les experts, un phénomène totalement inédit. Trop étrange pour que nos journalistes en comprennent la portée ?

Où étaient les observateurs et les spécialistes des Etats-Unis lorsque, mi-avril, on a découvert de nouvelles preuves de l’implication de la Russie – et de sa campagne de désinformation auprès du FBI lui-même – lors de la Russiagate qui avait mis Trump en cause, à tort comme l’a montré le rapport Mueller ? De plus, les démocrates refusent de rendre publics les témoignages des 43 personnes « clés » dans cette affaire. Comme on attend toujours de connaître l’identité du fameux « témoin » de la Maison Blanche à l’origine de la procédure de destitution, l’année dernière.

Tout le monde l’admet, Trump donne beaucoup de verges pour se faire battre, ne serait-ce que par ses tweets compulsifs et, souvent, contradictoires. Mais un bon journaliste est-il nécessairement un journaliste anti-trump ? La preuve est loin d’en être faite…

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