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Comment la Chine contrôle sa population

lundi 5 avril 2021, par Adélaïde Motte

La Chine use de moyens anti-démocratiques et contraires aux droits de l’homme pour gouverner. Qu’il s’agisse de religion ou de courant politique, aucun mouvement ni aucun particulier n’est à l’abri.

Si l’opinion publique occidentale s’émeut de plus en plus du sort des Ouïghours, ils ne sont pas les seuls, loin de là, à être persécutés en Chine. Avocats, journalistes, militants, prêtres, moines bouddhistes et croyants sont couramment inquiétés par le gouvernement.

Le lourd contrôle de la Chine sur les religions

Le contrôle des religions ne date pas de la révolution dans ce pays immense, à la population nombreuse et aux disparités importantes. Certains spécialistes de la Chine considèrent que, pour gouverner un pays si particulier, il faut une idéologie forte. C’est la raison pour laquelle l’Etat domine les religions, quelles qu’elles soient, depuis si longtemps. La dynastie Qing, au pouvoir jusqu’en 1911, interdisait par exemple la construction privée de temples et de monastères. La religion catholique est regardée d’un œil particulièrement méfiant à cause de ses liens avec le Pape. Elle est considérée comme solidaire des puissances occidentales. En 1960, K.C. Yang, sociologue américain d’origine chinoise, écrivait : « la seule religion organisée par laquelle le régime communiste chinois se sent menacé est le christianisme, et plus particulièrement l’Eglise catholique ».

Afin de mieux les surveiller, le gouvernement chinois a créé pour chaque religion une association nationale spécifique : l’Association nationale islamique de Chine, l’Association bouddhiste de Chine, le Mouvement patriotique des trois autonomies de l’Eglise protestante chinoise, l’Association taoïste de Chine et l’Association patriotique des catholiques chinois. Cette dernière a été particulièrement difficile à mettre en place. Encore aujourd’hui, le Bureau des affaires religieuses doit exercer de fortes pressions sur le clergé pour qu’il adhère à l’association. Selon les dernières données, en 2019, il existait encore plusieurs prêtres dits « souterrains », qui s’y refusaient et se cachaient. Le diocèse de Zhangjiakou, proche de la capitale, en signalait aussi quatre qui avaient été emprisonnés et endoctrinés. Autre tactique pour accroître la sinisation des religions : l’édition de nouvelles versions des textes de référence, adhérant mieux à l’idéologie du Parti. Xi Jinping a ainsi demandé une réécriture de la Bible, dont les Evangiles. Le Coran et les sutras bouddhistes ne sont pas non plus épargnés.

Pendant plusieurs décennies, deux Eglises ont cohabité en Chine, l’une « patriotique », officielle, et l’autre clandestine. En septembre 2018, le pape François a signé un accord avec le gouvernement chinois pour tenter d’améliorer la situation des catholiques. Il n’a pas eu l’effet escompté. Plusieurs chapelles clandestines ont été fermées, et le contrôle de l’Etat sur les églises s’est renforcé. Dans toutes les églises du diocèse de Wenzhou, on peut voir un tableau où figurent les représentants du Bureau national des affaires religieuses, qui viennent régulièrement inspecter les lieux, écouter les sermons et vérifier que les prêtres sont enregistrés dans les documents nationaux.

Le contrôle de la presse et l’absence de liberté d’expression en Chine

Les religions ne sont pas les seules à faire les frais du contrôle communiste. Freedom House, ONG américaine qui publie un indice de liberté pour un grand nombre de pays / qui note un grand nombre de pays sur la place qu’ils font à certaines libertés, classe la Chine dans les pays non libres quant aux libertés politiques (-2) et individuelles (11), donc au final 9/100. Idem pour la liberté d’Internet, avec un score de 10/100 : 8 en accès, 2 en liberté du contenu et 0 en droit des usagers. Le réseau social Weibo, très utilisé en Chine, a par exemple tenté en 2018 de supprimer le contenu relatif aux gays, et en 2019, aux lesbiennes.

En ce qui concerne la liberté de la presse, la Chine arrive 177e sur 180. De nombreux journalistes, avocats et fondateurs de sites internet sont arrêtés, leurs familles surveillées. L’épouse d’un avocat incarcéré témoignait de sa difficulté à trouver un logement et une école pour son fils. Le gouvernement intimidait les propriétaires et directeurs d’écoles auxquels elle s’adressait. Quand la Chine ne peut pas contrôler l’information, elle en invente une nouvelle. Témoin cette fausse journaliste inventée de toutes pièces. Laurène Beaumont, à la chevelure brune tirée d’une image IStock et à la carte de journaliste introuvable, affirmait bien connaître le Xinjiang et ne pas y avoir vu les persécutions contre les Ouïgours.

Cette mainmise du gouvernement est rendue possible par l’omniprésence du Parti communiste, ou PCC, qui contrôle toutes les autres associations politiques (on en compte huit). Le Bureau politique du PCC prend la plupart des mesures importantes appliquées par l’exécutif gouvernemental. L’organigramme ci-dessous, constitué à partir d’informations rassemblées par l’IREF, montre les grandes lignes de l’administration et permet de constater que le PCC tient les pouvoirs exécutif et législatif. La puissance du Parti communiste ne pose pas seulement problème pour la Chine. Elle est aussi très inquiétante pour la scène internationale, comme le montre la crise sanitaire actuelle. La place de la Chine dans l’Organisation mondiale de la santé a eu un impact déplorable sur l’information diffusée à l’international. En effet, la Chine a tout tenté pour cacher l’existence et la dangerosité du Covid-19.

La Constitution chinoise définit la République Populaire de Chine comme un Etat socialiste de dictature démocratique populaire. En 2018, l’Assemblée nationale populaire a approuvé la suppression de la limite de deux mandats présidentiels. Cela signifie que, théoriquement, Xi Jinping, secrétaire général du Parti communiste et président, pourrait garder le pouvoir à vie. Et que le respect des droits de l’homme n’est pas pour demain en Chine.

Sources :
https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/La-Chine-le-grand-bond-en-arriere
https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/Faut-il-craindre-la-Chine
https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/La-Chine-trompe-le-monde
https://chine.in/guide/censure-internet_1089.html
file :///C :/Users/Nicolas/Downloads/HMC_040_0142.pdf
https://www.chemere.org/blog/2020/1/24/catholiques-chine
https://chine.in/guide/association-patriotique-des-catholiques_2497.html
https://www.cath.ch/newsf/lorganisation-de-leglise-en-chine-pose-toujours-question/
https://missionsetrangeres.com/eglises-asie/1997-09-16-lassociation-patriotique-des-catholiques-chinois-1/
https://import-export.societegenerale.fr/fr/fiche-pays/chine/presentation-politique
https://freedomhouse.org/countries/freedom-world/scores
http://french.china.org.cn/china/txt/2014-07/01/content_34399064.htm
http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Chine-pour-une-Bible-conforme-a-la-ligne-du-Parti
https://www.amnesty.org/fr/countries/asia-and-the-pacific/china/report-china/

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/Comment-la-Chine-controle-sa-population

Messages

  • Pour ce qui est de la mise au pas des religions, la Chine communiste a eu un excellent exemple avec la Révolution Française, qui a exigé des prêtres le fameux serment. Là aussi, ont subsisté des réfractaires, au péril de leur vie, et plus encore qu’en Chine d’ailleurs. Mais heureusement chez nous, cela n’a pas duré aussi longtemps qu’en Chine...

  • Ce serait sans doute bien d’écrire aussi un article sur les pays européens qui depuis un an sous le prétexte de lutter contre une épidémie, bafoue les droits fondamentaux des citoyens (liberté de se déplacer, liberté de travailler, liberté de se réunir dans un lieu de culte, port du masque obligatoire...). Sans oublier le fameux pass sanitaire ou vaccinal que l’UE essaie de nous refourguer pour circuler comme dans tout bon régime totalitaire. Franchement, sommes-nous encore crédibles pour faire des leçons aux autres ?

  • Ce serait sans doute bien d’écrire aussi un article sur les pays européens qui depuis un an sous le prétexte de lutter contre une épidémie, bafoue les droits fondamentaux des citoyens (liberté de se déplacer, liberté de travailler, liberté de se réunir dans un lieu de culte, port du masque obligatoire...). Sans oublier le fameux pass sanitaire ou vaccinal que l’UE essaie de nous refourguer pour circuler comme dans tout bon régime totalitaire. Franchement, sommes-nous encore crédibles pour faire des leçons aux autres ?

  • Franchement, comparer l’Europe à la Chine, en matière de contrôle de la population, il faut oser !
    Il y en a qui sont vraiment mal dans leur peau.

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