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Comment l’Etat s’apprête à faire les poches des retraités

Attention, nouvelle arnaque en vue !

lundi 11 janvier 2021, par Thierry Benne

Une fois de plus fort pris au dépourvu tel la cigale de la fable après n’avoir cessé de dépenser sans compter pour faire face à la pandémie, l’État s’apprête semble-t-il -notamment sur les conseils du Comité de Suivi des Retraites- à faire une nouvelle fois la poche des retraités.

Deux raisons sont avancées :
I – les pensions des retraités font partie des rémunérations qui n’ont pas été affectées par les diverses mesures de restriction ou de fermetures prises au titre de l’épidémie et pour rétablir l’équité, il faut donc exiger des retraités sous une forme ou sous une autre une sorte de contribution de solidarité ;
II - le niveau de vie des retraités dépasse encore légèrement aujourd’hui le niveau de vie moyen de l’ensemble des ménages.
En réalité, et comme nous allons le démontrer, ces deux raisons sont toutes aussi mensongères l’une que l’autre.

I – LE MAINTIEN DU MONTANT DES PENSIONS DE RETRAITE

Le choeur des censeurs, qui ne brille pas davantage par sa clairvoyance que par son sens de la justice sociale, dénonce l’injustice insoutenable qui fait, qu’à l’écart de la pandémie, les pensions des retraités ont continué a être versées dans leur intégralité, alors que d’autres catégories sociales, telles les chômeurs partiellement indemnisés ou les indépendants contraints de cesser leur activité, ont vu chuter leurs rémunérations en dépit des indemnisations mises en place. Ils estiment donc que les retraités ainsi privilégiés doivent en retour un sacrifice particulier sur leurs pensions à la solidarité nationale.
Assurément, c’est aller un peu vite en besogne, car :
- en terme de vies humaines, les retraités sont ceux qui ont payé le plus lourd tribut à la pandémie, aggravé encore par le comportement erratique des pouvoirs publics qui ont confiné nombre d’EHPAD, en les interdisant pratiquement de soins et dans des conditions qui s’apparentent davantage à une forme larvée d’euthanasie qu’à une approche curative.
- il y a en dehors des indépendants de nombreuses catégories sociales – dont la plupart des emplois publics- qui n’ont rien perdu à la pandémie, tout simplement parce que leurs salaires et avantages ont été intégralement maintenus, même pendant les périodes de confinement les plus strictes.
- on observe même que certains actifs ont fait mieux que tirer leur épingle du jeu , soit que le télétravail mis en place ait considérablement réduit leurs frais d’emploi et de garde , soit que le maintien intégral de leur rémunération antérieure se soit accompagné de substantielles réductions de service, voire parfois de quasi- suppressions de service ( notamment poste, justice, enseignement, guichets de Sécurité sociale et comme de juste : RATP et SNCF).
- pourtant entre un retraité qui a perçu l’intégralité de sa pension après avoir dûment acquitté ses cotisations et un salarié dont tout le salaire a été maintenu pendant les périodes de confinement sans plus accomplir son service, quel a été le mieux traité ?
Il n’y a donc aucune raison que les retraités, les plus durement touchés par la pandémie, soient les seuls à acquitter sous une forme ou sous une autre une sorte nouvelle contribution de solidarité nationale, alors que de nombreuses catégories sociales plus épargnées et mieux soignées et d’autres plus chanceuses encore ont réussi jusqu’ici à traverser la crise sans dommage pécuniaire ou sanitaire apparent et même parfois avec profit. Et si vraiment, nos censeurs tiennent à leur contribution, qu’ils la proposent donc en priorité à tous les corps de la fonction publique dont le salaire a été intégralement maintenu sans que le service fait le soit également ! Mais ce n’est sans doute pas un hasard, si la plupart des bonnes âmes qui veulent taxer les retraités appartiennent précisément à la fonction publique.

II – LA RÉFÉRENCE FALLACIEUSE AU NIVEAU DE VIE

Il est de bon ton dans les milieux gouvernementaux, comme dans certaines publications statistiques ou encore dans la
haute fonction publique de substituer la référence du niveau de vie à celle du montant des pensions pour "piloter" l’indexation de ces dernières, en en profitant pour réduire au pain sec les retraités, qui assistent impuissant au gel répété de leurs pensions ou à l’augmentation non compensée de leur CSG. Cela permet de faire des retraités des privilégiés puisqu’en 2018, leur niveau de vie mensuel par unité de consommation s’établit à € 2 100 contre € 2 041 pour la moyenne de l’ensemble de la population. Or dans tous les cas, ce calcul est intellectuellement malhonnête et moralement inadmissible. En effet le niveau de vie ajoute au montant des pensions de retraite, d’éventuelles rémunérations accessoires, divers transferts et surtout le montant des revenus du patrimoine des retraités. Or pour s’en tenir à ces derniers :
- le patrimoine, qui s’acquiert par accumulation, croît normalement avec l’âge de son détenteur et toutes conditions égales par ailleurs un septuagénaire, ayant gravi tous les échelons de sa carrière, dégagé au surplus des charges de famille et d’emprunts a inévitablement un patrimoine plus important qu’une jeune quadragénaire, au milieu de sa carrière et supportant à la fois des charges de famille et d’emprunt. Donc, on ne peut statistiquement comparer les revenus du patrimoine d’un retraité avec ceux nécessairement très inférieurs de la moyenne des Français développant une moyenne d’âge inférieure de moitié ou presque à celle des retraités. Les premiers sont inévitablement à raison du temps plus importants que les seconds. Et ce sont essentiellement les écarts enregistrés sur ces revenus du patrimoine qui permettent aux retraités, malgré des pensions inévitablement inférieures aux salaires, d’obtenir in fine un niveau de vie légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population, en sachant toutefois que cette situation n’est que provisoire, car les salaires augmentent plus vite que les pensions.
- inversement et cette évidence semble curieusement échapper au Comité de Suivi des Retraites, tous les retraités n’ont pas nécessairement un patrimoine important et on ne peut pas régler de manière uniforme, aveugle et a minima la revalorisation uniforme des pensions de tous les retraités, en se référant aux revenus moyens d’un patrimoine moyen, dont beaucoup de retraités ne disposent pas.
- enfin si malgré tout on tient à ce que l’indexation des retraites puisse être plafonnée en fonction du niveau de vie moyen des retraités, il n’y a aucune raison qu’une telle restriction ne pèse pas également sur les revenus de toutes les autres catégories sociales, dont la hausse des rémunérations devrait être aussi individuellement "pilotée" en fonction de l’importance de leur niveau de vie. On voit la suite...et certains des plus hauts corps de la fonction publique non dépourvus en patrimoine risqueraient fort de devoir prendre à leur compte l’inflation et plus si nécessaire À défaut, les principes constitutionnels d’égalité entre les citoyens et d’égalité devant la contribution aux charges de la Nation seraient donc une nouvelle fois bafoués, à moins que le Conseil constitutionnel ne se décide enfin à appliquer le texte même de la Constitution au lieu de l’interpréter et de l’infléchir au gré de ses humeurs !

CONCLUSION

Il est donc clair que, quelque soit le bout par lequel on aborde la question, elle ne reçoit jamais une réponse logiquement satisfaisante, juridiquement fondée, ni économiquement juste. Contrairement à ce que l’on tente de nous expliquer, l’institution d’un nouvelle mesure attentatoire au pouvoir d’achat des retraités ne correspond à aucun souci de solidarité, mais à une nouvelle manifestation de cette hargne anti-générationnelle qu’on voit poindre et s’épanouir librement contre les retraités considérés par certains comme autant de bouches inutiles à nourrir, par d’autres comme des parasites pour les générations plus jeunes, les derniers y voyant des nantis insouciants passant le plus clair de leur temps dans de luxueuses croisières vers des pays lointains. Quand en plus on s’aperçoit qu’en violation de toutes les déclarations internationales protectrices de droits de l’Homme, ces retraités sont abusivement exclus de toutes les institutions consultatives et de la plupart des caisses de retraite du pays, quand on sait qu’ils ne manifestent guère qu’exceptionnellement et alors toujours ou presque pacifiquement, on a tous les éléments de réponse à la revendication de nos censeurs. On sait maintenant qu’elle ne doit rien à l’intérêt général, mais bien plutôt à une volonté prédatrice et malsaine d’imposer une nouvelle mortification aux aînés, sans même s’apercevoir que ce sont leurs propres parents que nos justiciers s’apprêtent à appauvrir une nouvelle fois. Et puis, il n’est pas besoin d’être un politologue avisé pour craindre qu’en 2022 lors des prochaines échéances électorales nationales, les plus de 17 millions de retraités ainsi "matraqués" ne manifestent plus tout à fait la même fidélité à un pouvoir qui, durant cinq ans, n’aura cessé de se moquer d’eux, de les mépriser et de les châtier. Tous ceux qui leur doivent leur élection, feraient bien d’y penser dés maintenant.

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Vos commentaires

  • Le 12 janvier à 04:56, par DUBOSCQ Thérèse En réponse à : Retraités pas si heureux que l'on veut bien le dire.

    A 80 ans je dois m'occuper de ma fille handicapée à plus de 80 % (handicap dû à la sage-femme) et de mon époux handicapé également à plus de 80 %, je ne perçois aucune aide et j'ai encore des crédits à assumer pour ma maison. J'ai des difficultés pour me nourrir correctement en fin de moi. Une maison coûte cher surtout quand il faut refaire la toiture. Certaines personnes parlent sans savoir. N'oublions pas que les salaires augmentent contrairement aux retraites.

  • Le 12 janvier à 05:33, par Tresceptique En réponse à : Polémique inévitable

    Toute ces discussions et décisions n'ont qu'une seule cause, notre système de retraite par répartition débile et en bout de souffle depuis 40 ans. Personne ne veut s'attaquer au totem de la gauche LA SOLIDARITÉ INTERGÉNÉRATIONNELLE (on voit où on en est)qui régit nos systèmes sociaux et les seules "réformes " qui sont entreprises consistent à répartir différemment la manne de plus en plus faible dont on dispose. En préservant bien entendu le système de ceux qui président à la gestion du système à savoir les syndicats composés quasi exclusivement de fonctionnaires. La réforme de Macron allait dans le même sens, et même si elle avait un certain courage n'aurait pas résolu le problème de fonds. Tout le reste est travail de communication.

  • Le 12 janvier à 06:02, par Laurent46 En réponse à : L'avenir sera pire

    Ce qui est clair en France c'est que les jeunes veulent immédiatement autant de biens et de fric que ceux qui ont déjà travaillé toute leur vie, et si possible ils exigent cela comme un droit sauf celui de travailler qui n'est pas un droit mais une corvée qu'il faut supprimer le plus vite possible.
    Et puis, ils ont tous le bac d'aujourd'hui qui vaut à peine le certificat d'études d'il y a 40 ans mais qui leur donne la prétention d'être chef et mieux encore dans un établissement public, là ou les contraintes sont les moins fortes, les heures de travail les plus faibles, beaucoup de vacances, de RTT quelques journées de maladie de plein droit ou de "bon citoyen" et surtout un salaire assuré pour le restant de ses jours sans trop d'efforts.
    Et c'est aux anciens ceux qui on fait 35 h en deux jours, travaillé les samedi pour se construire un p'tit bien c'est ceux là les mauvais Républicain aujourd'hui, ils ne sont pas pour le partage, ils devraient chacun héberger au moins 1 migrant tous frais à leur charge, arrêter de prendre des médoc qui coûtent cher à la société, attendez de voir l'état des bofs des villes qui courent dès que possible, les genoux et d'autres organes seront tristes après 60 ans si ce n'est pas avant et ce jour là comme vont les choses aujourd'hui on les conduira à l'abattoir car derrière ça continue à pousser par une génération qui n'aura pas la même culture que les anciens. Mais à qui la faute ? depuis de très longues années j'entends les fainéants dire dès 45 ans il est temps de me mettre en retraite IL FAUT LAISSER LA PLACE AUX JEUNES ! on les a eu avec Sarko et Macron, Hollande n'était qu'un accident et ceux là pour 5 années de travail seulement partent avec une rente à vie et des avantages qui pourrait payer une centaine de smic par mois sans que cela ne pose de problème. Ils ne sont pas les seuls, la valse des Ministres contribue aussi à vider les caisses durant de longues années après un court passage parfois de quelques mois, ensuite les parlementaires qui ne sont pas les derniers à profiter de nombreux avantages et enfin la "Grosse" publique et para publique loin devant les créateurs de richesse qui triment pour survivre si d'aventure on ne leur interdit pas de travailler et en même temps de continuer à payer pour tous ceux précités. Le pire est devant nous car les factures vont arriver, l'argent n'est jamais gratuit même si Macron cherche à faire payer les créateur de richesse des autres pays qui n'en ont que faire de la France et de sa médiocrité pire encore la grande très grande prétention de la France leur procure une certaine haine envers le pays et ceux qui cultivent la fainéantise des catégories de profiteurs voire même de petits escrocs à col blanc précitées.
    Et pour payer les factures en MARCHE il faudra serrer jusqu'à atteindre une petite ou grande dictature seul moyen de confisquer tous les biens de la population Française sauf les biens des précités intouchables quoi qu'il arrive.

  • Le 12 janvier à 06:54, par Laurent46

    Vous avez parfaitement raison de parler de la gestion du système qui est un véritable nid d'Enarques qui dilapident l'argent de ces caisses sociales comme bon leur semble et qui s'octroient des rémunérations hors normes. Il en est aussi des heures de travail dans ces structures digne des meilleurs organismes publics. Reste le comportement de l'Etat qui ne cesse de taper directement ou indirectement dans toutes ces caisses ne serait-ce que par les montant exorbitants que l'Etat doit à ces caisse qui ne seront jamais versés. Dans les faits l'organisation de ces caisses est comme celle de l'Etat et des collectivités locales, l'argent des autres coule à flots et quand il n'y en a plus on tapes dans toutes les caisses, on fait des emprunts et on augmente les redevances, taxes et autres. C'est la nouvelle culture Française en Marche.

  • Le 12 janvier à 07:53, par aliss En réponse à : partage

    Lesquels de nos dirigeants, de nos élus, ont diminué leur salaire pour contribuer au redressement de nos finances ??

  • Le 12 janvier à 09:34, par DA85 En réponse à : Elus de la république

    Et si tous nos élus grassement rémunérés commençaient par abandonner 10% de leur salaire entre les sénateurs et les députés cela ferait une belle économie le salaire déguisé en remboursement de frais pourrait aussi être controlé mensuellement et versé seulement après justification de notes de frais

  • Le 12 janvier à 10:57, par Phldtr En réponse à : Dommage

    Dommage que de vérités clairement établies sur les retraites vous en tiriez des conclusions au minimum hâtive, voir fantasques.
    Oui pour votre regard sur les retraites et les retraités, du moins pour les basses ou moyennes retraites. Non pour la fonction publique... les enseignants sont au travail, et dans des conditions telles que les candidats ne se précipitent pas aux concours, encore moins depuis le début de la pandémie, impossible à gérer sérieusement avec les conditions de travail. Pour la fonction publique hospitalière je crois que la situation se passe de commentaires, vu le nombre de personnes qui ont pu applaudir à leur fenêtres.
    Pour ce qui est des conditions salariales... base salariale ( indice) bloquée depuis 10 ans, même pas l'evolution du coût de la vie...
    Pour les conclusions, même si elles vous arrangent il faut revoir vos cibles ce ne sont pas les fonctionnaires qui se sont enrichis sur ces 20 dernières années...

  • Le 12 janvier à 11:36, par RIBOULDINGUE En réponse à : Wait and See

    Pas d'affolement, les retraités ne sont pas tous touchés par Alzheimer et se rappellerons des prises de position de chacun au moment des élections car contrairement aux jeunes ils ont l'habitude de s'exprimer par les urnes

  • Le 12 janvier à 15:45, par Thierry BENNE

    @Phldtr

    Mon propos n'est pas de cibler, mais de constater. Est-ce que oui ou non, les établissements scolaires pour ne citer qu'eux ont été fermés en totalité ou en partie durant la pandémie actuelle ? Est-ce que pour autant les enseignants ont perdu tout ou partie de leur rémunération de base ? Dans toutes les autres administrations, combien de guichets durablement fermés au public, sans aucun service de remplacement ? Les Transports publics ont également fonctionné au ralenti (à l'inverse de beaucoup de transports privés sans doute plus résistants). Les musées sont également fermés et donc il y inévitablement des services qui n'ont jamais été rendus.Donc, même si la généralité de la fonction publique n'est pas concernée et notamment, comme vous le citez, les services hospitaliers mobilisés au contraire à l'extrême et des services régaliens (mais pas tous :) ont pleinement assuré leur tâche, il reste qu'il y a eu dans la fonction publique des services qui ont été rémunérés, sans jamais avoir été rendus. Et donc, avant de s'en prendre aux retraités pour s'attaquer une nouvelle fois à leur niveau de vie sans qu'ils aient tiré quelque avantage que ce soit de la Covid, il ne me semble pas inapproprié de se demander si d'autres catégories sociales ne se trouvent pas dans la même situation, voire même dans un situation plus avantageuse en cas de maintien intégral du salaire, alors que le service n'a plus été rendu ou n'a plus été que partiellement rendu. Et je soutiens simplement que le principe d'égalité voudrait alors que si l'on s'attaque aux retraités qui en fait n'on rien gagné à la Covid, on n'oublie pas les autres catégories sociales dont la Covid n'a pas amoindri les revenus, ou plus encore à celles qui ont tiré un avantage indiscutable de la période. Et si la fonction publique a une place de choix dans mes références, c'est qu'elle fournit et de loin (en dehors du SMIC) les plus gros bataillons des travailleurs qui ont réussi à préserver l'intégralité de leurs rémunérations, indépendamment du service réellement fait.

    Quant au blocage décennal du point d'indice que vous citez et qui est incontestable, il faut quand même le tempérer à la fois des assez nombreux reclassements catégoriels qui ont été opérés dans les emplois les plus modestes et aussi du cours normal de la carrière qui s'accompagne souvent d'un gain de points d'indices à chaque nouvel échelon. Les retraités n'ont rien de tel : aucun reclassement, aucune promotion, mais le gel prolongé des pensions , une augmentation de CSG non compensée et par là-même discriminatoire, enfin un déclassement économique constant et irréversible (le COR lui même en convient dans sa dernière livraison !).

    D'autre part, il est évident que le secteur des retraites est très largement sous la coupe de décideurs publics, comme l'a suffisamment montré la réforme des retraites en cours où pour l'instant les régimes spéciaux les plus favorisés sont à peu près le seuls à avoir renversé en leur faveur la table de jeu.

    Mais je ne veux pas arrêter mon propos à ces remarques. Le seul point qui vaille c'est qu'on ne peut prétendre pénaliser les retraités d'une situation dont ils ne sont pas responsables et dans laquelle ils n'ont rien gagné, alors que parce qu'elles sont plus nombreuses et qu'elles sont syndicalement mieux armées, on épargnerait des catégories qui, involontairement sans doute, mais effectivement quand même, ont tiré de leur moindre implication personnelle un avantage indiscutable de la Covid.

    Cordialement : Th.B

  • Le 12 janvier à 18:25, par Jean-Marc Chardon En réponse à : Les retraités, vaste communauté sans parole ni pouvoir !

    Il est de tradition politique de ne pas désigner d'avance les populations qui vont être mises à l'épreuve, afin de désamorcer toute rébellion. Les retraités ? En voilà une catégorie de population malléable sans trop de tapages, sans visibilité médiatique...Vu le nombre de retraités, à savoir plus de 17 millions, il est plus que vraisemblable qu'ils vont bientôt voir passer des coups de rabot sur leurs pensions. Le système par répartition est d'ailleurs en train de se retourner contre eux : qui peut imaginer que les nouvelles générations, beaucoup plus composites, plus individualistes, elles-mêmes empêtrées dans une crise salariale prolongée, vont continuer à cotiser plein pot pour les seniors ? Complètement Illusoire ! Si encore les retraités constituaient un groupe de pression, il resterait une modeste chance de résistance, mais tel n'est pas le cas. Ils sont complètement dispersés, et les organisations syndicales les regardent de loin. Juste le temps de les amadouer ou rivaliser avec les représentants politiques à l'approche des élections. Autant dire que demain le train des pensions à plein régime risque de s'essouffler sans même crier gare !

  • Le 12 janvier à 22:08, par nise En réponse à : Retraites méritées d'enfants nés pendant ou juste après guerre

    Les retraités n'avions pas des semaines de 35 h, ni six semaines de congés annuels, ni des rtt ; ils étaient enfants après guerre qui n'avaient pas tous mangé à leur faim ; il n'y avait pas d'électro ménager, ni pour certains d'électricité ni eau courante. Une retraite bien méritée par des années de privations et de fatigue !

  • Le 13 janvier à 11:40, par Bergerie26 En réponse à : Manque de nuances

    Bonjour,
    Je m'étonne du manque de nuance de l'article de Thierry Benne dans une publication comme celle de l'IREF que j'apprécie mais dont j'attends précisément que le traitement des sujets soit mis en perspective.
    A 56 ans, je suis toujours actif avec une espérance de retraite d'ici une grosse dizaine d'années. Entre 2 eaux en quelque sorte.
    Mon interprétation de la gestion de crise covid, en France et plus généralement en occident, est que précisément ce sont les tranches d'âge 35 à 75 ans (segmentation grossière j'en conviens) qui ont été principalement préservées. Les personnes très âgées (ephad) sont tragiquement maltraitées au sens où on les confine/isole au lieu de leur proposer une qualité de vie pour leurs derniers jours. Quant aux jeunes, pardon mais c'est un désastre absolu. Formation bâclée, jobs supprimés bref les forces vives de demain, qui en effet votent malheureusement peu, sont laissées sur le carreau. Je pense que ces éléments devraient être de nature à faire réfléchir les générations largement préservées. J'entends bien sûr que tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Il y a des retraités avec un grand confort financier et d'autres réellement en difficulté. C'est vrai. Pour autant, peut-on nier que les générations nées à partir des années 50 ont certes travaillés dur mais ont bénéficiés largement d'une croissance exponentielle, probablement trop exponentielle au regard des difficultés qui existent aujourd'hui indéniablement et ce quelque soit la position sur la manière de résoudre ces difficultés. Ces générations bénéficient aussi d'une espérance de vie record, qui pourrait bien ne pas être une possibilité pour les nouvelles générations sans d'ailleurs, à mon avis, que ce soit scandaleux... Je ne crois absolument pas à l'éternité sur terre, mythe délétère. Nous sommes des êtres finis et c'est tant mieux.
    Dans ce contexte, qui doit faire des efforts ? Ce ne doit pas être les seuls évidemment mais pour moi à l'évidence les retraités doivent contribuer aussi à ces efforts. Poser la question n'a rien de choquant. Je ne prétends pas avoir la réponse et certainement pas de réponse définitive. Mais à tout le moins, il est légitime et nécessaire de réfléchir à la question posément. Ce que ne permet pas cet article.

  • Le 13 janvier à 20:40, par Thierry Benne

    @ Bergerie 26

    Vous intitulez votre jugement :"manque de nuances", ce qui est d'ailleurs parfaitement votre droit. Vous ne m'en voudrez donc pas si en face, j'oppose un "manque d'expérience" tout à fait aussi catégorique.

    Vous exposez pondérément le sort peu enviable fait aux vieux de 75 ans et plus. Vous soulignez à juste titre le désarroi des jeunes. Et enfin vous suggérez que ce n'est pas parce que les anciennes générations ont travaillé beaucoup et sans doute nettement plus que les suivantes qu'elles doivent être exemptes d'un nouvel effort de solidarité envers la nation.

    Le problème c'est que vous oubliez les efforts consentis par ces générations lors de la réforme qu'en 1993 un Balladur pour se faire élire a lâchement réservé au privé. Vous oubliez aussi l'effort tout récent de la CSG non compensée aussi injuste que discriminatoire. Vous oubliez aussi toutes les mesures les plus misérables et les plus mesquines qui ont été prises - y compris par les syndicats - ces dernières années pour différer, rogner ou supprimer l'indexation des pensions.Vous oubliez aussi un indice du coût de la vie qui ne correspond en rien au profil de consommation des retraités et à l'explosion du reste à charge ou du coût des mutuelles sur les dépenses de santé lorsqu'ils pèsent sur un particulier.

    Même le Conseil d'orientation des retraites admet maintenant que le pouvoir d'achat d'un retraité baisse sur deux décennies au moins de 3% pour un non cadre privé et de plus de 9% pour un cadre privé et il suffit d'interroger de vieux retraités pour savoir que ces chiffres officiels sont très en dessous de la réalité vécue par chacun d'entre eux. D'autre part à l'inverse d'un actif, un retraité ne touche jamais au delà de l'inflation une augmentation de retraite, il ne bénéficie d'aucun reclassement, ni d'aucune augmentation de pension. Donc en matière de sacrifices, les retraités ont le sentiment qu'ils ont déjà donné et même beaucoup donné.

    Mais après tout, il y a hors chômage endémique près de 20 millions de salariés dont les salaires ne baissent pas, dont les carrières progressent et dont certains n'ont absolument rien perdu à la pandémie, parce que notamment ils ont continué à percevoir l'intégralité de leur salaire sans fournir à due hauteur le service qui le justifiait. Comment veut-on donc s'en prendre aux retraités qui n'ont rien gagné - sauf le plus fort contingent de décès - à la pandémie, alors qu'on épargnerait les millions d'actifs qui parfois sur plusieurs mois ont perçu très discrètement durant la pandémie, des gains non causés qui n'avaient rien de négligeable.

    En clair, je serais très étonné que d'ici une vingtaine d'années lorsque vous aurez personnellement vécu l'expérience de la retraite pendant une bonne dizaine d'années (et cela ne s'améliorera pas après !), vous trouviez toujours que ma position manquait de nuance (mais je ne serais probablement plus là pour la défendre...).

    Cordialement quand même , bon courage pour les quelques années qui vous séparent encore du havre que vous espérez et ensuite bonne retraite.

    Th. BENNE

  • Le 14 janvier à 15:13, par thompi

    Effecytivement les retraites ces nantis doivent payer ! ils ont deja commencé si j'en juge par ma pension (offcier en retraite je bénéficie d'une pension et non d'une retraite) c'est le statut lorsque j'ai signe mon engagement en ecole d'officier j'ai passé un contrat avec l'etat maintenat on dit je crois republique le citoyen (mot creux à la mode) que j'atais a passe un contrat qui oàbligeait eles deux parties, moi a servir en tous lieux et en tous temps en fermant ma g et en acceptant de servir eventuellement des dictatures au nom de notre democratie donneuse de leçons en contre paertie la république m'assurait une pension indexee sur le popint d'indice, premier malhonnetete ce n'est plus le cas elle est devenue indexee comme les autres deuxieme malhonnetete ce n'est plus le cas et on y a rajoute la CSG (je peux comprendrfe) au final ma pension en euros constant a baisse plutot sensiblement ! avec ce que l'etat m'a laisse apres impots j'ai pu acheter ma residence donc je suis un sal..P profiteur, je pense que je devraois ouvrir ma maison aux clandestins.. et j'ai monte une societe en risquant mon capital, pas de chance elle fonctionne bien et donc je me fais uen seconde retraite (j'ai hont)bien sur si cela n'avait pas marche il n'y aurait pas eu pour moi de solidarite nationale ! de plus vu la mediocritude de notre enseignement universistaire, ma fille ayant choisie un voie où nos fac délivre des diplomes inexploitables dans le monde du travail a choisi (à juste titre) d'etudier en Grande Bretagne pas dans le cadre erasmus mais en tant qu'etudiante regulierement inscrite pour un cycle complet avec à la clef une "maitrise britannique" bien nentendu là aussi tout (logement etudes a ete à ma charge) do n c à cete periode mon niveau d evie etait surprise inferieur à celui que j'ai maintenant !
    je comprends que taper sur les vieux (à 69 ans je travaille toujours dans ma societe) mais je ne suis pas responsable des 2 milliards d'euros que coutent a la collectivite les mineurs isoles, je ne suis pas responsable du cout que nous subissons pour entretenir en prison nombre d'etrangers qui ne seront meme pas expulses à la fin d eleur peibne histoire de recommencer, je ne suis aps responsable de l'ardeur au travail d ecertains corps de fonctionnaire, accessoirement durant deux ans j'ai ete medecin de prevention des collectivite sterritoriales d'un departement d el'est j'ai vu, ... j'ai vu des fonctionnaires se plaigant de cadences infernales.. ils faisaient toute leur carriere dans la fonction publique et d'autres venant du prive dans les memes ^postes m'expliquer que depuis qu'ils etaient foinctionnaires c'etaient la bulle !... je ne suis pas responsable du fait que des non qualifies preferent ne rien foutere (il n'y a pas d'autres mots) plutot que d'accepter un job quansd on compare le nombre d ejob non qualifies et le nombre de chomeurs non qualifies on peut se poser des questions, je en suis pas responsable du fait que nos facults produisent à tour d e bras des diplomes (ou des non diplomes) en sciences humaines (comprendre psych socio) et lettre sans qu'il y ait la moindre adequation avec le sbesoisn et en outreez ces dioplomes (jen vois) s'estimant bac + quelque chose estiment devoir etre pays commes de spolytechniciens en milieu d ecarriere !
    On va tondre les retraites qui ne pourront riebn faire, si encore cela servait à quelque chose.. mais ce ne sera pas le cas !
    Payer pour cet etat ? la gestion des vaccinations COVID montre si il en etait l'incompetence d ecet etat !et surtout le manque totale de vision tactique de la vaccination d emasseet je suis sidere par ce que je vois (j'ai ete logistcien du SSA et j'ai gere des campagnes de vaccination avec de svaccins gardes au congelateurs et transoportes dasbn la galce carbonique et c'etait outre mer avec d epetits moyens alors en France et les retaites devraient payer pour cela ?

  • Le 14 janvier à 15:56, par yac En réponse à : jusqu ou pensent ils que nous les suivront ?

    ces Messieurs du gouvernement et "hauts fonctionnaires"(pas par leur qualité mais par leurs pivilèges et revenus) nous prennent pour des jambons et aimeraient que l on suive leur dictats et les approuvions. la surprise va bientot leur parvenir et ils ne pourront que s en battre la coulpe. les élections vont arriver et nous n allons pas nous faire avoir une fois de plus sans réagir... si l'age nous diminue nous ne devenons pas tous séniles et saurons agir en conséquences de leurs exactions et les renvoyer dans la fange d ou nous avons bien souvent contribué a les sortir tant ils ont fait naitre d espoir qu ils se sont empresses de trahir a peine etaient ils en place...une saine remise a plat des privilèges de ce beau monde serait la première des reformes a réaliser pour une égalite de justice qui est de plus en plus bafouée par ceux que je considère comme les buveurs de sang qui prennent les décisions au détriment du peuple et des retraités.
    YAC

  • Le 15 janvier à 09:41, par Bergerie26

    Cher @Thierry Benne,
    Je savais bien en écrivant mon message que mon propos pouvait être sensible. Peut-être pas à ce point. Il faudrait du temps pour pouvoir développer ce que je serais ravi de faire éventuellement car la question est très intéressante. 2 choses tout de même. Tout d'abord, ma réflexion n'est pas strictement financière. De mon point de vue, il y a d'autres contributions possibles que la seule question de l'indexation des retraites ou de la CSG. Par ailleurs, j'imagine que sur ce point nous nous rejoindrons, mon propos revient à plaider pour le fait de ne pas dépendre de la seule retraite par répartition qui devient un mythe et de mettre en place sa propre capitalisation. C'est plus facile pour certains que pour d'autres absolument.
    Et enfin, soyez bien sûr que je ne conçois la retraite ni comme un objectif, ni encore moins comme un havre. Peut-être est-ce d'ailleurs une part du problème. Au fil du temps, ce qui devait être une juste reconnaissance des efforts et contributions à la collectivité faits par les plus âgés s'est transformé en un quasi dû et une sorte d'objectif de vie. Je vous accorde et partage le fait que le principe de la répartition, dévoyé et excessif, y a largement contribué. Pour autant, cette vision ("havre") n'est pas ma tasse de thé et à mon sens s'éloigne de ma compréhension de la ligne de l'IREF. Bien cordialement.

  • Le 16 janvier à 16:02, par pierre En réponse à : solidarité des retraités

    A voir les revalorisations des retraites depuis 6 ou 7ans, on ne peut aps dire que les retraités n'ont pas déjà largement contribué solidairement. de combien les retraites Carsat, Arrco, et Capim, ont-elles été revalorisées ? Si l'on veut que les retraités soient davvantage solidaires, qu'on leur donne la possibilité d'aider librement leurs enfants et petits-enfants, par des donations. mais là aussi, les limites d'âges pour les assurances-vie n'ont pas bougé depuis des dizaines d'années, et les montants des abattements n'ont pour la plupart pas bougé depuis l'instauration de l'Euro !Ce serait alors une vrais solidarité intergénérationnelle, mais dans la liberté !

  • Le 16 janvier à 21:02, par CPB En réponse à : Retraite

    Je suis une jeune retraitée
    De 64 ans j'ai travaillé pendant 40 ans il est honteux de voir qu'un Président de la République
    Déteste les personnes âgées
    À ce point n'oubliez pas
    Monsieur le président qu'un jour vous deviendrez vieux
    Aussi je vous le souhaite
    Augmenter les retraites pour que l'on puisse vivre
    Bien arrêter de méprisé les vieux les retraites sont faibles nous ne percevons d'aucune aide pécuniaire
    Alors que l'on
    n'en aurait bien
    Besoin j'ai 859 euros de la
    Carsat et 500 euros de la pensions de mon mari pensez-vous que l'on peut
    Vivre correctement

  • Le 17 janvier à 23:41, par Doc En réponse à : Petit calcul

    En complément de cet article, petit calcul :
    100 000 retraités décédés dus au covid 19 (nous y serons probablement à l'été 2021) percevant une retraite moyenne de 1500 euros avec une espérance de vie moyenne de 10 ans vont déjà faire faire une "économie" de 21 Milliards d'Euros à la collectivité !

    100 000 retraités X 1500 euros X 12 mois X 10 ans = 18 Millards D'euros

    +

    100 000 Retraités X 3000 Euros ( cout moyen annuel dépensé par la sécurité sociale pour la santé de chaque français) x 10 ans = 3 Milliards d'Euros

    18 Mds + 3 Mds = 21 Mds d'Euros économisés par la collectivité sur 10 ans pour les décès de 100 000 retraités de la Covid 19 !

  • Le 19 janvier à 21:08, par franciscodellabega

    Voter ! oui bien sur, mais pour qui ? Vous connaissez un candidat représentatif de la cause retraitée ?Le travail de séduction et les promesses sont les mèmes ,lors des campagnes électorales , pour tous les prétendants au trone . Et rappelez vous que ; en la matière,les promesses n'engagent que ceux qui les croient et leur respect nécessite le recours systématique aux manifs de masse , les plus violentes,( et donc médiatiques,) possibles .
    Le graal n'est donc pas pour demain...

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