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Pour des Universités autonomes, payantes et en concurrence
L’exemple britannique

Alors que notre ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, propose de « réformer » le Master en le rendant encore plus « accessible » (il faut comprendre qu’aucune sélection n’interviendra entre la licence et le master et entre le master 1 et le master 2 et ainsi tous les étudiants auront la possibilité de faire deux années de Master), au Royaume Uni, on prépare une grande réforme du système universitaire qui le rendra encore plus compétitif grâce à la concurrence et à l’autonomie.

Intitulé « La réussite d’une économie de la connaissance », un Livre blanc propose une série de mesures pour rendre l’Université britannique encore plus dépendante du marché et moins de l’Etat. En 2012, les subventions publiques avaient été pratiquement supprimées et les frais de scolarité multipliés par trois (rappelons que les frais obligatoires ont été introduits dès 1999). Récemment, en 2015, une autre réforme a aboli aussi le plafond du nombre d’étudiants acceptés dans une Université ainsi que le niveau des frais qu’elle doit proposer. On considère que l’enseignement supérieur britannique est très ouvert et compétitif par rapport à d’autres en Europe. Dans le classement Times Higher Education (2015-2016) qui vient de paraître, 3 Universités britannique figurent dans les 10 premières au monde (la première institution française n’apparaît qu’à la…54e place).

Malgré ces indéniables succès, le Livre Blanc va encore plus sur le chemin des réformes libres. On propose encore plus de liberté pour la création d’Universités privées, même de très petite taille, et qui auraient la possibilité de proposer plusieurs enseignements. Ca pourrait être même des Universités spécialisées dans un seul domaine. Une Etude de la London School of Economics vient de montrer que multiplier par deux le nombre d’Universités ferait augmenter d’au moins 4 % le PIB par habitant.

De même, la qualité des enseignements sera améliorée, d’abord par une plus grande flexibilité d’embauche des enseignants ensuite par un système de notation en ligne. Les étudiants bénéficieront des informations complètes sur la qualité des enseignements dans chaque Université et sur les enseignants. Ils pourront choisir leur cursus en fonction de l’offre. L’enseignement supérieur devient un produit qui doit séduire les jeunes. Les Universités bénéficieront aussi des incitations fiscales (déductions d’impôts, etc.), en fonction des résultats et du nombre d’étudiants.

Toutes ces mesures qui paraitraient « ultralibérales » à notre Ministre n’ont fait en réalité qu’augmenter le nombre d’étudiants : en 1990, seulement 19 % des jeunes faisaient des études supérieures ; en 2013, ils étaient 40 %.

Liberté, flexibilité et concurrence sont les caractéristiques de l’Université britannique d’aujourd’hui. Ce sont des réformes que devrait suivre l’Université française à partir de 2017.

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