Institut de Recherches Économiques et Fiscales

IREF Europe - Institut de Recherches Économiques et Fiscales

Pour la liberté économique
et la concurrence fiscale


par ,

Attali ou l’imposture par démagogie

Dans sa chronique récente, du 4 février, intitulée « Perspectives », publiée dans l’Express, Jacques Attali demande la réorganisation de l’économie mondiale. Partant du constat que l’économie mondiale serait incompréhensible (sic), Attali propose de l’analyser comme celle d’un pays unique. Il faudrait donc un Etat régulateur et une politique de la demande. Pour ce faire, la solution consisterait à créer une « banque centrale planétaire », dotée d’une « gouvernance démocratique » (encore heureux !), et d’une « monnaie mondiale, capable de déverser des ressources massives sur le monde sous forme de liquidités ou d’investissements ».

L’idéal, pour Jacques Attali, serait de « demander aux gouvernements du G20 de se mettre d’accord pour relancer fortement les investissements publics par de vastes emprunts, forcés si nécessaires, (sic) auprès de grands détenteurs de capitaux ». De plus, « la solution la plus conforme aux intérêts des jeunes et des salariés serait d’augmenter tous les salaires du monde et d’accepter l’inflation ». Ni plus, ni moins ! Même l’URSS avait fait moins bien dans ce domaine, car elle avait néanmoins permis aux Etats qui lui étaient soumis de garder leur monnaie nationale…

Ce qui impressionne chez cet ancien idéologue de François Mitterrand c’est que plus il se montre excessif et démagogique, plus il est invité par les médias. Plus il change d’opinion idéologique – tantôt il penche pour les idées de Sarkozy, tantôt pour celles des socialistes – plus il est écouté comme un grand expert ! Et pourtant, ses tromperies n’ont d’équivalent que ses volte-face. Alors que dans sa chronique de l’Express, il avoue son incompréhension face aux changements de l’économie mondiale, dans son ouvrage publié en 2013 et titré Urgences françaises, (Fayard, 2013), il n’hésitait pas au contraire à prédire l’avenir du monde... Il y écrivait ainsi que dans les années à venir, on connaîtrait des crises majeures ; que la température de la planète aurait augmenté, en 2030, en moyenne d’au moins un degré environ ; que l’on connaîtrait la guerre de l’eau, etc…, tandis qu’une vaste dépression économique guetterait le monde.

D’après ses dires, c’est la crise idéologique et politique qui expliquerait les crises économiques et écologiques. Ce serait la victoire du marché et de l’individualisme qui entraînerait les déréglementations partout, car « Aucun Etat de droit, planétaire, ne vient réguler le marché »... La globalisation fonctionne sans « globalisation de la règle du droit » et le « triomphe de l’individualisme conduit à celui de la réversibilité, de la précarité, du court terme et de la déloyauté… » Et encore : « plus l’homme verse dans l’individualisme, moins il est enclin à prendre en compte l’intérêt des autres »…

Il faut dire qu’en examinant de plus près les prophéties qu’il a émises dans le passé, une seule conclusion s’impose : il y a eu une tromperie sur la marchandise ! Car Attali a été à tout le moins celui qui, en tant que conseiller de François Mitterrand en 1981, a largement contribué à la catastrophe économique de la France ; puis, en 1984, face à la catastrophe, il a réagi par un virage vers le "ni-ni", une opération qui n’a fait qu’enrayer le désastre des nationalisations sans redresser la France. Sans oublier qu’il a été celui qui, en tant qu’ancien maître des nationalisations, parachuté par Mitterrand à la tête de la BERD (Banque européenne de reconstruction et de développement) pour enseigner le capitalisme aux pays sortis du totalitarisme communiste, fut obligé à la suite d’une enquête de démissionner pour dépenses injustifiées..., confirmant ainsi la tradition mitterrandienne la mieux étayée. Ainsi que pour avoir gaspillé à son bénéfice personnel l’argent de la Banque à l’origine destiné aux pays pauvres de l’ancien bloc soviétique, en repas fastueux, en déplacements en jet privé, sans parler d’un fameux marbre de Carrare dont les mauvaises langues disent qu’il se trouverait dans sa maison du Sud de la France. Et ce Frégoli de la pensée économique se présente encore comme un prophète !!

Dans un essai écrit par Jacques Attali et Marc Guillaume, publié en 1974 et intitulé, L’anti-économique (PUF), tous deux posent les bases de leur réflexion économique. Au sujet de la croissance économique, les auteurs notent que « la croissance du PNB, agrégation des valeurs ajoutées marchandes, signifiera une dégradation et non une amélioration du bien-être ». Sur ces bases théoriques clairement établies, ils déroulent ensuite une réflexion obscure sur ce que deviendra l’économie de notre époque : « La théorie économique de l’utopie sera après tout, dans dix ou vingt ans, la pratique quotidienne des étudiants d’aujourd’hui ».

Ces propositions de Jacques Attali, compilées dans un ouvrage intitulé, La nouvelle économie française (Flammarion), publié en 1978, vont constituer ainsi la base des 110 propositions socialistes pour les élections présidentielles de 1981. La notion de « croissance sociale par la maîtrise de l’économie socialiste" résume les idées du penseur : « Cela implique donc une nouvelle façon de penser le progrès et de ne plus mesurer par l’augmentation du pouvoir d’achat ou du PNB, ni même par l’augmentation d’un autre indice, plus large mais tout aussi global, comptabilisant autrement les différents aspects de la production et de la consommation. La croissance nouvelle sera répartie de façon radicalement neuve […].

Enfin, un dernier exemple des dons prophétiques d’Attali, tiré de l’ouvrage, Lignes d’horizon, (Fayard, 1990) : « Les signes d’un déclin relatif de l’Amérique sont en effet convergents et irréfutables. (…) On ne voit pas ce qui pourrait, dans les dix ans à venir, inverser cette tendance : rien n’annonce en Amérique – à moins de quelque sursaut psychologique improbable – ni un redémarrage de l’effort d’investissement industriel, ni une hausse de l’épargne, ni la mise au point de produits nouveaux, ni une volonté commerciale conquérante ». La réalité est connue. A partir de 1992, les Etats-Unis vont vivre l’une des plus belles périodes de prospérité économique de leur histoire, avec l’essor d’internet et les réussites américaines superbes dans le domaine de l’économie de l’information. On ne pouvait pas mieux se tromper… !

Partager cet article :

Autres lectures ...

Une économie sans gouvernement, ça marche !
Espagne, Belgique, Pays-Bas… Trois pays où l’économie a bien tourné malgré (ou grâce) à l’absence d’un gouvernement.

Cinéma français et Netflix : « Papy fait de la résistance »


L’horreur politique. L’Etat contre la société
Olivier Babeau (les belles lettres, 2017)

La taxe YouTube ou comment justifier l’Etat bureaucratique



Un message, un commentaire ?

Afficher le formulaire

Messages (3)

L'expert !

le 16 février 2015, 09:56 par Astérix

Souvenez-vous ! 1980, J. ATTALI conseille F. MITTERRAND qui sera élu en 1981. Résultat : en 1983 la France est ruinée ! F. MITTERRAND nomme P. MAUROIS 1er ministre, un communiste notoire ...! pour arranger la situation.......!!!!?????

Bilan global :

Dette de la France fin 1980 : 60 milliards (équivalent euros) Février 2015 : 2050 milliards d'euros + 3000 milliards d'engagements hors bilan...! Merci M. J. ATTALI pour vos visions à long terme...!!!!?? et aux crétins de dirigeants français qui vous ont écoutés depuis finalement cette époque et de manière continue.

Et bien, comble du comble, alors que l'on sait, preuves en mains, que le socialisme mène invariablement à la faillite des états, au chômage massif et à la précarité, en un mot au goulag, J. ATTALI préconise la mise en place d'un socialisme mondial...!!???

Ce "pauvre ATTALI" est complètement illuminé. Si vous voulez l'explosion du monde, suivez ses recommandations...

Non M. ATTALI, seuls le véritable libéralisme et l'intelligence sauveront les états et dès lors les peuples de la misère qui s'installe et s'amplifie grâce à votre aveuglement.

- Répondre -

les songes d'ATTALI Jacques , assistant de connétables du Déclin

le 18 février 2015, 11:41 par christian pène

on sait ce que le peuple doit aux frasques d'ATTALI conseiller spécial de calaMITTERRAND , grâce à qui le budget fut augmenté de 25% , donc déficitaire , ce qui amena la Banque de France à dévaluer plusieurs fois.....et augmenter l'endettement.....

c'est cet oracle que SARKOZY (le p'tit Nicolas) consulta à grands frais , pour finalement rien......

...et Attali , inénarrable expert en échecs , qui continue à se pavaner à LCP ......sans doute une entreprise servant à recaser les maîtres de l'échec RÉPUBLICAIN.......

"l'abus du générique TRÈKON nuit à la santé mentale , et, effet secondaire , sert à imaginer les modes de pillage de l'argent DU public......"

- Répondre -

 css js

En continuant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation des cookies
FERMER

Suivez les publications de l'IREF,
inscrivez-vous gratuitement
à la lettre hebdomadaire