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Recours aux cabinets de conseil privés par l’État : il y a un risque de conflit d’intérêts

par Romain Delisle

La commission d’enquête sénatoriale sur l’influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques a auditionné la semaine dernière Didier Migaud, président de la HATVP (Haute autorité pour la transparence dans la vie publique) et ancien premier président de la Cour des comptes. Trois missions de la haute autorité intéressaient, en effet, la commission : la lutte contre le « pantouflage », la tenue des registres des représentants d’intérêts et la prévention des conflits d’intérêts.

Didier Migaud a rappelé que le recours aux cabinets de conseil n’était utile que « lorsque l’administration ne dispose pas des compétences en son sein » et pointé du doigt les risques de conflits d’intérêts en la matière, notamment du fait des réseaux de connivence et d’amitiés entre les hauts-fonctionnaires et les cadres dirigeants du secteur privé.

Le président de la haute autorité a eu ainsi l’occasion de souligner que le recours aux cabinets de conseil expose les agents publics qui décideraient de rejoindre une société de conseil au risque d’être condamnés pour prise illégale d’intérêts s’ils ont entretenu des relations de travail avec celle-ci dans leurs fonctions antérieures.

L’ancien premier président de la Cour des comptes a également eu l’occasion de développer un certain nombre de ses préconisations en la matière : la création d’une charte de déontologie, la nécessité pour l’Etat de vérifier l’absence de compétences en son sein lorsqu’il a recours à un cabinet de conseil, la production d’un document évaluant les risques de conflits d’intérêts eu égards aux clients de la société de conseil, aux personnes chargées de mener la mission de conseil ou au domaine objet de la prestation.

En somme, sans préjuger de quoi que ce soit de frauduleux en la matière, Didier Migaud souhaite remettre au goût du jour la parabole biblique du bon grain et de l’ivraie. Au-delà, il semble nécessaire de recommander d’évaluer la performance des cabinets de consultants et naturellement l’efficience des crédits qui leur sont alloués, comme nous l’évoquions la semaine dernière.

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4 commentaires

Astérix 4 février 2022 - 9:31

Inutile de créer une HATVP (Haute autorité pour la transparence dans la vie publique) (spécialité française) pour comprendre le niveau d’incompétence des fonctionnaires.
Dès lors, seul le secteur privé doit intervenir et si une personne n’est pas en mesure d’assurer la mission confiée, elle sera remerciée, contrairement aux milliers de fonctionnaires inamovibles et dont l’emploi est garanti à vie !!
Je rappelle que nous avons plus de 7 millions de fonctionnaires en France, record mondial ??
Comment voulez-vous que ce Pays se porte bien avec un tel boulet à supporter par le secteur privé ???

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Verdun 4 février 2022 - 10:35

« Lorsque l’administration ne dispose pas des compétences ». alors que nous avons pu constater le contraire dans le cadre régalien du covid.

Depuis 2001 l’état était théoriquement prêt à faire face à ce genre d’attaque bactériologique naturelle ou anthropique à l’aide de rapport et de plans commanditée à des experts – toujours en activité – qui n’ont pas été mis en œuvre ; la question est pourquoi ?

Vous évoquez la probabilité de conflit d’intérêt mais ce même cas en regorge que ce soit au niveau national ou supranational comme nous avons pu le constater avec des SMS (documents administratifs) soustraits à l’administration et aux contribuables ou encore des commandes de thérapies non seulement inutiles mais dangereuses comme le redevenir.

Si « l’état » n’a, soit disant, pas les ressources humaines nécessaires dans le cadre de ses compétences régaliennes – et compte tenu de sa masse salariale – peut on parler d’état et à t’il encore autorité sur les administrés comme par exemple la légitimité d’imposer à qui que ce soit – agents publics ou privés – ce qui est faussement qualifié de vaccination et qui a ce stade n’est encore qu’une expérience ? N’est il pas question de faillite de l’état lorsque des cabinets de conseils disposeraient des compétences pour un problème régalien supposé inattendu ?

Tout démontre ici que les grecs ou les hébreux conseillés par Hyppocrate n’aurait pas nécessairement fait pire avec 2500 ans de connaissances scientifiques et politiques en moins.

Bien à vous

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AlainD 4 février 2022 - 2:12

En lisant entre les lignes, je m’aperçois que le recours fréquent à ces organismes privés semble indiquer que la politique serait orientée par eux comme c’est le cas avec les lobbyistes. Je trouve que c’est grave car nous avons un personnel politique pléthorique (malgré les promesses du candidat Macron) et notre fonction publique serait incompétente dans plusieurs domaines. Alors je pose la question : sur quels critères les embauches sont elles faites ? Qu’un ancien président de la cour des comptes s’émeuve de cette situation dit assez bien à quel point elle est grave sinon désespérée…

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Rémi 5 février 2022 - 3:16

Les copains d’abord dans le cadre d’une solidarité partagée aux prétextes d’une incapacité de nos hauts fonctionnaires issus de la même École….
Tel est l’un des facteurs qui démontre le manque de confiance du citoyen pour les « politiques » qui se distribuent les cartes par cooptation d’intérêts stratégiquement et « amicalement » partagés…
Pour la gestion de la logistique du virus on se pose la question : Pourquoi le réseau pharmaceutique n’a t’il pas été monopolisé pour la distribution des masques, des tests…. Pourquoi la société Mc Kinsey a-t-elle été appelée pour intervenir dans une logistique où le réseau Pharmaceutique et où l’armée dans la stratégie…?
La France disposait donc des structures et de l’expérience professionnelle pour répondre aux besoins…!
Bizarre ?

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