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Dépenses publiques consacrées au marché du travail : la France est championne de la zone euro. Pour quels résultats ?

par Nicolas Lecaussin
Avec la campagne électorale, de nouvelles promesses de dépenses en faveur de l’emploi et du marché du travail apparaissent dans les programmes des candidats. En faveur des chômeurs, des entreprises, des jeunes, des séniors, ou bien de tous à la fois. La même recette déjà utilisée semble avoir toujours la cote. Ce serait à l’Etat d’aider les entreprises, de réindustrialiser la France et de « booster » le marché du travail. Il suffirait pourtant de regarder les chiffres depuis une vingtaine d’années et de constater que les dépenses publiques consacrées au marché du travail en France sont les plus élevées de la zone euro. Elles étaient à 2.89 % du PIB en 2000 et à 2.58 % en 2019. Après la France se trouve l’Espagne, avec 2.21 % du PIB.

Les dépenses publiques liées aux programmes du marché du travail s’entendent des dépenses afférentes aux services publics de l’emploi, à la formation, aux aides à l’embauche et à la création d’emplois directs dans le secteur public ainsi qu’aux allocations de chômage. Dans ce classement, l’Allemagne est loin derrière avec seulement 1.32 % du PIB en 2019, deux fois moins que la France. Elle a divisé par deux ses dépenses en faveur du marché du travail qui était à 3.06 % du PIB en 2000.

Malgré ces dépenses, le taux d’emploi en France est resté pratiquement le même sur cette période : 66 % alors que celui de l’Allemagne est passé de 65 % à 76.82%, une hausse de 11 points alors que les dépenses publiques en faveur du marché du travail ont été divisées par deux. De même, le taux de chômage en Allemagne est passé de 7.90 % en 2000 à 3.80 % fin 2019, avant le début de la pandémie. Une baisse de 4 points. En France, il était à 9.10 % en 2000 et à 8.1 % fin 2019 (il est au même taux aujourd’hui, en janvier 2022). Un point de baisse seulement malgré les dépenses.

Faut-il beaucoup de conseillers autour des candidats pour comprendre que ce n’est pas l’argent public qui vitalise le marché du travail ? Lorsque l’on sait que les impôts de production représentaient 120 milliards d’euros en 2020, deux fois plus que la moyenne européenne et six fois plus qu’en Allemagne ou que les prélèvements sur le stock de capital représentent près de 5% en France contre 1,4% en Allemagne…il ne faut pas s’étonner que les entreprises allemandes soient plus dynamiques et embauchent plus que les françaises. La part du secteur industriel dans le PIB français était encore de 24 % en 1980. Elle est tombée à 10% en 2019. Elle représente deux fois plus (en % du PIB) en Allemagne.

De nombreux candidats préfèrent désigner la mondialisation, l’Europe, les pays en voie de développement comme étant les causes de l’atonie de notre marché de l’emploi. Et s’ils comprenaient que c’est le gaspillage d’argent public, l’interventionnisme, les mauvaises politiques publiques ?  Ce n’est pas le fait d’être champion de la zone euro pour ce qui est des dépenses publiques en faveur du marché du travail qui sauvera l’emploi et les entreprises en France. Ce seront les réformes fiscales et économiques qui le feront.

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6 commentaires

LAURENT46 3 février 2022 - 5:18

Pour un Résultat dont nous sommes les seuls au monde à en détenir le secret, Financer des rentes à vie aux Politiques dont nous somme les champions du monde en quantité et aux Enarques qui occupent la majorité des places de la haute fonction publiques et dont nous sommes également les seuls détendeurs du système au monde. C’est un peu comme l’autre face, celle des migrants reçus en grande pompe en tout cas mieux que le RSA. Que ce soit les uns ou les autres c’est toujours une question de NOMBRE. Le seul point commun c’est qu’ils sont tous trop payés pour le travail qu’ils rendent à la société ou faut-il dire pour détruire la société et ce n’est pas en changeant les intitulés de ces mafias que l’on va régler les problèmes bien au contraire.

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Verdun 3 février 2022 - 8:14

Ce scénario me rappelle celui de l’ouvrage « Le choix de la défaite ».

Bien à vous

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Astérix 3 février 2022 - 8:31

Des milliards pour rien comme d’habitudes ! les incompétents qui nous gouvernent ne veulent pas voir que toutes ces aides ne servent à rien !
IL FAUT SIMPLEMENT BAISSER LES DÉPENSES PUBLIQUES DE 70 % du P.I.B. A 30 % !
Ainsi les entreprises seront libérées et pourront agir à leur guise. Pas besoin de l’état nul !
Mais Macron et sa clique se moquent de la France et des Français. Ce qui intéresse Macron est de parader en europe en s’écoutant parler pour ne rien dire ! Il regarde son égo enfler dans les glaces ! ce personnage a achevé la France.
Mon Dieu, si vous pouviez éclairer les Français lors du prochain vote !!!

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Erasme 3 février 2022 - 3:14

Analyse intéressante, qui reprend des arguments anciens qui ne produisent manifestement aucun effet alors que l’Union européenne, que l’on ne peut pas taxer d’être ‘communiste’ a pris les commandes dans de nombreux registres clés de l’économie …. Il manque quand même quelques exemples de pays comparables au notre où les solutions préconisées auraient fait la démonstration de leur efficacité ! Ne citez ni le Royaume-Uni ni les Etats-Unis, vous vous ridiculiseriez !

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Obeguyx 4 février 2022 - 3:57

L’initiateur du désastre est un certain Giscard, alors vous voyez ça ne date pas d’hier, mais d’avant-hier. Indemnité de chômage fixée à 80% du salaire brut. Tu fous rien et tu touches en net plus que celui qui travaille et sans les frais annexes inhérents à l’emploi. C’était dans les années « 70 » : pas belle la vie !! Aujourd’hui il y a eu quelques corrections minimes.
Il est impératif d’obliger ceux qui touchent une indemnité de chômage, de TRAVAILLER. Sans travail effectif point de rémunérations, car seule toute peine mérité salaire. Le reste n’est que du blablabla.
Expérience de mon neveu dans un petit pays européen : au chômage, inscription immédiate, droit actionnés immédiatement. Le lendemain à 7 heures du matin obligation de se présenter aux services techniques de la commune. Il est affecté pour la semaine « aux poubelles » pour 4 heures par jour. La matinée se passe et il rentre chez lui. Le lendemain il ne se présente pas. A 10 heures pétantes 2 gendarmes sonnent à son domicile et lui demande ses papiers d’identité qu’ils confisquent, puis les raisons de son absence. Il répond que le poste proposé ne lui convient pas. Les gendarmes lui disent que c’est son droit le plus stricte et qu’il doit leur signer un document et lui demande de passer à leurs bureaux à 14 heures et qu’on lui restituera ses papiers d’identité à ce moment-là. A l’heure dite il se présente et il signe un papier attestant qu’il abandonne ses droits au chômage et récupère ses papiers. Simple, non !!!. Et vous savez ce qu’est devenu mon neveu ? Un dirigeant de plusieurs entreprises et il a compris que pour se faire une place dans la société il faut TRAVAILLER !!! Tiens en Janvier il a passé 15 jours aux Seychelles !!! En France au bout de 20 ans il serait toujours au chômage ou au RSA et défilerait avec la CGT…

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Obeguyx 4 février 2022 - 4:02

J’ai oublié de préciser que sa journée de travail lui a été intégralement et rapidement réglée sur la base de 100 % de salaire pour 4 heures au lieu de 8, car lorsque vous êtes au chômage vous devez travailler 4 heures et mettre à profit le reste du temps pour la recherche d’un nouvel emploi.

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