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Présidentielles : le paradoxe des parrainages

par Adélaïde Motte

Il reste seulement deux semaines aux candidats à la présidentielle pour réunir les 500 parrainages nécessaires à la validation de leur candidature. Une tâche plus ardue que d’ordinaire puisque, pour cette élection, les parrainages sont nominatifs. Certains élus semblent donc rechigner à parrainer certains candidats par crainte de perdre des financements publics pour leur collectivité. Un problème que rencontrent des candidats importants comme Marine le Pen (274 parrainages), Jean-Luc Mélenchon (258 parrainages) ou Eric Zemmour (181 parrainages).

Le système des parrainages a été imaginé pour écarter les candidatures farfelues. Par conséquent, parrainer un candidat ne signifie pas le soutenir. Dès lors, les élus locaux devraient avoir le courage d’apporter leur parrainage à des candidats qui représentent une partie non négligeable de la population, qu’ils soient ou non de leur mouvance politique, plutôt que de donner leur signature à quelqu’un qui en a déjà plus de 1 000 comme Emmanuel Macron ou Valérie Pécresse.

La conception actuelle des parrainages, et surtout la fin de leur anonymat, met en difficulté des candidats importants et donne lieu à des situations absurdes, comme le montre l’image ci-dessous : trois personnes réunissent les parrainages nécessaires, dont une, Emmanuel Macron, qui n’est pas candidate et une, Anne Hidalgo, qui recueille 2,5% des intentions de vote. Et les trois candidats qui s’approchent du but, avec environ 400 parrainages chacun (Nathalie Artaud, Jean Lassalle et Fabien Roussel) ne dépassent pas les 3% d’intentions de vote.

Alors que le système des parrainages doit permettre de filtrer les candidats peu sérieux ou peu représentatifs, il pourrait causer du tort au processus démocratique, en empêchant certains candidats populaires d’accéder aux urnes. Pour que les élections puissent continuer à être démocratiques, l’anonymat des parrainages doit être rétabli.

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5 commentaires

JR 15 février 2022 - 9:06

Bonjour, la bonne nouvelle est que HitlJadot et les apôtres du mal, n’arrivent pas à 500 parrainages. Et c’est encore pire pour la calamiteuse Taubira de service. Néanmoins, de toute évidence, le tour de passe-passe orchestré par Hollande (dont Macron était un des ministres…) doit revenir au principe de l’anonymat, sans aucun doute. Les maires ne sont pas là pour se faire taper dessus, c’est une des rares instances encore respectée et considérée.
Il serait anti-démocratique que Madame Marine Le Pen & l’ex journaliste de talent Monsieur Eric Zemmour ne soient éligibles. Mais pas de crainte, les électeurs ne laisseraient pas faire une deuxième fois. Rappelons tout de même, que la dernière élection a été volée à François Fillion par les juges et les médias subventionnés, et ce, pour trois costumes gratuits, cela ne ce reproduira pas. Sans cela, nous ne serions pas dans la m…. aujourd’hui avec un emmerdeur de Français que plus personne ne supporte. Merci. Bien à vous

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Joseph Boukris 16 février 2022 - 3:08

Au sujet des parrainages, les nouvelles dispositions auraient été mises en application par Francois Hollande pour cette élection présidentielle (non anonymat des élus donneurs de parrainages)

Encore un changement nouveau et subit.
Je comprends pourquoi les firmes étrangères qui veulent s’implanter en France redoutent tellement cette instabilité législative!

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John Galt 16 février 2022 - 8:20

La fin de l’anonymat des parrainages, issue de l’adoration de la transparence tant en vogue depuis le début du siècle, n’a pas intégré les conséquences de la montée en puissance des réseaux sociaux et des déferlements de haine qu’ils permettent.
Car le risque lié à la publication des parrainages va bien au delà de la simple perte de subventions. Aujourd’hui les élus sont parfois menacés de mort, ou peuvent voir leurs biens vandalisés. Il n’est pas étonnant qu’ils hésitent alors à s’afficher comme « parrain » de candidats susceptibles de cristalliser l’hostilité de fractions de la population dont les réseaux sociaux peuvent exacerber la violence.
La transparence des parrainages n’est plus en phase avec ce qu’est devenue notre société.

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Obeguyx 16 février 2022 - 11:00

Vous croyez tous être en démocratie. Grand bien vous fasse. La preuve, avec cette histoire de parrainage que nous sommes bel et bien en dictature. Le constat n’est plus à faire que les socialistes sont des dictateurs en puissance. Le bain de sang n’est plus très loin et peut-être pas en Ukraine !!!

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Rigal-Roy jc 16 février 2022 - 8:31

On peut, et moi le premier, être choqué par ce « magouillage » imposant aux grands électeurs (maires, conseillers départementaux. ..) le parrainage affiché.
Ancien maire (pendant plus de 21 ans) je déplore qu’on oblige un elu, conscient de son devoir, à publier une opinion intime (la crédibilité d’une candidature). C’est un viol de conscience ! A quand l’obligation pour un electeur d’afficher son bulletin de vote dans l’isoloir ?
Ne soyons pas naifs, le chantage aux subventions pour les maires de l’opposition ou assimilés est réel je l’ai vécu et il se double aujourd’hui d’un sentiment de trahison chez des electeurs peu au fait du fonctionnement de nos intitutions.
Afficher un parrainage pour Mr Macron, citoyen candidat crédité de 24 ou 25% des intentions de vote ou en parrainer un autre qui n’a aucune chance (2 ou 3%) devient démagogique dans les deux cas et peu responsable.
Le plus grave c’est que cette attitude conduisant a ecarter de la « compétition  » des candidats soutenus par 30% des électeurs pourrait etre diaboliquement orchestrée d’en haut et être un facteur de discorde nationale inacceptable.
Chacun doit pouvoir s’exprimer dans le secret de l’isoloir encore faut-il une possibilité de comparaison et de choix.

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