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Les Ukrainiens, même de l’Est, ont souhaité l’indépendance de l’Ukraine

par Aymeric Belaud

A l’heure où l’armée russe est entrée sur le territoire ukrainien, acte qui fait suite au discours de falsification historique de Vladimir Poutine où il reconnait l’indépendance des territoires séparatistes et ordonne ensuite à ses troupes de maintenir la paix dans ces territoires tenus par les pro-russes, il est bon de faire un petit rappel historique.

Le 1er décembre 1991, l’ancienne République socialiste soviétique d’Ukraine organise un referendum d’autodétermination. La question est simple : Êtes-vous favorable à la déclaration d’indépendance de l’Ukraine ? La réponse est sans appel. Avec une participation de 84,18%, les Ukrainiens votent à 92,3% pour le OUI. Ce dernier atteint même 99,21% avec 97,10% de participation dans l’Oblast de Ternopil. Toutes les régions (Oblasts) votent pour le OUI, même les régions les plus russophones de l’Est du pays ! Les Oblasts de Louhansk et de Donetsk, dont une partie du territoire est actuellement aux mains des séparatistes, ont respectivement voté pour l’indépendance à 86,22% et 86,96%. Seule la Crimée, russe jusqu’en 1954, et aujourd’hui membre de la Fédération de Russie suite au referendum très contesté et manipulé de 2014, a souhaité l’indépendance à seulement 56,21%.

Alors, certains argueront que la République de Donetsk a organisé son propre referendum en 2014 et que 89 % des votants auraient voté pour « l’autonomie de la République populaire de Donetsk ». Mais ce scrutin a été tellement contesté qu’il n’a été reconnu par personne, pas même par la Russie à l’époque ! De plus, il est facile d’obtenir le résultat que l’on souhaite en chassant les opposants, en bourrant les urnes, et en imposant une répression militaire sur la population.

L’argument de la forte présence russophone est un faux argument qui vise à masquer les volontés belliqueuses de Poutine. De nombreux territoires de l’ouest de l’Ukraine appartenaient, jusqu’en 1939, à la Pologne. La Pologne veut-elle les récupérer ? Bien sûr que non. Et, pour avoir été sur place en 2018, je peux vous assurer que les habitants se sentent bien Ukrainiens.

Alors que les soutiens poutiniens français sont les premiers à critiquer le non-respect du referendum de 2005 sur le traité établissant une constitution pour l’Europe, ils trouvent des arguments pour justifier l’agression russe en Ukraine. Il serait pourtant bon qu’ils reconnaissent aussi les referendums légitimes des autres peuples souverains.

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11 commentaires

Picot 23 février 2022 - 2:28

Vous faites l’impasse du Maïdan en 2014. Si je me souviens bien un Président pro Russe a été débarqué avec l’aide de la CIA et des occidentaux qui ont mis à sa place un dirigeant pro occidental. On comprend la colère des habitants du Donbass. Les USA ont promis aux Russes, après la guerre froide, que l’OTAN ne se se rapprocherait pas de leur frontière. Promesse non respectée, les occidentaux veulent que l’Ukraine intègre l’OTAN, bien qu’ils prétendent le contraire. C’est une ligne rouge pour Poutine, il l’a toujours dit. Les Russes ne veulent pas avoir des missiles US sous le nez tout comme Kennedy ne voulait pas avoir des armes Soviétiques à Cuba. Que diriez vous si votre voisin avait une mitrailleuse pointée sur votre maison même s’il vous jure qu’il ne s’en servira jamais? Et puis il suffit de regarder une carte : combien de bases de l’OTAN près de la Russie, et combien de bases Russes près des USA? Un référendum manipulé en Crimée? Comment le savez vous? Vous n’en savez rien. Poutine montre les dents mais ce n’est pas lui l’agresseur, c’est lOTAN dans le cas présent. Il est très imprudent de chatouiller l’Ours Russe, Napoléon et Hitler n’auraient pas du le faire. Sur le plan de l’armement les Russes sont très en avance dans pas mal de domaines et pratiquement intouchables. Si guerre il y a elle sera locale et, très probablement, les Russes auront le dessus. Attendons et observons.

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Nicolas Lecaussin 23 février 2022 - 2:38

Il n’y a jamais eu de promesse faite à la Russie et il n’y a pas de missiles aux frontières de la Russie… Et c’est bien grâce à l’OTAN que la France est restée dans le camp démocratique et riche..
NL

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Dubreuil 26 février 2022 - 10:46

Vous plaisantez?
C’est Bush père qui a promis à Gorbatchev qu’il n’ y aurait pas d’expansion à l’Est de l’OTAN après la chute du mur. Donc, promesse d’un chef d’ Etat au XXème siècle ne vaut plus au XXIème?
Il n’y a pas pire ennemi de Poutine que celui qui ne veut pas comprendre…et ça, ne justifie en rien les évènements actuels.

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Nicolas Lecaussin 26 février 2022 - 4:29

Il n’y a jamais eu de promesse. C’est un mensonge poutiniste. Gorbatchev lui-même l’a reconnu : https://www.rbth.com/international/2014/10/16/mikhail_gorbachev_i_am_against_all_walls_40673.html

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Dapsang 23 février 2022 - 2:51

Bon rappel historique , meme si la situation a probablement evolue depuis 1991.
Il est regrettable que les accords de Minsk , qui prevoyaient une autonomie des provinces de l’est n’aient pas ete mis en oeuvre.
L’attitude de Poutine rappelle malheureusement celle d’Hitler en 1938 a propos des Sudetes , qui eux aussi , etaient peuples majoritairement d’Allemands . On a vu la suite.
Et pourquoi l’Autriche n’annexe -t-elle pas le Haut Adige ( Sud Tyrol) majoritairement germanophones?
En verite , le monde est en train de se diviser en deux : l’ axe des dictatures ( Russie, Chine, Iran, Turquie, Coree du Nord…) qui knt besoin de coups d’eclat exterieurs pour compenser les souffrances infligees aux peuples asservis, d’ autre part les democraties. Comme dans les annees 39. Back to the future.

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Duhamel 26 février 2022 - 5:01

Et les démocraties n’ont pas retenuent les leçons de l’histoire .Leurs élites ,naïves ,n’ont jamais anticipé la possible agression de la Russie .Leur réaction est d’ailleurs très molle .Ah si Poutine les privait de Pognon ,oui ,là ils réagiraient vite …….

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Duhamel 26 février 2022 - 5:06

La Russie ne veut pas d’armée de l’OTAN à sa frontiere ,pourtant elle n’est pas inquiète de l’armée chinoise à sa frontiere !!!!! Poutine veut reconstituer l’URSS ….LES pays baltes devraient être inquiets ,c’est l’accès à la mer Baltique .

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Maellys93 27 février 2022 - 4:38

Ukraine, audélà de l’émotion, un document pour mieux comprendre pourquoi nous en sommes arrivés à ce stade.
http://www.youtube.com/watch?v=rgNXGEtwM60

Important à signaler:
a) L’exposé date de 2019 .
b) Mappemonde fait partie du groupe de presse « Le Monde » dont la ligne éditoriale ne peut pas être soupçonnée d’être pro-russe ou pro-Poutine.

L’exposé, très documenté et pédagogique, dure 17 minutes.

=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-
« Elevator Pitch » de la vidéo pour ceux qui ne la regarderaient pas en entier

‌1991 : destruction du mur de Berlin et effondrement de l’URSS
Une opportunité de reconstruire géopolitiquement le monde avec une Russie tournée vers l’Europe
La Maison Commune Européenne de Gorbatchev est dans la politique géostratégique de ses successeurs (Elstine puis Poutine).

2004 : annonce par Bush junior de l’extension de l’OTAN aux anciens pays du bloc de l’Est.
Plus de 10 ans se sont déjà passés sans la construction d’une véritable coopération avec la Communauté Européenne ou du moins avec ses principaux membres (Allemagne, UK et France).
Les dirigeants russes vivent cela comme une preuve des intentions US d’isoler la Russie
Ils constatent également le niveau de totale dépendance de l’UE aux intérêts américains.

A partir de cette date (2004), 2 axes prévalent dans la politique des dirigeants Russes:
– 1) miser sur l’ouverture à l’Est vers l’Asie et principalement la Chine (les nouvelles routes de la soie)
– 2) obtenir l’instauration d’une zone « tampon » démilitarisée à l’ouest pour protéger ses arrières et sécuriser un accès à la mer Méditerannée.
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

En conclusion:

Visiblement nous assistons en ce moment à la mise en œuvre du point 2 qui n’a pas été obtenu, jusqu’alors, par la négociation et la diplomatie.
C’est regrettable!
Mais logique pour des dirigeants qui ont toujours pensé que la Russie « n’avait pas dit son dernier mot » après la chute du communisme.

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Nicolas Lecaussin 27 février 2022 - 7:50

Désolé, mais votre analyse est fausse comme nous l’avons expliqué dans notre articles et dans d’autres. La Russie a bien signé des Accords avec l’OTAN (Pacte) qu’elle n’a pas respectés et elle a été invitée à toutes les réunions (qu’elle a souvent refusées). Pour ce qui est d el’Ukraine, la Russie piétine le Mémorandum de Budapest qu’elle a pourtant signé https://fr.irefeurope.org/featured/article/poutine-en-ukraine-rien-narrete-un-mafieux-ex-kgbiste/
Cordialement

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Maellys93 28 février 2022 - 10:04

Contrairement à vos propos je n’ai pas exprimé d’opinion dans mon message.
J’ai apporté au débat une analyse documentée et pédagogique, datant de 2019, publié par un groupe de presse (Le Monde) qui ne peut pas être taxé d’être pro-russe ou pro-Poutine.

Mon opinion je vous la livre maintenant:
J’ai l’intime conviction que la diplomatie européenne ( et française) n’a pas été à la hauteur avec la Russie depuis 2004 en se rangeant systématiquement derrière les US.
Je pense également que le personnel diplomatique a fait preuve d’un AMATEURISME consternant en priviliègeant « l’angélisme des droits de l’homme et de la démocratie » et en négligeant complètement la « réal politik ».
Je souhaite à l’avenir que le prochain dirigeant français, fort de ce constat, remédie à ces 2 points.

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Nicolas Lecaussin 28 février 2022 - 10:50

En fait, contrairement à ce que vous affirmez (ou le groupe d epresse), la diplomatie européenne (et pas seulement) a été complètement aveuglée par leur « realpolitik » en continuant à considérer Poutine comme un interlocuteur normal alors que celui-ci attaquait et occupait la Georgie, l’Ukraine, mettait en place un régime islamique en Tchétchénie après avoir rasé le pays, arrêtait, emprisonnait et faisait assassiner des journalistes et opposants y compris sur le territoire ouest-européen. Mais maintenant, ils ont enfin compris.
Cordialement

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