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Les « enfants boomerang », ou la régression d’une génération

par Aliénor Barrière

Les « enfants boomerang » sont des adultes qui retournent habiter chez leurs parents ou grands-parents après avoir quitté le domicile familial. Leur nombre est en hausse, et pas seulement à cause de la pandémie. En juillet 2020, 52% des jeunes adultes américains résidaient avec l’un de leurs parents ou les deux, selon une analyse du Pew Research Center. Il s’agit du pourcentage le plus élevé que les Etats-Unis aient connu depuis la fin de la Grande Dépression en 1940. Au Royaume-Uni, la proportion de célibataires de 20 à 34 ans vivant avec leurs parents a augmenté de 55% entre 2008 et 2017, selon une étude de l’Université de Loughborough.

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les jeunes rentrent chez eux, la principale étant le coût élevé de la vie dans les grandes villes, bien que les frais de scolarité universitaire soient un autre facteur aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Pour beaucoup, la phase « boomerang » est temporaire, mais cela peut durer plusieurs années pour permettre aux « boomerangers » de rembourser leurs dettes d’études, d’épargner ou de s’établir dans leur carrière.

Dans la culture occidentale, quitter la maison parentale a traditionnellement été considéré comme une étape cruciale pour devenir un adulte indépendant. Mais si le nombre d’« enfants boomerang » continue d’augmenter dans des pays tels que les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada, cela pourrait avoir des conséquences sur la natalité, puisque ces « enfants adultes » se marient plus tard et retardent également la naissance de leurs enfants. Les conséquences psychologiques ne sont pas non plus à négliger, beaucoup ayant le sentiment de régresser en ne devenant pas pleinement des adultes.

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