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La taxe individualisée sur le carburant ou le délire de la taxation comme remède à la crise

par Nicolas Lecaussin

“La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts”, selon Georges Clemenceau. C’est toujours valable de nos jours. Sauf qu’aujourd’hui, on pourrait facilement compléter, voire modifier, cette citation : « La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et des impôts et il y pousse encore plus de fonctionnaires et d’impôts ». A chaque problème, son fonctionnaire et sa taxe ou son impôt. Une preuve de plus est apportée par cette Tribune dans Le Monde, qui fait du bruit sur les réseaux sociaux et dans laquelle les auteurs, dont un professeur d’économie à Paris Dauphine, proposent un taxe individuelle sur la consommation de carburant à la pompe pour…lutter contre l’inflation. « Modulée automatiquement en fonction des revenus sur les paiements par carte bancaire », elle « permettrait de lutter contre la crise du pouvoir d‘achat de manière pérenne et à un moindre coût, protégeant davantage les faibles revenus et en temps réel ». Elle se ferait en trois étapes : d’abord, « une grille de taxes effectives (montant minimal, maximal et progressivité) par litre de carburant », ensuite, en attribuant à chaque foyer fiscal français « une taxe individualisée, indexée sur son dernier taux d’imposition, et révisable chaque année » et, enfin, « afficher les prix à la pompe avec la taxe maximale ». A quel taux ? Les auteurs ne le précisent pas. Mais, si des clients n’ont pas de carte bancaire, ils ont la solution : il faudra étendre le droit au compte bancaire – déjà garanti par la Banque de France – à un droit à une carte bancaire gratuite. Si ça marche, précisent les deux auteurs, pourquoi ne pas la généraliser à d’autres produits ?

On ne voit pas comment cette taxe pourrait-elle lutter contre l’inflation. D’autant plus que le carburant est déjà lourdement taxé en France. Pour un litre de Super SP 95, les taxes représentent un peu plus de 61 % de son prix. Pour le gazole, le chiffre est d’environ 57 %. Mais, comme l’a montré l’IREF, si l’on part du prix net de toutes taxes du Super SP95 pour arriver au prix TTC, l’augmentation est de 157 %. Et de 130 % pour le gazole. Visiblement, ça ne marche pas contre l’inflation. Si l’on rajoute une taxe individualisée, à quel taux serons-nous ? 300 % ? Et comment se fera le contrôle en fonction des revenus ? Bercy et les banques se partageront-ils les fichiers avec les foyers qui gagnent plus que les autres ? A partir de quel montant ? Kafka a imaginé ce système, les professeurs français d’économie sont prêts à le mettre en pratique !

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5 commentaires

AlainD 18 juillet 2022 - 9:01

Franchement, quand je lis ces élucubrations sorties de cerveaux visiblement dérangés, je me dis que je suis heureux de ne pas devoir suivre les cours d’économie d’un pareil abruti.

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Laurent46 18 juillet 2022 - 9:23

Une nouvelle usine à gaz dont la République en a le secret mais qui ne rapporte pas d’énergie !
ça va bien on taxe, ça va comme çi, on peut toujours taxer, ça va mal on taxe encore plus
Des monstres incapables de gérer quoi que ce soit sauf à piller la population.

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Picot 18 juillet 2022 - 10:50

Et pour mettre en pratique de telles imbécilités il faudra encore plus… de fonctionnaires.

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Obeguyx 19 juillet 2022 - 8:11

Ouais, il parait qu’ils vont en réembaucher 5000. Les nouveaux copains et les membres de leur famille à placer sans doute. Comme d’hab’, quoi …

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Astérix 20 juillet 2022 - 8:13

Quand je disais que nous étions dirigés par de vrais crétins ! mais réélus en permanence par une majorité de français ?????

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