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Et si Mélenchon gagnait ?

par Jean-Philippe Delsol
La NUPES a réussi à fédérer la gauche autour de ses idées les plus extrêmes. Il est très peu vraisemblable qu’elle gagne une majorité car elle a peu de réserves de voix. Il n’empêche qu’il est urgent de lui faire barrage. L’idéal serait que Renaissance (Macron) ne puisse pas gouverner seul et que Les Républicains soient suffisamment nombreux et crédibles pour négocier un programme de gouvernement avec un nouveau premier ministre plus libéral et moins technocratique que la socialiste E. Borne. Pour ce faire, il faudra voter et faire voter utilement dimanche prochain.

Car Mélenchon est le nouveau nom du communisme, un marxisme rebouilli à dire vrai, à la française, à la marseillaise même, mais non moins dangereux. Peut-être plus dangereux parce qu’il est déguisé sous la gouaille du personnage.

Les mesures de collectivisation s’égrènent : limitation de salaires (de 1 à 20 dans l’entreprise), blocage des prix, interdiction des coupures d’eau, électricité, gaz, interdiction des licenciements économiques pour les entreprises qui versent des dividendes ou bénéficient d’aides de l’État, impôt sur les sociétés progressif, augmentation de la progressivité de l’impôt sur le revenu, réinvention des ateliers nationaux de 1848, rétablissement des 35 heures et même des 32 heures dans certains métiers, généralisation d’une 6ème semaine de congés payés…. Et encore gratuité des produits de première nécessité, mais qu’est-ce qu’un produit de première nécessité ? Endettement gratuit de l’Etat et dette perpétuelle… Sans oublier toutes les mesures à l’encontre des familles, de notre culture, de nos libertés personnelles….

Si M. Mélenchon, d’aventure, gouvernait, il deviendrait difficile de travailler en France, et périlleux d’entreprendre ! Le pire à craindre pour les entrepreneurs est sans doute le rétablissement et le renforcement de l’ISF ainsi que les droits de succession à 100% au-delà de 12 M€.

Car plus que le gain, les motivations profondes des chefs d’entreprise, comme celles de la plupart des chefs de famille, sont souvent de réussir leur vocation et de transmettre. Des impôts sur le revenu plus importants, des droits de succession et un impôt sur la fortune élevés détruiraient la propriété, la transfèrerait dans les mains de l’Etat qui est toujours un piètre gestionnaire.

Beaucoup de Français, ceux qui créent de l’activité et de l’emploi du moins, voudraient alors quitter le navire, partir de France. Ce n’est jamais facile de s’expatrier. Les Français au surplus aiment la France et beaucoup renonceraient. Le mouvement d’évasion aurait néanmoins sans doute l’ampleur, significative, de celui de 1981 ou encore de 1995, lors du déplafonnement Juppé de l’ISF. Parce que les entrepreneurs n’aiment pas non plus être vilipendés come de vilains riches lorsqu’ils ont bâti leur entreprise par l’effort et l’initiative. Ceux qui partiront seront sans doute les plus innovants, les plus audacieux. Les individus sensés fuient volontiers la jungle comme le goulag. Et Mélenchon nous promet une sorte de goulag.

Certes, Mélenchon en reviendrait sans doute assez vite comme Mitterrand avait dû faire son « tournant de la rigueur » en 1983, après l’échec de sa politique de relance keynésienne. Mais il serait trop tard, une partie de la France profonde qui travaille, qui crée, qui transmet, qui investit en silence aurait été endommagée, peut-être gravement.

Mélenchon soutient que son programme couterait 250Md€ mais en rapporterait 267 parce que, dit-il, cela provoquerait « une relance générale de l’économie par la consommation populaire ». Il croit encore, avec Keynes, que l’accroissement de la dépense publique a un effet multiplicateur positif. C’est loin d’être toujours le cas. Si ça l’était, la France serait très riche et en plein emploi après 40 ans de déficits budgétaires et de dépenses publiques parmi les plus importantes du monde ! Mais les euros dépensés par la puissance publique sont ceux que les particuliers ne dépensent pas. Or ceux-ci sont plus efficaces que celle-là La réalité observent les économistes est qu’ « en deçà d’un certain seuil, la dépense publique a un effet positif, mais au-delà de ce seuil, son impact sur la croissance est négatif ». Nous sommes très au-delà de ce seuil.

Faisons barrage!

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