Accueil » Le mirage bio, Laurent Pahpy

Le mirage bio, Laurent Pahpy

par Aymeric Belaud

Après Ferghane Azihari et son livre Les écologistes contre la modernité, c’est un autre ancien chargé d’études de l’IREF qui sort son premier ouvrage. Laurent Pahpy reprend en partie l’étude qu’il a écrite pour l’IREF sur l’agriculture biologique dans son livre Le mirage bio. Facile à lire, ce livre retrace toute la tromperie de l’agriculture bio.

Il y dénonce à la fois les mensonges sur les « bienfaits » du bio, qu’ils soient d’ordre sémantique ou scientifique, l’ultra-subvention de ce secteur, ainsi que l’action du lobby du bio qui joue sur les peurs des Français pour se développer. Il démonte l’ensemble des présupposés que peut avoir l’opinion publique sur l’agriculture et les produits bio comme le fait que le bio n’utilise pas de pesticides, que tout ce qui est « naturel » est bon et tout ce qui est chimique est « mauvais », que le bio est meilleur pour la santé, que le bio a meilleur goût, que l’agriculture conventionnelle détériore les terres, que les « pesticides » sont des poisons, etc. Toutes ces pensées fausses sont déconstruites de façon rigoureuse, faits scientifiques, graphiques et nombreuses études à l’appui.

Mais au-delà des purs faits, Laurent Pahpy nous emmène dans la tête des penseurs originels du bio. L’agriculture biologique puise ses racines dans le mouvement romantique allemand de la fin du XIXème siècle et ses origines intellectuelles sont fortement teintées d’ésotérisme et d’occultisme, à l’image de la biodynamie. Mais surtout, la pensée qui entoure le modèle bio n’est pas écologique, dans le sens de prendre soin de la nature, mais bien antimoderne et anticapitaliste. Ce qui est rejeté, c’est le progrès technique en lui-même, pourtant à la source de nombreuses avancées réellement saines pour l’environnement et les producteurs. La pensée du bio fait fi de toutes les évolutions et de l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs de ces dernières décennies. Le fantasme du retour à la terre et du « c’était mieux avant » (ce qui est faux en matière agricole) est la base de cette idéologie que l’on peut définir clairement comme réactionnaire.

Laurent Pahpy termine son ouvrage par une ouverture sur les biotechnologies, dans toutes ses formes. Pour lui, c’est la clef pour une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Il évoque à la fois les OGM et l’innovation dans les outils.

L’ouvrage ne prône pas l’interdiction du bio ; chacun doit être libre de produire ce qu’il entend, de la manière qu’il le souhaite, tant que cela reste dans le cadre fixé par les réglementations de base. Il ne blâme pas non plus les individus qui consomment du bio, et qui le font avec les meilleures intentions du monde. Cet ouvrage vise plutôt à nous instruire sur les réalités de l’agriculture biologique et son constat est sans appel : « les promesses sanitaires et environnementales du bio ne sont pas démontrées » (p.133). La voie à suivre pour nos agriculteurs est celle de l’innovation, pas du retour en arrière.

Achetez le livre

You may also like

1 commenter

JR 12 décembre 2021 - 2:23

Le mirage bio, Laurent Pahpy
Bonjour, sans dénigrer le « Bio », de toute évidence cela peut constituer un petit pourcentage de la consommation et cela doit rester un choix dans une économie de marché ou le client est roi. Mais cela ne pourra en aucun cas nourrir 7 Mds d’habitants. Le problème réside plutôt dans l’espérance idéaliste qu’ils en font. Rappelons que l’augmentation de l’espérance de vie est due aux progrès considérables réalisés en matière d’agronomie, cela, la « boboterie Bio » moralisatrice semble l’oublier. A ce titre, les producteurs Bio, comme les grandes exploitations, doivent aussi vénérer et remercier la molécule de C02, rare, indispensable et irremplaçable présente à 0,04 %, qui leur permet d’obtenir des rendements jamais atteint. Merci le C02, que les usurpateurs du climat arrête de le vilipender. Cependant, dans le domaine de l’élevage, à mon sens, il conviendrait de s’orienter vers l’élevage dit « raisonné », c’est à dire ou les animaux ont un minimum d’espace vital, sans pour autant céder aux sirènes éscrolo-végan-gaucho-altermondialistes.
Il est utile de rappeler que ce que l’on nomme pompeusement aujourd’hui l’écologie (devenue éscrologie) est le 3 ème fléau idéologique depuis le début du 20 ème siècle, après le communisme, puis le nazisme. D’ailleurs, l’UE que tente de mettre en place les dignes successeurs de Schuman (agent Allemand) , Monet (CIA) et Welstein (ex Nazi), tous payés par les US, nous conduit inéluctablement vers une UE de confession éscrolo-communo-socialiste pour ne pas dire pire. Merci. Bien à vous

Répondre

Laissez un commentaire