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Inflation : l’Etat se goinfre, les retraités trinquent

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Lors de notre dernière étude sur la désindexation 2022, face à l’inflation, du pouvoir d’achat des retraites des Régimes Général (Sécurité sociale) et Intégrés (fonctions publiques notamment) que nous abrégerons en « RGI », nous nous étions attachés aux conséquences individuelles de cette désindexation partielle pour chaque retraité.

Désormais, notre regard se porte au niveau des finances publiques et des équilibres globaux et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’État profite largement de l’inflation présente pour freiner fortement l’évolution des retraites et accélérer l’euthanasie financière à laquelle s’est attaché le Président Macron. Et ce n’est sans doute pas un hasard si, incapable de procéder à l’ambitieuse réforme des retraites qu’il avait laissée entrevoir, il a tenu à marquer successivement :

  • le début de son premier quinquennat par une majoration de CSG de 1,80% non compensée et parfaitement injuste ;
  • et le début de son second quinquennat par une désindexation partielle qui va faire de 2022 – et malgré une augmentation « officielle » de 5,10% des retraites des régimes général et intégré – l’une des pires années pour l’ensemble des retraités.

Pour mener cette étude originale, nous nous livrerons à une première approche statistique (I), avant d’évaluer le hold-up présentement opéré sur les pensions de 2022 (II) pour constater ensuite qu’en l’état actuel des choses, la désindexation de 2022 rapporte bien davantage aux finances publiques que la majoration de CSG de 2018/9 (III). Nous sonderons ensuite l’attitude des retraités en nous étonnant de leur inquiétante apathie (IV) et en appelant enfin les intéressés à réagir d’urgence (V) s’ils ne veulent pas rejoindre sur leurs dernières années de retraite les zones critiques de la nécessité, de la pauvreté et du dénuement.

Normalement l’inflation doit être exactement quantifiée, elle se mesure sans difficulté particulière et elle devrait être la même pour tout le monde. Ce n’est pourtant pas la première impression qui prévaut, lorsqu’on considère les divers chiffres qui circulent en cette fin d’année 2022 :

  • 2,00%, c’est le taux réel de réévaluation des retraites des régimes général et intégrés sur l’année 2022, correspondant à la mise en application seulement au 1er juillet 2022 et donc seulement sur six mois sur douze d’une augmentation de 4% (4%*6 mois/12=2%) ;
  • 3,40 %, c’est le taux appliqué à la révision des bases foncières des impôts locaux pour les impositions de l’année 2022 (censées être indexées sur l’inflation) ;
  • 3,50%, c’est le taux de majoration courant 2022 du point d’indice de la fonction publique, figé auparavant depuis de longues années ;
  • 5,10% (= 1,10% au 1er janvier + 4,00% au premier juillet), c’est le taux officiel –mais non appliqué– d’augmentation des pensions des RGI annoncé par le pouvoir pour l’année 2022 ;
  • 5,12%, c’est le taux de majoration du point Agirc-Arrco, qui « coiffe » le taux précédent de 2 centièmes de point, tel qu’il vient d’être décidé par le Conseil d’Administration de la plus importante Caisse de retraite complémentaire du pays pour environ 13 millions de retraités du secteur privé ;
  • 6,90 %, c’est le prochain taux de majoration du plafond de Sécurité sociale pour 2023,
  • 7,00% est donné comme le probable taux de révision des bases foncières précitées pour la même année.

Ajoutons encore à cette longue liste de taux divergents le record absolu avec 9,47% d’augmentation de la masse salariale pour EDF (dont 4,60% d’augmentation générale + 2,45% d’augmentations individuelles + € 2 600 de prime exceptionnelle) ; une hausse qui vient en dépit:

  • de sa gestion catastrophique de la maintenance du parc nucléaire,
  • de ses retards aggravés dans la remise en marche des réacteurs défaillants,
  • de la quasi-faillite de l’électricien promis à la nationalisation,
  • du coût exorbitant de retraites hors normes,

L’État dispose de toujours assez d’argent pour récompenser une entreprise qui, en lançant des grèves dans des circonstances périlleuses, montre qu’en France ce qui compte, ce n’est pas la qualité de ce qu’on apporte à la communauté nationale, mais bien plutôt la puissance des moyens dont on dispose pour lui nuire. Cette augmentation insensée et insultante pour tous ceux qui privilégient la modération et l’intérêt national, est d’autant plus inadmissible que le Président de la République ne cesse de clamer qu’il est strictement opposé à l’indexation des salaires sur l’inflation, énième et pitoyable illustration de ce « faites ce que je dis et pas ce que je fais », qui décrédibilise souvent la plupart des annonces contradictoires du Chef de l’État.

Tout cela sachant que 5,50% est la prévision a minima et gouvernementale du taux d’inflation 2022 pour le « vulgum pecus » , en sachant qu’en juillet 2022 un premier pic à 6,10% avait déjà été enregistré et qu’à fin octobre 2022 l’INSEE publie une nouvelle alarme à 6,2 % pour les 12 derniers mois  échus (octobre 2022 compris)

On voit bien ainsi que nous sommes en présence d’une approche passablement désordonnée de la prise en compte de l’inflation dans la sphère publique et qu’il n’est pas vraiment facile pour les retraités de savoir où ils en sont exactement. Mais le contrôle parlementaire lui-même ne va pas au fond des choses et le Gouvernement rappelle immédiatement à l’ordre les députés qui osent prétendre que pour les retraites des RGI le compte n’y est pas. Or il se trame un véritable hold-up sur les retraites de ces régimes.

Le hold-up sur les pensions 2022 des RGI

Pour en juger, on peut retenir deux optiques distinctes afin de fixer le véritable taux d’indexation appliqué en 2022 aux retraites des RGI qui nous concernent :

  • Soit on privilégie une optique de trésorerie qui retient toutes les augmentations appliquées en 2022 sans rechercher leur année d’origine. Dans ce cas l’augmentation 2022 des RGI est de 1,10% au premier janvier au titre d’un rappel sur 2021 et de 4,00 % au 1er juillet pour l’année 2022. Soit un taux moyen pondéré de 1,10 (année entière) + 4,00 *(6 mois/12) = 2% (second semestre seulement). Ce qui donne un enchainement de 1,011 * 1,02 = 103,12, soit 3,12% en calcul exact du taux moyen d’augmentation sur l’année entière 2022 (contre les 3,10% que nous avions retenus en calcul additif approché dans notre précédente étude).
  • Soit on privilégie une optique d’engagement, auquel cas on ne considère au titre de l’année 2022 que les augmentations qui se rattachent exclusivement à elle, ce qui n’est pas le cas de l’augmentation de 1,10% versée depuis le 1er janvier 2022 qui est en réalité un ajustement final pour l’année 2021. Reste donc uniquement l’augmentation de 4%, appliquée seulement à partir du 1er juillet 2022, qui correspond donc à un taux annuel moyen pondéré de 4,00% * (6 mois/12) = 2,00%.

Il convient alors de rapprocher les taux d’indexation précédents du taux réel de l’inflation. On sait qu’elle a déjà franchi les 6,10% en juillet et 6,2% à fin octobre et que l’on n’a pas actuellement le sentiment qu’elle ralentisse nettement, même si les chiffres INSEE avaient quelque peu fléchi en août et septembre. Mais bien entendu il faudra attendre encore un mois avant de savoir le taux définitif moyen retenu pour 2022 (c’est en réalité un taux moyen pondéré calculé sur 12 mois de décembre 2021 à novembre 2022).  Par prudence plutôt que par conviction, nous nous en tiendrons néanmoins au taux de 5,50% annoncé par le gouvernement, car même avec ce taux « plancher » les chiffres parlent et ils accusent. Voyons plutôt : sur cette base, le déficit d’indexation pour les retraites RGI atteint donc :

  • si l’on retient l’optique de trésorerie: 5,50 – 3,12 = 2,38%
  • et si l’on retient l’optique d’engagement: 5,50 – 2,00 = 3,50%.

Dans la première hypothèse de trésorerie, en sachant que le dernier chiffre connu des pensions RGI s’établit à € 246 Mds pour 2021 (source : Rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique – PLF 2023), l’État aura économisé : 246 Mds € * 2,38% =  5,85 Mds €. Cependant que dans la seconde hypothèse d’engagement, l’addition beaucoup plus lourde se chiffrera à :  246 Mds €* 3,50% = € 8,61 Mds €.

Quelle que soit l’approche choisie, la somme est importante, car en profitant de l’inflation, elle confisque sur 2022 jusqu’à 3,50 % du total des retraites des RGI. On voit ainsi clairement comment l’État qui engrange sur ses recettes le bénéfice intégral de l’inflation s’arrange en outre pour ne la répercuter que très partiellement dans les dépenses qu’il contrôle. Il est donc intéressant en poursuivant un peu plus loin d’essayer de rapprocher ces chiffres de la saignée imputable à la majoration de CSG opérée à l’issue du réajustement 2019.

La désindexation 2022 rapporte bien davantage à l’Etat que la majoration de CSG 2018/9

Là, la difficulté est de cerner la population qui est restée assujettie à la CSG au taux majoré de 8,30% après le second volet des lois portant réforme pour 2018 et 2019. Les recoupements opérés entre trois sources distinctes (les déciles 2019 de la population générale de l’INSEE, les pages 83 et 84 du  rapport annuel 2022 Les retraités et les retraites du Ministère du travail sur les déciles de la même année propres aux retraités  et la statistique du 22 mars 2022 de la C.N.A.V sur les retraités du régime général en 2021), permettent de situer à environ 40% la proportion des retraités qui acquittent la CSG à 8,30% tandis que leur niveau de vie (obtenu par extrapolation des déciles de l’INSEE et recoupement avec les déciles de la DREES pour les retraités) représente environ 60% des ressources de la population des RGI. On peut certes discuter de cette extrapolation, mais c’est elle qui semble la plus raisonnable compte tenu du labyrinthe statistique propre à cette approche particulière.

Sachant donc qu’en 2021, le total des pensions versées dans le cadre des régimes général et intégrés est de € 246 Mds, la base imposable de la majoration de CSG peut être estimée à : 246 * 60% = € 147,60 Mds et la majoration de CSG résultante à 147,60 * 1,80% = € 2,66 Mds. Si l’on rapproche maintenant les calculs précédents, on voit que, selon qu’on privilégie l’une ou l’autre approche, la désindexation 2022 coûte aux retraités :

  • selon l’optique de trésorerie : € 5,85 Mds / € 2,66 Mds = 2,20 fois la majoration de CSG 2018/19 ;
  • selon l’optique d’engagement : € 8,61 Mds / € 2,66 Mds = 3,24 fois ladite majoration de CSG.

Il est à noter que les délais de payement imposés par le régime général aggravent encore à la marge la situation, comme le montre l’encart ci-dessous:

Des délais de payement spoliateurs et inacceptables

Les pensions de retraite ont normalement un caractère alimentaire et c’est pour cette raison que les retraites complémentaires sont versées d’avance au 1er du premier mois de la période qu’elles couvrent. Dans ces conditions, on ne voit exactement pas pourquoi le régime général continue à verser ses pensions non seulement à terme échu comme il le prétend, mais à terme nettement outrepassé puisque les pensions du mois M arrivent généralement le 9 du mois suivant (M+1). On observera que la puissance publique, qui sait très bien prélever à la source et sans délai l’impôt sur le revenu, ne sait pas en revanche payer à temps les pensions du régime général sur lesquelles elle s’octroie des délais de payement exagérés, sans que cela dérange le moins du monde une représentation nationale aux abonnés absents.

Pour l’État, deux avantages à ces incohérences : d’abord une incontestable commodité de trésorerie et ensuite une complexité inutile, mais suffisante pour décourager la vigilance de la plupart des retraités du régime général, plus que perturbés par la dualité des règles d’échéancement des pensions de base et complémentaires.

Il serait vain de prétendre conférer une précision absolue à la démarche de reconstitution détaillée ci-dessus qui doit difficilement trianguler entre trois sources distinctes, mais du moins ces sources sont-elles connues et il est peu probable que les ordres de grandeur obtenus quant à la perte du pouvoir d’achat imputable en 2022 à une prise en compte tardive et très insuffisante de l’inflation par les pouvoirs publics puissent être fort éloignés de la réalité.

L’apathie inquiétante des retraités

Maintenant, si l’on compare la profonde apathie avec laquelle les retraités concernés ont accueilli l’annonce de la revalorisation tronquée de 4,00% de leurs pensions au premier juillet 2022 au concert de protestations qu’avait provoqué la majoration de la CSG 4 ans plus tôt, on s’aperçoit qu’avec le secours de l’inflation, l’État vient de trouver la recette magique pour saigner les retraités des RGI, sans même qu’ils ne ressentent l’incision.

Alors certes après cette revalorisation exceptionnelle et d’urgence des pensions en cours d’année, la Première Ministre n’a pas exclu un complément à venir début 2023 qui serait d’ailleurs conforme à l’indexation imposée par l’article L 161-25 du Code de la Sécurité sociale. Mais pour l’instant rien n’est sûr et manifestement aujourd’hui l’heure n’est pas à la revendication chez des retraités visiblement perdus dès qu’il s’agit de poser un calcul en ligne. Cela est d’autant plus à craindre que, ainsi qu’on l’a vu, l’État ne fait rien pour leur faciliter la tâche. Ce qui est plus curieux, c’est que non seulement les retraités, mais encore leurs associations, fédérations et confédérations, pourtant mieux équipées pour analyser la situation, ne se montrent apparemment guère plus vigilantes, ni plus combatives, ouvrant ainsi au Pouvoir des perspectives qu’il n’avait sans doute même pas osé envisager. De son côté, mais cette fois pour les retraites complémentaires, l’Agirc-Arrco n’est pas en reste, puisque ses dirigeants admettent que les 5,12% d’augmentation de cotisations alloués ne couvriront pas tout à fait l’inflation, parce que le Conseil d’Administration (qui rappelons-le ne comporte aucun retraité) a décidé de profiter de la moindre progression des salaires pour rogner une nouvelle fois le pouvoir d’achat de ses retraités.

L’euthanasie financière en marche

Si, comme ils le font depuis trop longtemps, les retraités continuent à privilégier leurs loisirs, leurs voyages et à batifoler sans s’occuper de leurs propres pensions, tous ces calculs, tous ces exemples montrent que d’autres s’en occupent et activement. À ce rythme-là d’ailleurs, le pouvoir d’achat résiduel des pensions va fondre comme neige au soleil et dans quelques années à peine, beaucoup de nos retraités vont se retrouver aux portes de la nécessité, faute d’avoir pris la précaution de provisionner à temps la chute régulière et irréversible de leur pouvoir d’achat. Et comme, bien qu’ils soient nombreux à dénoncer cette injustice :

  • ils n’auront pas senti la nécessité de se « bouger » pour accéder à la qualité de troisième partenaire social auprès des institutions qui les concernent le plus directement (Conseil Économique, Social et Environnemental, Conseil d’Orientation des Retraites, Comité de Suivi des Retraites, Caisses Nationales d’Assurance-Maladie et d’Assurance-Vieillesse, Caisses de retraite complémentaire) ;
  • ils n’auront pas électoralement réagi contre la désindexation continue de leurs pensions en exigeant que l’indexation légale (article L 161 /25 du Code de la Sécurité sociale) de leur pouvoir d’achat régulièrement violée jusqu’à présent (le Président Macron s’en est même fait une spécialité) soit pour l’avenir définitivement garantie par un ajout exprès à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (il n’y avait pas beaucoup de de retraites en 1789!), laquelle a –on le sait– valeur constitutionnelle;
  • ils n’auront pas su imposer, malgré l’importance économique, financière et sociale des retraites (quelque € 341 Mds en 2021 = 6 fois le budget de l’Éducation Nationale, 8 fois celui de la Défense!) la création d’un vrai Ministère des Retraites et des Retraités parfaitement autonome et compétent et dont on aura préalablement chassé  tous les  abrutis de haut rang,  capables (j’en ai personnellement connus) de soutenir mordicus  aux retraités que ce sont les syndicats de salariés qui les représentent et qui les protègent;

ces Anciens peuvent s’attendre à vivre prochainement des jours extrêmement pénibles. Pis encore, à voir le seuil de pauvreté actuel qui frappe en 2021 7% des retraités (source DREES, rapport 2022 précité), beaucoup peuvent craindre de le rejoindre rapidement..

On reste atterré de la docilité, de l’insouciance, du manque de vigilance d’une population qui n’a manifestement pas réalisé que sa propre euthanasie financière, déjà engagée, s’est encore sournoisement accélérée sur la dernière décennie. Pourtant les retraités auraient tout intérêt à veiller à ce que la majoration exceptionnelle de 4,40% allouée sur la moitié de l’année 2022 ne corresponde pas prématurément à un solde de tout compte ou que le complément versé début janvier 2023 permette bien de rattraper complètement l’inflation totale de 2022. Mais comment s’étonner dans cette période de déliquescence nationale que nos dirigeants, rigoureusement incapables d’honorer leurs promesses successives de maitriser la dépense publique, s’acharnent assez lâchement et à coups redoublés sur la catégorie de population vis-à-vis de laquelle ils savent rencontrer le moins de résistance ? En effet, les retraités ne disposeront jamais du pouvoir de nuisance dont usent et abusent certaines corporations tant publiques que privées devant lesquelles le pouvoir s’incline régulièrement et – EDF, on l’a vu, en est l’archétype – quoi qu’il en coûte. Mais s’ils tiennent vraiment à leur pouvoir d’achat, les retraités – qui constituent quand même nettement plus du tiers du corps électoral – se doivent, en exerçant sans délai les pressions qu’il faut auprès de qui de droit, de faire un usage nettement plus offensif de cette arme qu’on appelle le bulletin de vote et dont jusqu’à présent ils ne se sont guère utilement, ni efficacement servis.

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22 commentaires

Arlet 9 novembre 2022 - 7:01

Merci pour votre article , qui me rassure sur mon  » intellect  » .
Pour la première fois , difficultés à établir le budget !

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Fasquelle lavoine jm 9 novembre 2022 - 7:51

Les retraités attendent avec impatience 2027 et espèrent même peut-être avant ? ??

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Jean Guicheteau 9 novembre 2022 - 8:08

En supprimant les élections aux conseil d’administration des caisses (de Gaulle), puis en retirant tout pouvoir de décision à ces conseils (Mitterrand), puis en transférant une partie des cotisations vers l’impôt (Rocard, Chirac et Sarkozy), l’État a mis la main sur le système social contributif (retraite, chômage et maladie), et par ce hold up (qui continue avec les complémentaires et sera aggravé par la réforme conduisant à un système unique géré par Bercy) créé la confusion des budgets, leur politisation à outrance, l’immobilisme, conduisant à la faillite. La vraie réforme serait de retirer à l’État cette gestion de la part contributive (l’argent des cotisants qui n’appartient qu’à eux) et la confier à des caisses autonomes responsables devant les cotisants. Mais çà ne peut passer que par des élections (pas par l’IREF seulement) et il faut donc présenter des candidats défendant ce programme.

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LEXXIS 18 novembre 2022 - 10:01

@ JEAN GUICHETEAU: LE POUVOIR N’AIME PAS LA LUMIÈRE…

Pour abonder dans votre sens, le comble est que, pour sa fonction publique, l’État s’est toujours opposé aux demandes instantes et répétées de la Cour des comptes pour la création d’une caisse indépendante et autonome destinée à la fonction publique. Manifestement le pouvoir a une sainte horreur de la lumière…

Cordialement: Th.B

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ROMIEU 9 novembre 2022 - 8:52

Merci pour cette analyse. Son impact ne serait-il pas plus fort si :
– une comparaison était faite avec les régimes de retraite de nos chers députés et sénateurs (montant de la retraite et de la cotisation, qu’elle durée de cotisation pour quel montant de pension, calcul de la pension de reversion), etc …
– cette information était diffusée par les grands médias aux heures de plus forte écoute.
– nous avions des journalistes courageux qui pousseraient nos perroquets politiques dans leurs derniers retranchements.
Hélas…….

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LEXXIS 18 novembre 2022 - 9:55

@ ROMIEU: LE POUVOIR, LES POLITIQUES ET LES MÉDIAS DÉTOURNENT SYSTÉMATIQUEMENT LEUR ATTENTION DES RETRAITÉS.

Hélas, oui, vous avez mille fois raison. Mais pour avoir saisi à plusieurs reprises par écrit les médias et le pouvoir, pour avoir personnellement et officiellement déposé plainte auprès de la Défenseure des Droits contre l’inaction de l’Arco à propos du taux dérisoire de représentation des retraités dans le paysage audio-visuel français (2 à 5%, selon le régulateur lui-même alors que les retraités totalisent 26% de la population française!), je puis vous assurer que le sort de 18 millions de retraités intéresse infiniment moins les classes médiatique et politique que tel ou tel incident de séance ou tel ou tel salut nazi à l’Assemblée Nationale.

Toutefois pour ce qui est de certains régimes spéciaux dont les privilèges fort coûteux sont tout à fait exorbitants, certes j’en suis bien conscient, mais je préfère essayer de rassembler tous les retraités (privé et public, militaires et civils , titulaires de droit direct ou réversataires) pour les doter d’un statut fondé sur quatre revendications majeures et largement originales (1 – une juste représentation collective auprès des institutions dédiées aux retraites, 2 – la garantie par la Constitution du pouvoir d’achat des pensions, 3 – l’institution d’un véritable Ministère des Retraites et des Retraités et enfin 4 – la création d’un Institut National des Retraites et des Retraités (IN2R) indépendant et dirigé par des retraités), plutôt que d’ajouter encore à leurs multiples divisions dont le pouvoir joue à longueur d’années. Il vient même récemment de prétendre par la DREES que les retraites des fonctionnaires seraient souvent moindres que celles du secteur privé (curieux quand même qu’aucun syndicat du secteur public n’ait jamais réclamé l’alignement des pensions de leurs ouailles sur celles du secteur privé?).

Merci enfin de l’attention bienveillante que vous avez bien voulu porter à mon article.

Cordialement: Th.B

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Alain Boulet, ing, CRHA 9 novembre 2022 - 9:32

Quel article documenté et structuré: le CQFD s’applique à merveille!
Le pouvoir gris doit réagir, la génération des baby-boomers doit se réveiller, nous ne sommes pas la génération silencieuse de nos parents, secouons-nous que diable 👿!
Les politiciens ne connaissent qu’une loi, celle “de la sanction de l’urne”, alors utilisons-la! L’apathie et la résignation n’ont jamais été notre lot, nous avons orchestré “la révolution tranquille” dans les années 60-70, nous avons secoué les structures, nous avons sécularisé nos institutions. Nous avons une espérance de vie en santé de plus de 80 ans et nous atteignons de plus en plus les 90 ans. Notre ADN est programmé pour vivre 120 ans si nous observons une hygiène de vie adéquate et les recherches pour gérer le vieillissement se poursuivent (allongement des telomeres que l’âge voit diminuer ce qui explique la dégénérescence associée au vieillissement).
Levons-nous et dressons-nous bien droit devant cette euthanasie financière orchestrée au plus haut niveau: les riches et puissants s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent, ne laissons plus ces rapaces nous bouffer tout cru! En marche tous ensemble!

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AlainD 9 novembre 2022 - 9:40

Merci pour cet article édifiant qui montre bien que l’Etat, avec Macron à sa tête, vole les retraités sans vergogne et s’apprête à faire main basse sur les réserves des caisses Agirc-Arrco. Je me demande s’il en a réellement le droit puisqu’il s’agit d’argent provenant de fonds privés. La constitution permet elle un tour de passe passe de cette ampleur ? Nous avons bien compris depuis longtemps que Macron n’est qu’un joueur de bonneteau.

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LEXXIS 18 novembre 2022 - 10:12

@ ALAIND: COMMENT COMPTER ENCORE SUR LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL?

Le droit de propriété constitutionnellement garanti s’oppose normalement à ce hold-up. Mais quand, depuis le 1er janvier 2001, le pouvoir – quel qu’il soit, de gauche comme de droite- verse aux Sages ponctuellement et rubis sur l’ongle des subsides mensuels et inconstitutionnels qui dépassent actuellement € 8 000 pour chaque juge, quand tout le monde le sait et que personne ne moufte, comment être sûr d’un Conseil constitutionnel qui a à trancher entre un pouvoir qui le suborne activement et un requérant qu’une pratique identique conduirait directement devant la justice pénale?

Une République exemplaire, vous dis-je! Vous n’avez pas remarqué?

Cordialement: Th.B

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Daniel 1945 9 novembre 2022 - 9:46

Article méprisant pour les retraités, vous n’avez rien à envier à Macron.

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Trasymsarl 10 novembre 2022 - 7:41

Vous n’avez semble-t-il rien compris à cet article que vous vous permettez de commenter! L’avez-vous seulement lu? Je suis toujours étonné que les futurs retraités 2.0 n’aient pas encore compris que les retraités « boomers » n’ont pas eu d’autre choix que d’adhérer par la force au système par répartition, et rares sont ceux qui ont pu EN MEME TEMPS se constituer un capital de complément. Cet article est un constat d’échec cuisant pour l’action des gouvernements successifs depuis 50 ans et on a du mal à y voir du mépris pour les retraités actuels?

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Zygomar 10 novembre 2022 - 4:47

@Daniel1945 : « …article méprisant pour les retraités ».
Expliquez un peu cette déclaration aussi absconse que péremptoire et donc ridicule.

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LEXXIS 18 novembre 2022 - 9:29

@ DANIEL 1945: NON, JE NE SUIS PAS UN SUPPÔT, NI UN CLONE DE MACRON!

Votre critique ne m’atteint pas, mais je vous le dis tout net, sa bêtise et son injustice me désolent, alors qu’à 80 ans je viens de passer plus de 16 années de ma vie et bien plus d’une dizaine de milliers d’heures à défendre bénévolement les retraités dans plus d’une centaine d’articles et d’études, dont la plupart sur le site de l’IREF,. J’ai même le plus souvent avancé pour ce faire des points de vue originaux (qui donc actuellement est le seul à réclamer depuis plusieurs années l’introduction dans la Constitution de la garantie du pouvoir d’achat des retraités)?) et tout spécialement contre un certain Macron, qui ne cesse de leur mentir et de s’en prendre à eux, en sachant bien qu’avec des gens comme vous, qui se trompent manifestement de cible, il n’a quasiment rien à craindre.

Et ne m’en voulez pas, mais votre prise à partie me fait immanquablement penser au poète: « Si tu peux supporter d’entendre tes paroles travesties par des gueux…. ».

La prochaine fois de grâce, avant de fustiger vertement l’auteur, assurez-vous que vous avez bien compris le sens de son article! Merci d’avance!

Cordialement quand même: Th.B

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Astérix 9 novembre 2022 - 2:06

Merci de votre article cependant un peu complexe. Lorsque vous avez, en France, un pouvoir administratif exorbitant au détriment d’un véritable état de droit, tout est permis (régime de l’ex URSS) ! C’est une véritable escroquerie d’autant plus scandaleuse que les employés des services publics sont plus que servis contrairement au secteur privé qui pourtant finance tous ces régimes publics et leurs retraites ! (Voir EDF en faillite totale) ??
Nos députés, qui devraient remettre les pendules à l’heure, ne font rien et suivent bêtement tous nos gouvernants qui devraient être poursuivis pour escroquerie !
La France est CUITE puisque les électeurs n’ont rien compris, en majorité !

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Obeguyx 9 novembre 2022 - 6:02

Article admirable. Mais ça fait 40 ans que ça dure !!! Et ça va continuer … Il n’y a qu’une balle qui puisse arrêter un fou furieux et nos dirigeants sont tous des fous furieux … Il ne reste plus qu’à en « tirer » les conséquences et tous ces bavardages les servent et desservent le peuple et la Nation.

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NewTone 9 novembre 2022 - 6:33

Article trop compliqué pour moi, retraité du privé, donc recevant depuis maintenant 20 ans, comme tous les salariés du secteur privé, une retraite composée de 2 pensions : celle versée par la CNAV, et celle versée par AGIRC-ARRCO. Je peux donc facilement constater combien j’ai reçu sur mon compte bancaire chaque année et même chaque mois depuis 20 , de mes caisses de retraite ( A signaler cependant qu’il est devenu difficile de connaitre le montant de sa retraite depuis la mise en place du prélèvement à la source… Avec du temps, on peut cependant y arriver)
Je ne comprends pas l’intérêt à mener une étude – sur la seule évolution des pensions perçues par les retraités- en « mélangeant » « les retraites du régime général » (= celles versées par la CNAV ? à combien de retraités ?) et les « retraites des régimes Intégrés (fonctions publiques notamment) ». C’est la première fois que j’entends parler de « régimes intégrés », et je ne vois pas bien en quoi ils pourraient être comparés au « régime général », qui ne verse qu’une partie des pensions des salariés du Privé.
Cette comparaison n’a aucun sens.
La seule étude qui aurait du sens est une comparaison de l’évolution des pensions des retraités du privé, avec l’évolution des pensions des retraités du secteur public (notamment celles des retraités des 3 fonctions publiques, mais aussi celles de retraités des EDF, SNCF, RATP, …des députés et autres élus : en résumé tous les Français qui vivent de l’« argent public »). Une telle comparaison, basée sur des CONSTATS sur 20 ans par exemple – et non étayée par des raisonnements discutables-et difficiles à suivre , montrerait que les pensions reçues par les retraités du privé ont augmenté bien moins vite – ou bien plus lentement- que celles perçues par les retraités du Public.
Et n’oubliez pas que cette inégalité dans l’évolution des pensions versées aux retraités des 2 secteurs, n’est rien par rapport à l’inégalité des retraites au jour du départ en retraite : grâce au mode de calcul de sa pension, un retraité du Public part en retraite avec une pension en moyenne supérieure de 40% à celle qu’il percevrait si elle était calculée comme une retraite du privé à partir de taux de cotisations salariale et surtout patronale, égales à celles du privé. Ce supplément de 40% est financé par les impôts et taxes payés par tous les Français et les entreprises.
Avez-vous une petite idée de l’économie d’impôts et taxes (économie de « dépenses publiques »..) que l’on pourrait réaliser chaque année si tous les salariés de France « bénéficiaient » du régime de retraite des salariés du Privé ???.
En résumé, dans notre République des Fonctionnaires, un fonctionnaire (comme tous les autres salariés du secteur public), part en retraite avec une pension supérieure de 40% en moyenne à celle de son con-citoyen du Privé qui aurait eu le même salaire que lui, tout au long de sa vie « active ». Et, en plus, une fois qu’il est en retraite, sa pension augmente plus vite que celle de ce con-citoyen. Alléluia…
Si les salariés du Privé savaient et comprenaient comment ils sont traités dans la République des Fonctionnaires, nul doute qu’ils exigeraient, par leurs votes, l’abolition des privilèges du secteur Public, au nom de notre chère « Egalité ». Mais l’omerta sur le sujet est soigneusement assurée par les « élites » qui monopolisent les micros que leur tendent les médias à la botte. La connaissance de la VERITE n’est pas pour demain.

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Trasymsarl 10 novembre 2022 - 8:24

L’article est compliqué précisément parce que le système de retraite ( et la couverture sociale en France) ont à dessein été compliqués au fil du temps afin de rendre le système de plus en plus opaque. Les joueurs de bonneteau comme Macron appliquent les techniques des illusionnistes pour faire passer leurs décisions au détriment non seulement des retraités, mais plus généralement au détriment de ceux qui ne font pas partie de leur cercle de bobos méprisants, arrogants et cupides!

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LEXXIS 20 novembre 2022 - 1:52

@ NEWTONE

J’ai parfaitement compris que ce qui vous intéresse, c’est la comparaison entre secteur privé et secteur public et rien de plus. Mais voyez-vous, cette comparaison et ses conclusions sont parfaitement connues, même si le pouvoir entreprend actuellement une campagne de communication pour faire croire que les fonctionnaires se trouveraient dans certains cas lésés par rapport aux salariés du secteur privé. Alors qu’à ma connaissance personne n’a alerté les retraités sur les ravages de l’inflation sur leurs pensions perçues durant 2022… bien que les retraités y perdent bien davantage que lors de l’augmentation de la CSG en 2018 contre laquelle ils avaient vigoureusement protesté Ceci ne vous intéresse peut-être pas, mais à votre place j’y regarderais de plus près en sachant qu’à ce rythme de désindexation beaucoup de pensions même moyennes vont rapidement tutoyer les seuils de pauvreté.

Pour ce qui concerne les régimes intégrés, il s’agit essentiellement des régimes de la fonction publique qui sont entièrement alignés sur le régime de base à partir d’une pension mensuelle correspondant à 75% du salaire moyen des six derniers mois hors primes. Ces régimes sont dits intégrés parce qu’ils ne comportent pas de retraite complémentaire (en réalité, ils cotisent quand même sur ces primes à un régime additionnel par capitalisation dans la limite d’un plafond fixé à 20% de la base retenue pour la pension principale). C’est pour cette raison que mes calculs comparatifs ont intégrés les pensions principales de la fonction publique.

Cordialement: Th.B

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Catherine Bretagne Meyrier 9 novembre 2022 - 8:25

Merci pour cette excellente démonstration. J’espère qu’elle en réveillera quelques uns. Il est important d’avoir des lanceurs d’alerte comme vous le faîtes si bien. Aussi, que l’apathie générale apparente ne vous décourage pas. Je pense pour ma part que les retraités (comme moi du reste) n’osent pas réclamer quoique ce soit sur ce terrain, ressentant vraisemblablement une sorte de culpabilité d’avoir à réclamer une augmentation de leur retraite alors qu’ils ne sont plus utiles à la nation.
Il y a de cela aussi dans leur inaction. Il faut donc les préparer à mieux défendre leurs intérêts, car personne ne viendra les secourir le jour où il faudra songer à l’ehpad….et qu’ils n’auront plus alors de quoi assurer leurs derniers jours.

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Trasymsarl 10 novembre 2022 - 8:30

Aucune culpabilité à réclamer ce qui est dû! Nous avons été forcés d’adhérer tacitement à un « contrat », et l’Etat qui nous l’a imposé doit le respecter dans son intégralité, sauf à modifier sa teneur par un « avenant » modifiant les conditions, et portant sur les cotisations, les droits acquis et leur éventuelle évolution face à l’inflation. Nous, les retraités, avons des droits à pension après avoir eu des devoirs au cours de notre période d’activité.
Il n’y a rien de coupable à réclamer son dû.
Maintenant constater que le système est mauvais et en faillite parce qu’il repose exclusivement sur les actifs pour les retraites du privé et sur tous les contribuables pour les retraites du public, c’est un autre débat qu’il faudra bien ouvrir un jour et surtout le plus vite possible!

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AlainD 9 novembre 2022 - 10:05

Mon épouse et moi-même sommes retraités donc sans rupture d’aucune sorte dans le versement des pensions.
A titre de comparaison, j’ai relevé sur les avis d’imposition de 2016 (revenus 2015) et 2022 (revenus 2021) les montants déclarés avant abattement spécial ( dont le taux n’est pas de 10% comme annoncé).

En 2021 les sommes déclarées sont supérieures de 15€ à celles de 2015. Certes il faudrait tenir compte de la différence entre l’impôt de 2016 supérieur à celui de 2022 ce qui améliore le résultat. Toutefois on voit très bien que la csg majorée par Macron constitue ni plus ni moins qu’un vol à l’égard des retraités…Je ne lui dis pas merci !

Dans un tout autre domaine, Castaner serait candidat à la présidence de la société du tunnel du mont blanc. Une sinécure payée 150.000 euros par an. C’est un peu comme donner de la confiture aux cochons.

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Trasymsarl 10 novembre 2022 - 7:35

C’est la preuve par les chiffres qu’il ne faut pas faire confiance à l’Etat pour gérer les retraites, mais plutôt sortit du système par répartition et se constituer une retraite par l’épargne individuelle bien gérée ou faire confiance à un système assurantiel privé, avec constitution d’un capital correspondant à l’estimation personnelle de ses besoins futurs.

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