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Faut-il légiférer pour moraliser la vie politique ?

par Nicolas Lecaussin

Pour les politiques français mis en cause dans des affaires, il faut d’abord « laisser la justice faire son travail ». Ensuite, si la décision de justice leur est défavorable, ils se considèrent victimes d’un acharnement, d’une cabale et assurent qu’ils vont à tout prix démontrer leur innocence. Il est vrai aussi qu’avec le « mur des cons », on a pu remarquer une certaine coloration politique dans les rangs de notre justice.

L’acharnement contre François Fillon en période électorale et le silence à l’égard de faits plus graves reprochés à d’autres candidats a montré les limites d’une institution qui se veut indépendante et efficace. Mais la question est surtout de savoir s’il faut légiférer pour « moraliser » la vie politique. Depuis pas mal d’années, on a tendance à légiférer sur tout ce qui concerne notre société, des lois sur la mémoire collective à l’éducation civique à l’école. Là où il faudrait se fier au travail neutre des historiens, les politiques préfèrent voter des lois. Et là où il suffirait d’étudier Montaigne, Voltaire ou Tocqueville, on choisit aussi de pondre des lois comme si le comportement des écoliers allait changer d’un coup de baguette magique.

Pareil pour ce qui est de la moralisation de la vie politique. Oui, il faut condamner l’élu corrompu, celui qui a piqué dans la caisse, celui qui gaspille l’argent public pour des raisons électoralistes… Mais va-t-on poursuivre l’homme politique qui emploie son épouse à un poste de collaboratrice et couvrir celui qui entretient sa maîtresse avec l’argent des contribuables comme l’a fait Mitterrand ? Où se situent les limites de cette moralisation qui risque de devenir une vaste tartufferie?

Le statut d’élu confère maints avantages mais surtout des obligations. Celui qui en bénéficie doit avoir, cela va de soi, un comportement irréprochable car les électeurs qui l’ont choisi ont les yeux rivés sur lui. Normalement, pas besoin de légiférer, un code déontologique non écrit devrait primer. Pour le reste, les lois ordinaires de la République ne suffisent-elles pas pour condamner les mauvaises pratiques ?

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3 commentaires

Gerard KOERCKEL 30 mai 2017 - 10:18

plus qu'une nouvele loi, de vraies sanctions
La condamnation de l'ex secretaire d'état Thevenoud est une vraie insulte au bon sens. Il est moins condamné qu'un voleur de poules, alors qu'il avait en charge la lutte contre la fraude fiscale. Il écope d'une "peine" symbolique, elle correspond probablemet au tarif prévu, mais c'est une mascarade et c'est indécent.

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pichon 30 mai 2017 - 2:29

Pourquoi légiférer?
Il suffit de faire appel au "sens moral" des élus…
Légiférer c'est penser qu'ils n'en ont pas!

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Dominogris 31 mai 2017 - 11:58

Moraliser la vie politique?…
"plus l'État est corrompu, plus les lois se multiplient…" (Tacite)
Ce n'est pas la vie politique qu'il faut "moraliser" ce sont les hommes. Et ça dépasse nettement la seule vie politique qui n'est que le reflet , à l'excès, des maux de notre société.
Nos malheurs ne viennent-ils pas du fait que les "élites" n'ont rien à apprendre de personne?

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