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Un potentiel vaccin contre le coronavirus trouvé par un Français… aux Etats-Unis

La société Moderna Therapeutics, spécialisée en biotechnologies, cherchant à développer des « thérapies protéiniques » ainsi que des vaccins contre le cancer et les maladies infectieuses, a conçu un potentiel vaccin contre le coronavirus en à peine 42 jours. Son « mRNA-1273 » contre le Covid-19 est actuellement le plus avancé. Les premiers résultats sont déjà disponibles et incitent à l’optimisme. La start-up a levé plusieurs millions de dollars en bourse pour pouvoir financer ses actions. Le titre boursier s’envole d’ailleurs (+19.96% le 18 mai). Basée aux Etats-Unis, cette entreprise est révolutionnaire dans le domaine médical et son PDG est un Français : Stéphane Bancel.
Les Français sont ingénieux quand on les laisse exploiter et développer leurs talents. Et pour se réaliser pleinement, Stéphane Bancel a décidé de quitter la France, pays de la recherche subventionnée et fonctionnarisée, pour les Etats-Unis et la recherche de pointe, développée par des entreprises et des fonds privés.

Une méthode de recherche privée, révolutionnaire, et libre

Il a fallu naguère 20 mois aux scientifiques pour préparer un vaccin contre le SRAS afin de le tester sur des humains. Il n’en a fallu qu’un peu plus d’un à Moderna pour concevoir un vaccin contre le Covid-19, et à peine cinq pour obtenir les premiers résultats. Elle l’a livré aux National Institutes of Health pour des essais cliniques dès la fin février. La première phase d’études a commencé dès la mi-mars avec des résultats encourageants : aucun effet secondaire grave et un développement du niveau d’anticorps égal voire supérieur chez les volontaires, à celui des patients qui se sont rétablis du virus. Le 7 mai, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé la société à entamer la phase deux de son essai avec 600 participants, contre 45 pour la phase un, afin d’évaluer la réponse immunitaire. La phase trois pourrait commencer dès le mois de juillet, avec l’aide de la FDA qui facilite les démarches. Dès l’automne, le vaccin pourrait même être à disposition de certains groupes, dont les soignants. Opérationnel en à peine 10 mois, ce serait un record ! Et cela grâce à des investissements privés, à la Bourse, et avec l’appui de l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux qui ne subventionne pas, mais facilite les démarches administratives et de commercialisation. Un climat de recherche et d’innovation bien plus attrayant qu’en France.

Pourquoi partir de France quand on est chercheur ?

Beaucoup de nos chercheurs et ingénieurs spécialisés décident de quitter l’enfer fiscal et réglementaire de l’Etat, plutôt que le pays en lui-même. L’empilement de taxes, de réglementations et d’impôts rebute beaucoup de Français, notamment les meilleurs dans leur domaine, et cela est particulièrement vrai dans le secteur de l’High Tech et des start-ups. L’émigration, notamment scientifique, en direction des États-Unis, est considérable : les chercheurs, ingénieurs et universitaires représentaient déjà 27 % des expatriés français entre 1996 et 2006. Ces expatriés viennent notamment d’écoles renommées comme l’École Normale Supérieure ou Polytechnique[1].
Et cela s’explique aussi par le fait que les laboratoires pharmaceutiques français ont perdu la course à l’innovation. Sanofi, le plus grand, est le seul représentant français sur 30 entreprises dans le classement Idea Pharma de 2018, dont le critère est l’innovation. Il était à la 15e place[2] mais n’avait cessé de baisser depuis 2013, où il était en 5e position[3] . La cause est assez claire : vue à court terme et boulet fiscal.
Ne parlons même pas des autres laboratoires, dont la non-présence dans le classement est en partie liée à une inadéquation entre leur production et la demande.
Le laboratoire Sanofi, dirigé par le britannique Paul Hudson, a d’ailleurs fait parler de lui en déclarant, avant de se rétracter, que si un vaccin est trouvé, il sera d’abord réservé aux Etats-Unis, qui ont financé le projet. Une bourde au premier abord mais qui révèle un autre problème, franco-européen. Après les déclarations du PDG britannique, Olivier Bogillot, président de Sanofi France, a réclamé « que l’UE soit aussi efficace en nous aidant à mettre à disposition très vite ce vaccin[4] » . En effet, les freins réglementaires avant une mise sur le marché sont beaucoup plus forts dans l’Union Européenne qu’aux Etats-Unis. On peut d’ailleurs l’observer avec Moderna. Là encore, une question de normes et de libre marché.

L’état de la recherche française se dégrade encore

Donc, les difficultés s’aggraveraient plutôt pour l’innovation, et rien n’est fait pour renverser la tendance. La France, non seulement n’attire pas des talents venant de l’étranger, mais elle éloigne les têtes françaises qui trouvent de meilleurs conditions, et de bien meilleurs salaires, à l’étranger.
Un autre attrait, notamment des Etats-Unis, est lié au statut et à l’environnement. Certes, la France consacre 2.4% de son PIB à la recherche contre 2.7 % pour les Etats-Unis, mais son classement dans la qualité de la recherche est faible : elle est seulement 13ème contre 4eme pour la puissance américaine, la Suisse étant la première. Il ne faut pas chercher bien loin les raisons : ce sont les maux dont souffrent les entreprises françaises depuis des années, et le fonctionnariat des chercheurs du CNRS, qui ne poussent pas à la productivité.
Pour que la France relève le défi de la recherche scientifique et médicale, il faut que son système change radicalement. Et la passion pour la taxation doit être comprise dans ce changement. En effet, les laboratoires français sont les plus taxés d’Europe selon la sixième édition de l’étude sur la fiscalité de l’industrie pharmaceutique, réalisée par le cabinet PWC en 2019. La fiscalité sectorielle, conséquente par rapport à celle de nos voisins, s’est s’alourdie de 4 points entre 2016 et 2019. De plus, pour Philippe Lamoureux, directeur général du LEEM (le syndicat des entreprises du médicament), « les nouvelles modalités de détermination de l’assiette taxable (pour 2019) sont devenues illisibles »[5] . Taxation, bureaucratisation, réglementations et illisibilité, voilà les causes du déclin de l’industrie pharmaceutique en France.

Nous en payons le prix fort aujourd’hui. Nul besoin d’un grand plan national de la recherche ou de gadgets étatiques supplémentaires. La France doit avant tout promouvoir le laissez-faire afin que les talents de nos brillants chercheurs puissent s’épanouir. C’est à la lumière de cette philosophie que l’innovation fleurit.
Ainsi, nous pourrions peut-être mettre fin à un engrenage logique qui fait que les chercheurs talentueux sont plus attirés par les start-up innovantes outre-Atlantique que par le CNRS ou les entreprises disposant du Crédit d’impôt recherche qui dégringolent dans les classements de R&D. Cette crise du coronavirus pourrait permettre une mise à plat du système français.

Sources :
Moderna’s Vaccine Hope, Wall Street Journal, 18.05.20.
https://www.journaldugeek.com/2020/ ...
https://www.lesechos.fr/idees-debat ...
https://www.valeursactuelles.com/so ...
https://www.lesechos.fr/industrie-s ...
⚠️ <html>https://www.healthcaremarketing.eu/unternehmen/detail.php?rubric=Unternehmen&nr=54723</html>
https://www.latribune.fr/entreprise ...
https://www.futura-sciences.com/san ...
https://www.huffingtonpost.fr/entry ...

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Messages (1)

Et avec quoi fabrique t on des chercheurs ?

le 26 mai, 13:38 par Sebl

J'ai l'impression qu'il manque un élément dans votre analyse pour avoir une vue un peu plus globale, c'est de comprendre comment on fait un chercheur. Généralement il faut dans les 8-10 ans d'études, dont plus de 5 sont non rémunérées. En France et dans d'autres pays européens, ça se fait les études étant peu coûteuses pour l'étudiant, les impôts payant une large partie du coût de la formation. Aux USA, c'est plus cher, et faire carrière dans la recherche pour un local c'est de l'ordre du suicide financier, avec largement plus de 100k$ de dettes accumulées à la fin du Master, autant dire que 4 ou 5 ans de PhD payé au lance pierre, c'est pas envisageable sauf à avoir une fortune personelle conséquente. C'est pour ça que vous verrez très peu de chercheurs américains, mais surtout des étrangers dont les études ont été payées par leurs pays d'origine et donc les impôts des sociétés de leur pays d'origine. La France investit dans ses étudiants mais n'a pas de garantie de retour sur investissement, vu qu'il n'y a pas de contrepartie exigée pour le paiement des études (sauf ENS, X... payés pour étudier). Vous avez la un sujet d'étude plus global que le simple constat de fuite des cerveaux et de pression fiscale.

26 mai, 15:28 - PhB

Très bon développement
Ayant moi-même fait des études supérieures assez longues, j'ai été témoin déjà dans les années 70 de telles aberrations. J'ai beaucoup de "potes" étudiants qui sont allés s'expatrier pour pouvoir juste exercer leur métier dans de bonnes conditions.
On a une immense chance en France de pouvoir faire ce genre d'études sans les frais exorbitants existants, ailleurs. De même combien de "Bacs +8" ne trouvant pas de travail correct sur notre territoire, font finalement tout autre chose : une pure perte pour la nation.

27 mai, 00:46 - vcppds7878

Si je suis d'accord que les études peuvent couter cher aux USA vous oubliez que si l'étudiant reste dans son état de résidence vous êtes alors très loin des 100K pour un master et plutôt autour de 40-45K. Ensuite vous oubliez que les élèves brillants, après tout on parle du dessus du panier quand il est question de recherche et bien ces derniers ne paient tout simplement rien ou quasiment rien voir même reçoivent un salaire, certes petit, pour étudier. On est donc très loin des poncifs habituels bien souvent. Pour exemple ma belle fille est partie en Floride, où son père réside, en temps qu'étudiante intra-état à FSU, a obtenu une bourse du fait de ses bon résultats dès le premier trimestre et faisant passer le coût de 8K$ à 0$.

Le problème aux USA est plutôt du à l'idée que l'on a vendue aux parents selon laquelle tout enfant a le droit ou la capacité à intégrer une université et l'on retrouve la même dérive avec beaucoup de diplômes généralistes (psycho, socio, ...) tandis que le pays souffre chaque année d'un manque en ce qui concerne la formation d'ingénieurs en informatique. Et les politiques de communiquer ardamment sur le nombre de jeunes entrant à l'université sous les clameurs des organismes privés ou public qui financent les paiements mêmes mopins élevés dans le cas de l'intra-état.

A cet effet il est frappant de voir que bon nombre de parents aujourd'hui vous disent qu'il ne vaut pas la peine d'aller dans une université prestigieuse et qu'il faut mieux poursuivre un cursus intra-état moins cher pour ensuite se spécialiser dans une université réputée dans laquelle on sera admis car arrivant avec un dossier scolaire et des notes de grande qualité.

Une chose reste sure, c'est qu'à la fin de leurs études, les jeunes américains restent plus mobiles et acceptent des jobs divers et variés et pas nécessairement en relation avec leur formation et ce d'autant plus que les entreprises jouent le jeu et acceptent de servir de tremplin à des jeunes débutant dans la vie active.

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