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Les terres rares : un enjeu économique mondial

mardi 13 avril 2021, par Alexandre Massaux

Les terres rares sont devenues des matières premières majeures pour les nouvelles technologies. Qu’il s’agisse des aimants, des composants pour les batteries ou pour les équipements médicaux, elles sont désormais essentielles à nos économies. Cependant, il faut tenir compte d’un problème politique actuel : la Chine contrôle la large majorité de leur production. Avec les tensions entre l’Occident et Pékin liées au durcissement du régime chinois, il est de plus en plus périlleux de laisser de tels éléments stratégiques entre les mains d’un adversaire géopolitique. La diversification de leur production doit devenir une priorité. D’autant que la France a le potentiel pour être un acteur majeur dans ce domaine grâce à son espace maritime.

Des matières essentielles entre les mains de la Chine

Comme le précise une étude de l’IFRI, le marché des terres rares est une niche économique évaluée à 9 milliards de dollars. Le volume de matières premières produites et vendues est faible (150 000 tonnes par an à comparer avec 2,29 milliards de tonnes de fer). Mais il alimente des industries représentant un total de 7000 milliards de dollars. Une faible quantité de ces matières a la capacité de produire des composants nécessaires pour la fabrication et le fonctionnement de technologies de pointe.

Les réserves connues de terres rares sont concentrées dans quelques pays. Selon les données de l’U.S. Geological Survey en 2020, la Chine en possède 44 millions de tonnes, le Vietnam et le Brésil 22 millions chacun, la Russie 12 millions, l’Australie 3,3 millions, les Etats-Unis 1,4 millions et le Groenland 1,5 millions. Toutefois, la plupart de ces pays n’exploitent pas leurs ressources. En 2019, la Chine, avec 132 000 tonnes produites, représentait 62% du marché, les Etats-Unis, avec 26 000 tonnes, étaient les seconds, à 12%. Suivaient la Birmanie (dont les réserves ne sont pas connues) et l’Australie avec respectivement 22 000 et 21 000 tonnes, soit 10,3% et 9,9% de la production. Des pays possédant de grandes réserves comme le Brésil, le Vietnam ou la Russie n’ont pas investi dans ce secteur permettant de peser dans le marché mondial.

L’Amérique du nord comme futur producteur occidental

Comme dans bon nombre de domaines économiques, le contrôle des terres rares est en train de devenir un terrain d’affrontement entre les Etats-Unis et la Chine. Si cette dernière est, pour l’instant, en position dominante, Washington ne reste pas inactif. Un plan d’action dévoilé en 2019 sous l’administration Trump avait pointé la faiblesse de l’Amérique : pour 14 des 35 minéraux listés, elle n’a aucune production nationale et dépend entièrement d’importations en majorité chinoises. Pour remédier à cette dépendance, Washington comptait à la fois développer ses capacités de recherche pour l’extraction, renforcer la coopération et améliorer le commerce international de ces minéraux avec ses alliés. La production a été activée avec la réouverture d’une des seules mines américaines en la matière, en Californie. Donald Trump s’est intéressé de près aux réserves du Groënland. La coopération avec le Canada est une autre piste privilégiée. La société USA Rare Earth a investi dans Search Minerals, une entreprise minière canadienne, pour l’exploitation d’une future mine dans la province de Terre-Neuve. Il est fort probable que cette délocalisation de l’extraction au Canada s’accentuera sous l’administration Biden, qui tend à favoriser les politiques environnementales au détriment de l’industrie minière.

La France pourra t’elle trouver sa place ?

Quid de l’Europe ? Si, à première vue, la France semble écartée du marché par l’absence de réserves importantes de terres rares sur son territoire, elle pourrait bien, dans le futur, être un producteur potentiel. Les gisements actuellement connus sont terrestres, mais il en existe dans les fonds marins. Or, la France possède la plus grande zone économique exclusive maritime au monde après les Etats-Unis. Les explorations sous-marines en Polynésie, par exemple, laissent espérer des découvertes, bien que la prospection semble rester limitée. Laisser plus de possibilité à l’innovation et aux investisseurs pourrait renforcer cette exploration (et une future exploitation) qui serait bénéfique au pays. Néanmoins, dans le cas des découvertes de terres rares sous-marines, un obstacle majeur subsisterait : les réglementations en matière minière, surtout dans un contexte de « green new deal » européen.

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Vos commentaires

  • Le 14 avril à 03:36, par Laurent46 En réponse à : Les terres rares : un enjeu économique mondial

    La France a le potentiel pour être un acteur majeur dans ce domaine grâce à son espace maritime ! il y a bien longtemps que ce potentiel s’en est aller parce que la France a un autre atout non négligeable qui est la CGT que même les Chinois ne veulent pas en entendre parler. Sans oublier les nouveaux venus sur la scène Française qui ont horreur des grands navires comme des voiture d’ailleurs qui sont vous l’avez compris les écolos. Et enfin le dernier atout maître et non des moindres qui va empêcher la France d’être un acteur majeur qui est celui de la boulimie de nos politiques tous confondus qui sont sans limites pour trouver et imposer taxes et charges. Et puis comme atout on peut également y placer le temps de travail, contraintes idiotes diverses qui entravent le travail et qui coûtent fort cher pour des effets nuls voire négatifs.
    Enfin, la France a réuni tous les atouts majeurs pour ne pas être un acteur majeur dans l’enjeu économique mondial.

  • Le 14 avril à 07:40, par alain Miton En réponse à : Les terres rares : un enjeu économique mondial

    Nous avons en France un acteur majeur dans les terres rares, longtemps lié à la société Pechiney, qui avait une usine sur la côte atlantique.
    Que sont-ils devenus ?
    Trouvez les, vous aurez matière à discuter.
    Bonne chance
    Bien cordialement

  • Le 14 avril à 09:38, par Pierre Allemand En réponse à : Les terres rares : un enjeu économique mondial

    L’usine en question située à La Rochelle a successivement appartenu à la Société Alsacienne de Produits Chimiques (1920) devenue la Société des Produits Chimiques de Thann et Mulhouse puis à Péchiney (1962) devenue Rhône-Progil, puis Rhône-Poulenc (1972) devenue Rhodia (1998), puis rachetée par Solvay en 2011.
    Le produit initialement fabriqué était un alliage, le mischmetal contenant principalement du cérium qui constituait les pierres à briquet.
    La matière première était la monazite (un minerai) en provenance d’Australie.
    L’usine n’utilise plus la monazite depuis 1994, à cause de sa radio-activité, mais sous-traite l’extraction d’un mélange de terres rares en Chine.
    L’usine procède à la séparation des terres rares à partir du mélange selon un procédé inventé en France utilisant l’extraction par solvants organiques constitués par des esters phosphoriques. Un autre procédé utilisant l’échange d’ions sur résines a été inventé par les Canadiens à l’occasion du projet Manhattan.
    Il est possible que le quasi monopole qu’a constitué la Chine qui possède entre 30 et 40 % des réserves mondiales de minerai soit détrôné dans le futur par le fait que des réserves bien plus importantes de matière première bien plus riche se trouvent au fond du Pacifique à plus de 5 000 mètres de profondeur.

  • Le 14 avril à 17:41, par Alexandre Massaux En réponse à : Les terres rares : un enjeu économique mondial

    Bonsoir,
    Merci pour ce complément d’information.

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