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Indépendance de la Nouvelle-Calédonie, on l’a échappé belle !

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Le référendum pour l’indépendance de la Nouvelle Calédonie a eu lieu le 12 décembre. Il s’agit du troisième référendum décidé après les accords de Nouméa de 1998.

La Nouvelle-Calédonie est devenue une colonie française le 24 septembre 1853. Dès le XIXème siècle, la population locale, les Kanaks, a vu l’arrivée massive de Français venus s’installer sur la Grande Terre et les îles alentours. Comme bien souvent dans son histoire, la colonisation française a permis le développement du territoire : « Les nouvelles populations sur le territoire ont participé, dans des conditions souvent difficiles, en apportant des connaissances scientifiques et techniques, à la mise en valeur minière ou agricole et, avec l’aide de l’Etat, à l’aménagement de la Nouvelle-Calédonie. Leur détermination et leur inventivité ont permis une mise en valeur et jeté les bases du développement [[Accord sur la Nouvelle-Calédonie signé à Nouméa le 5 mai 1998 – Légifrance (legifrance.gouv.fr)]] ».

Lorsque le temps de la décolonisation fut venu, la France chercha à préserver un lien social durable entre les différentes communautés vivant sur ces îles. Elles ont en effet toutes été actrices du développement de la Nouvelle-Calédonie, et « sont indispensables à son équilibre social et au fonctionnement de son économie et de ses institutions ». Les accords de Nouméa du 5 mai 1998 ont été marqués par la pleine reconnaissance de l’identité kanak (Sénat coutumier, valorisation du patrimoine culturel kanak) et par un partage de souveraineté avec la France, en vue d’une pleine souveraineté.

En 1988, les accords de Matignon ont défini pour vingt ans l’organisation politique de la Nouvelle-Calédonie et les modalités de son émancipation. Les institutions de la Nouvelle-Calédonie ont ainsi connu une étape vers la souveraineté : par exemple, « certaines des délibérations du Congrès du territoire auront valeur législative et un Exécutif élu les préparera et les mettra en œuvre ». La reconnaissance progressive d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie peut ensuite se transformer en nationalité si c’est la voie choisie lors des référendums. D’ici là, la souveraineté est partagée avec l’Etat français ; les compétences sont transférées petit à petit au Congrès, et ce définitivement en vertu du principe d’irréversibilité de cette organisation. Durant cette période de potentielle transition, « la Nouvelle-Calédonie bénéficiera (…) de l’aide de l’Etat, en termes d’assistance technique et de formation et des financements nécessaires, pour l’exercice des compétences transférées et pour le développement économique et social ».

Vingt ans après les accords Nouméa, « le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité seront proposés au vote des populations intéressées ».

A la question : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? », les deux premiers référendums ont répondu par la négative : 56,7% en 2018 et 53,3% en 2020. Une majorité atteinte péniblement qui montre à quel point ce sujet divise les locaux. Et c’est encore le cas cette année, puisque les divisions ont atteint les indépendantistes eux-mêmes, contraignant les dirigeants du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) à appeler à la non-participation. Cet appel ne laissait guère de doute sur l’issue du scrutin, et effectivement, les Calédoniens pro-France l’ont emporté avec 96% des voix. Ce 12 décembre signifie donc la fin de l’accord de Nouméa et le début d’une nouvelle ère dans les relations entre l’Etat français et la Nouvelle-Calédonie, le statut actuel étant devenu caduc. Une période de transition de dix-huit mois verra alors le jour pour établir l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie et préparer un projet qui devra être validé par consultation référendaire.

Quelles auraient pu être les conséquences d’une indépendance pour la France ?

Si la Nouvelle-Calédonie était devenue indépendante, les conséquences se seraient fait sentir à plusieurs niveaux.

Tout d’abord, comme pour tous les DROM-COM (nouveau nom des DOM-TOM), la Nouvelle-Calédonie dépend économiquement de la métropole. Un rapport du Sénat explique ainsi que « la Nouvelle-Calédonie reste dépendante des transferts publics, sous diverses formes, qu’ils correspondent aux salaires des fonctionnaires en poste ou aux pensions des retraités ». La gestion de la crise du Covid ne fait pas exception, et l’année 2020 a vu des apports massifs d’argent public, pour de médiocres résultats:

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Pour autant, la Nouvelle-Calédonie possède 20 à 30% des réserves mondiales de nickel, ce qui en fait un atout de taille sur la scène internationale. Le secteur du nickel constitue d’ailleurs le secteur essentiel de son développement économique. Un rapport de l’institut de la statistique et des études économiques (ISEE) note qu’en 2019 : « Les exportations de minerai et de métal représentent 90% des exportations du pays ».

Autre atout majeur : la position stratégique de l’île dans le Pacifique, qui confère à la France une puissance géopolitique importante dans cette zone, grâce aux forces armées présentes sur place :

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La Nouvelle-Calédonie participe donc fortement à faire de la France la deuxième plus grande Zone Economique Exclusive (ZEE) après les Etats-Unis, avec 11 millions de kilomètres carrés dont 67% se trouvent dans le Pacifique et 26% dans l’océan Indien. Autour d’elle, la ZEE s’étend sur 1 364 000 kilomètres carrés. Si la France et la Nouvelle-Calédonie s’étaient séparées, celle-ci serait passée complètement sous contrôle chinois, accentuant encore l’influence de l’Empire du Milieu dans la région.

Maintenant qu’il est certain que la France ne sera pas amputée d’une zone significative d’influence dans le Pacifique, reste le plus dur : valoriser vraiment les territoires de la France en outre-mer pour exercer une puissance géopolitique à la hauteur de nos possessions et développer enfin une vision ambitieuse de l’indopacifique.

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7 commentaires

ferigo Pierre-Richard 13 décembre 2021 - 3:15

Indépendance de la Nouvelle-Calédonie, on l’a échappé belle !
Après les événements tragiques qui ont marqués la volonté d’indépendance, les indépendantistes faisaient front commun. 23 ans plus tard la volonté hegemonique des uns sur les autres à creusé de tels fossés, qu’ils ont sabordé ce pourquoi ils se sont battus.

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Obeguyx 13 décembre 2021 - 11:00

Indépendance de la Nouvelle-Calédonie, on l’a échappé belle !
La Nouvelle Calédonie devrait être un Eldorado. La gestion par la France est désastreuse, notamment depuis les accords de 98 et plus précisément depuis 2010. Comment peut-on, à ce point, être aussi irrespectueux des citoyens sur ce sol ?. Tout devrait converger à en faire une terre accueillante et prospère pour tous. Il en va de même pour d’autres DROM. L’idée du socialisme, dont on ne sort pas depuis 50 ans, détruit tout sur son passage. Quand allons nous en tirer les leçons ?

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montesquieu 13 décembre 2021 - 11:35

Indépendance de la Nouvelle-Calédonie, on l’a échappé belle !
Bonne nouvelle. Mais il faut souhaiter que le gouvernement actuel et son président ainsi que leurs successeurs soient fiers de cette décision et ne cèdent pas à tous ceux qui par « bêtise » ou surtout par intérêts, nous considèrent comme des colonialistes « criminels contre l’humanité » et voudraient voir quitter le secteur.
Quant aux français qui se focalisent sur le coût de notre présence sans prendre en compte ce qu’elle nous rapporte et surtout ce qu’elle pourrait encore plus rapporter (exploitation des matières premières, recherches, etc…), il est du devoir des gouvernants de leur faire changer d’avis!

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Lombled 13 décembre 2021 - 3:56

Indépendance de la Nouvelle-Calédonie, on l’a échappé belle !
Certains se réjouissent du vote, mais vu le niveau d’abstention ce scrutin comme tous les scrutins qui n’atteignent pas 51% des inscrits (pour moi 51% des habitants résidents), sera considéré comme nul et non avenu. De ce fait il y aura contestation et les kanak indépendantistes continueront à réclamer la « décolonisation ».

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cendu 13 décembre 2021 - 7:07

Indépendance de la Nouvelle-Calédonie, on l’a échappé belle !
Le BA BA de la géopolitique est « Ote-toi de là que je m’y mette », et la Nouvelle Calédonie est une sacrée tentation pour la Chine et pour l’Australie.
Inutile de chercher très loin pour savoir qui finance le mouvement indépendantiste.

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Franck 13 décembre 2021 - 7:25

Indépendance de la Nouvelle-Calédonie, on l’a échappé belle !
Ne pas oublier que ce sont les Kanaks qui ont demandés le 3 eme référendum…
Et qui le boycottent sous des prétextes fallacieux…crise sanitaire et deuil…
Ce sont des enfants gâtés et irresponsables…

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REEL 14 décembre 2021 - 10:19

Indépendance de la Nouvelle-Calédonie, on l’a échappé belle !
BRAVO la divine providence a parlée et honte a ceux qui pronent l’abstention alors que la façon pacifique de s’exprimer c’est dans les urnes
BRAVO aux responsables KANAKS car toutes peines meritent récompense il est a souhaiter que la FRANCE soit responsable dans quelques TEMPS
bonnes fêtes de fin d’année sur votre belle ILE AU SOLEIL
et nous vous aimons bien que cesse ces paroles de mensonges nous ne sommes pas ra cistes

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