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Les sanctions contre la Russie sont légères par rapport aux sanctions contre l’Allemagne en 1914

par Nicolas Lecaussin

Dans un article très intéressant publié dans le Wall Street Journal, l’historien Nicholas A. Lambert affirme que les sanctions prises contre la Russie sont insignifiantes par rapport à d’autres mesure du même genre dans le passé. Il les compare avec le gel des avoirs de la Banque centrale du Japon en juillet 1941 par les Américains et surtout avec les mesures prises par la Grande-Bretagne contre l’Allemagne en 1914. Pour lui, la période d’avant la Première Guerre mondiale est la seule période où l’économie était (presque) aussi mondialisée qu’elle l’est aujourd’hui. A l’époque, La Grande-Bretagne était le leader économique mondial et les entreprises britanniques dominaient le commerce international : services financiers internationaux, transports maritimes et télécommunications. Ainsi, lorsque la guerre a éclaté, les Britanniques ont immédiatement décidé de couper l’Allemagne du monde, principalement en lui refusant l’accès à l’infrastructure de l’économie mondiale. L’intention britannique était de couler l’économie allemande rapidement et de provoquer suffisamment de troubles sociaux pour générer une pression politique sur le gouvernement allemand afin qu’il demande la paix.

Pour l’historien, ce qu’ont fait les Anglais en 1914 est beaucoup plus puissant que ce qui est fait en ce moment contre la Russie : « Les gouvernements occidentaux n’ont pas interdit à leurs ressortissants de faire des affaires avec la Russie dans tous les secteurs d’activité économique. Ils gèlent les avoirs russes, ils ne les confisquent pas, ni ne les détruisent. Les bureaux à l’étranger des entreprises russes restent ouverts. Les sanctions économiques que les puissances occidentales ont imposées à la Russie sont à la campagne de guerre économique de la Grande-Bretagne contre l’Allemagne ce qu’un taser est à un pistolet : l’un est conçu pour immobiliser, l’autre pour tuer. Les conséquences économiques pour la Russie sont graves, mais il est beaucoup trop tôt pour prédire leur plein impact. »

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Verdun 22 mars 2022 - 9:03

Si elles sont aussi scrupuleusement respectées dans 20 ans ils nous laminent et dans 21 ils intègrent lue. C’est l’Allemagne le maillon faible dans notre organisation.

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