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La sobriété écologique, la mal-aimée de la campagne dont on se passe bien

par Adélaïde Motte

Au grand dam des militants écologistes, la sobriété environnementale n’est pas un thème de campagne important. Les candidats ne s’emparent pas du sujet, pire, ceux de la droite proposent des mesures de retour à la croissance. Autant de mauvaises nouvelles pour ceux qui préfèreraient que les Français acceptent de moins prendre l’avion et la voiture, de moins utiliser leur ordinateur. Delphine Batho, candidate malheureuse à la primaire écologiste, n’aimerait d’ailleurs pas cette présentation. La sobriété, pour elle, “ce n’est pas du moins. C’est du mieux”. N’allez pas imaginer que les progrès technologiques des derniers siècles et décennies facilitent et améliorent votre vie. Ils ne font que vous présenter un modèle consumériste dans lequel “on vit mal”. C’est vrai qu’aller au travail en vélo par une pluie battante ou en veillant à ne pas glisser sur le verglas est une expérience d’une rare volupté, qui vous fait frissonner de dégoût à l’idée d’accomplir le même trajet dans une voiture chauffée, où les côtes ne demandent guère d’efforts.

Il faut dire, à la décharge des candidats à la présidentielle, que la sobriété n’a pas bonne presse. Elle fait une entrée timide dans nos modes de vie, avec par exemple la loi climat de 2021. C’est d’ailleurs peut-être pour cela que ce mode de vie ne fait que peu d’émules. Les Français se rendent compte qu’il est développé par des citadins qui peuvent se rendre à peu près n’importe où en trente minutes de vélo. Tel n’est pas le cas partout en France, certains reliefs rendent la voiture, sinon indispensable, du moins bien plus pratique, et les bourrasques de vent sur les côtes peuvent rendre le vélo dangereux, pour ne parler ici que des modes de transports. Car la sobriété s’attaque aussi à l’alimentation, au numérique, à l’habillement, bref, à tous les aspects de nos vies.

Ajoutons pour finir que la sobriété environnementale n’est pas à proprement parler un enjeu planétaire, et que la France, qui ne produit qu’1% de la pollution mondiale, risque d’avoir bien peu d’impact si elle se convertit toute seule à la sobriété. Le jeu n’en vaut pas la chandelle, même recyclée.

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2 commentaires

Verdun 31 janvier 2022 - 9:28

Peut-être aussi que ceux qui surfent sur cette thématique dans un but électoraliste manquent de cohérence.

Bien à vous

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Obeguyx 31 janvier 2022 - 10:37

Bravo Adélaïde. J’ajouterais aussi que ceux qui prônent la « sobriété » n’en sont JAMAIS les adeptes.

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