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Jacques Julliard : haro sur l’individualisme

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Dans un récent article paru dans Le Figaro, retraçant l’histoire de la CFDT, Jacques Julliard s’en prend (une nouvelle fois) à l’individualisme. L’historien et essayiste français y dénonce le fait, sans doute à bon droit, que la grève tend à précéder la négociation dans notre pays, alors qu’elle n’est qu’une issue possible de la négociation chez nos voisins européens (Allemagne, Belgique, pays scandinaves…). En cause selon lui, le radicalisme marxisant et révolutionnaire d’un certain syndicalisme français (auquel il oppose à juste titre le réformisme de la CFDT), ainsi que « la tradition d’un patronat de droit divin » (sic). Une formule à vrai dire aberrante lorsqu’on sait comment, dans un pays comme le nôtre, le patronat est assommé de réglementations en tous genres, le droit du travail le protégeant généralement beaucoup moins qu’il ne protège les salariés.

Mais le plus étonnant sous la plume de Jacques Julliard est à venir : « Le plus grand ennemi du syndicalisme » poursuit-il, « et avec lui de la démocratie sociale, n’est ni l’État, ni le patronat. Cet ennemi de tous les instants, c’est l’individualisme des citoyens »…  Déjà si malmené de toutes parts, aussi bien dans nos médias, que d’un bout à l’autre du spectre politique et chez la majorité de nos intellectuels, voilà maintenant que l’individualisme est rendu responsable… des impasses du « dialogue social » dans notre pays. Mais le problème n’est-il pas plutôt que des syndicats ne représentant que 10% environ des salariés soient en mesure de bloquer la marche du pays, et d’empêcher la conduite des vraies réformes structurelles dont celui-ci a pourtant un besoin vital ?

Du reste, Jacques Julliard n’aurait-il pas plutôt dû parler d’égoïsme des syndicats, plutôt que d’ « individualisme des citoyens » – l’individualisme étant manifestement devenu sa bête noire ? (« Le syndicalisme représente (…) un égoïsme de groupes complètement indifférents à l’intérêt général », écrivait Gustave Le Bon.). Car l’individualisme n’est pas forcément l’égoïsme ! L’individualisme, ce n’est pas tenir compte de ses seuls intérêts et mépriser ceux des autres, c’est plutôt, comme le pensait Ayn Rand, se rendre maître et responsable de sa propre existence et reconnaître ce droit pour autrui. Suggérons ainsi à Jacques Julliard de méditer cette citation d’Ayn Rand : « Ne commettez pas l’erreur de l’ignorant qui pense qu’un individualiste est un homme qui dit : « Je ferai ce qu’il me plaira aux dépens de tout le monde. » Un individualiste est un homme qui reconnaît les droits individuels inaliénables de l’homme, les siens et ceux des autres » (Textbook of Americanism, The Ayn Rand Column).

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