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Face aux sanctions occidentales, la Russie regarde vers l’est

par François Turenne
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Les sanctions économiques et financières occidentales massives vont, à terme, placer la Russie dans une situation très compliquée. Si Vladimir Poutine s’était attelé à anticiper ces sanctions pour mieux les affronter, la décision des Etats-Unis de geler les actifs de Banque centrale à l’étranger fait néanmoins peser un risque de défaut de paiement du pays à long terme.

Par ailleurs, la Russie est très dépendante économiquement de l’Europe qui représentait 85% de ses exportations de gaz. De ce fait, les Européens pourraient porter un coup financier à la Russie bien plus fort que les sanctions actuelles s’ils parvenaient à diversifier leurs approvisionnements. Les premiers messages des chefs d’États vont en ce sens. La fin de l’hiver permet de ne pas agir dans la précipitation et les stocks de gaz, notamment Français, sont encore suffisants pour finir la saison. A partir du 31 mars, les fournisseurs français seront obligés, de par la loi, de reconstituer leurs stocks et l’origine du gaz sera scrutée avec soin. L’Algérie et le Qatar se sont positionnés pour accroître leurs livraisons. Le pays nord-africain est le troisième fournisseur de l’Europe grâce au gazoduc qui le relie à l’Italie et le Qatar en est le quatrième fournisseur. Il faudra adapter les infrastructures des terminaux portuaires pour absorber l’augmentation des importations de gaz naturel liquéfié (GNL). Il sera compliqué pour les Européens de se passer totalement du gaz russe, mais il leur est possible de réduire sensiblement leur dépendance.

La Russie, qui semble avoir compris le message, tente de trouver de nouveaux partenaires comme la Chine, qui ne représente que 14,5% de ses exportations d’hydrocarbures et de gaz. Après les sanctions de 2014, Gazprom et le gouvernement chinois ont signé un accord pour la construction du gazoduc Power to Siberia d’une capacité de 38 milliards de mètres cubes par an. L’objectif était d’augmenter les volumes de gaz exportés par la Russie depuis la Sibérie vers la Chine dont la demande augmente de manière exponentielle, mais aussi de compenser la suspension du projet Nord Stream 2. Depuis le début de l’année, le gouvernement russe pousse pour la construction de nouveaux gazoducs à destination du territoire chinois. Cependant, le gouvernement de Xi Jinping reste hésitant car il ne souhaite pas braquer les Européens et les Américains avec qui il commerce massivement. La Chine ne saurait être un contrepoids économique viable pour la Russie. Si l’économie russe s’écroule, Vladimir Poutine devra en assumer les conséquences.

 

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2 commentaires

Obeguyx 5 mars 2022 - 1:35

Etes vous bien sûr que la Russie va s’écrouler ? Etes vous bien sûr qu’ils sont isolés et seuls ? L’Histoire nous a toujours démontrés qu’il faut rester extrêmement prudent. Les va t’en guerre vont nous foutre dans la « m…. » !!!

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Rémi 5 mars 2022 - 2:42

Aujourd’hui, La Russie construit une évidence qui répond à une réorganisation géo-économique et géopolitique mondiale dans le contexte séquentiel actuel….
Ainsi, et entre autres, la Chine, dans son raisonnement « Asiatique » existentiel (très différent de celui de l’Europe) va « compenser » la fermeture du gazoduc Russe vers l’Europe, par mesure de représailles, pour s’approvisionner à partir de la Russie, étranglée, à un prix justement « négocié » …..
La Chine ainsi positionnera la Russie en pays redevable en la mettant un genou à terre… pour s’emparer de la Sibérie en l’envahissant pour la récupérer… et bénéficier de toutes les richesses de son sous-sol
Ainsi est la stratégie géopolitique Chinoise où la Russie sera encore un peu plus isolée sur l’échiquier mondial…

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